On ne manquera pas de m’accuser de surfer sur le « buzz ». Les deux dernières vidéos que j’ai consacrées à Alain Soral sont devenues, presque instantanément, les plus vues de ma modeste chaîne YouTube. Je l’assume sans détour : c’est effectivement le cas. Mais j’aurais tort de me gêner de rebondir sur ce succès et, surtout, sur les commentaires qu’il a occasionnés.

Ce nouvel article, qui finira en podcast, se concentre donc sur Alain Soral, alors que je viens d’en publier un beaucoup plus long et général, plus axé sur les faits et chiffres, intitulé Pourquoi l’obsession juive affaiblit la droite et aveugle l’Occident.

Traiter du « cas » Soral était dans mes intentions dès le lancement du blog il y a quelques années, devenu récemment le site Metapolitique.fr. Si j’ai fini par sauter le pas, c’est pour une raison simple : je fais partie de son public, je pense donc avoir des choses à dire sur lui.

À 45 ans, je ne suis pas un nouveau venu. J’ai découvert Soral à l’époque où il commençait à peine à se faire connaître sur les plateaux de télévision. J’ai lu certains de ses premiers livres; pour tout dire, je les ai même empruntés à la bibliothèque municipale de l’époque. Je me demande d’ailleurs, avec l’air du temps, si on y trouve encore Comprendre l’Empire en rayon (j’imagine que non)…

Il est indéniable, comme beaucoup de commentateurs le soulignent, que Soral a été un éveilleur politique majeur pour toute une génération dont je fais partie. Il est tout aussi indéniable qu’il a subi une véritable chasse à l’homme judiciaire.

Alors, au-delà de la posture et du personnage, que lui reproche-t-on exactement ? Pourquoi cette sensation que son travail finit aujourd’hui par tourner en rond ?

Il est temps de passer au cœur du problème, celui qui sature tout son discours actuel : la question juive. Soral est-il resté un analyste lucide des rouages de « l’Empire », ou s’est-il enfermé dans une impasse métaphysique et obsessionnelle qui a fini par gâcher son talent initial ?

I. L’héritage Soralien : De la sociologie à la traque de « l’Empire »

L’éveilleur de conscience et « martyr » judiciaire ?

Il faut être honnête : avant de devenir la figure polémique que l’on connaît, Alain Soral a été pour beaucoup un éveilleur de conscience. Son influence sur la déconstruction des discours dominants est massive. Qu’on l’apprécie ou non, il a posé des mots sur des réalités que peu osaient aborder avec une telle crudité : la crise de la virilité face au féminisme d’État, les métamorphoses de la lutte des classes, et les mécanismes de domination symbolique. Entre autres.

À une époque, le binôme Soral/Zemmour représentait, chacun dans son style, une facette de l’analyse sociologique et politique « hors-piste ». Bien que leur divorce soit aujourd’hui consommé et que leurs trajectoires divergent radicalement – l’un ayant tenté l’aventure électorale quand l’autre s’est enfoncé dans la marginalité radicale – ils restent les deux faces d’une même pièce : celle d’une pensée qui refuse les cadres imposés par le système médiatique.

Cette liberté de ton a eu un prix. On a assisté à une véritable « chasse à l’homme » contre lui. Qu’on soit d’accord avec ses thèses ou non, le traitement qu’il a subi est une anomalie dans une démocratie qui se prétend libérale. Comme je l’ai précisé déjà, je suis par principe opposé à toutes les lois limitant la liberté d’expression. Qu’il s’agisse des lois Pleven ou Gayssot, ces textes ont transformé les tribunaux en arbitres de l’histoire et de la pensée. Heureusement que la loi Yadan n’est pas passé, mais d’autres il semble sont en préparation.

On parle d’un intellectuel qui n’a jamais commis de crime de sang ni incité à la violence, mais qui a pourtant essuyé une liste de condamnations proprement incroyable. Ce traitement judiciaire me semble entièrement indu.

Allez si on cherche bien, il a quand même qualifié une procureure qui venait de requérir six mois de prison ferme contre lui de « cochonne mal baisée » dans un billet sur son blog. Il s’en est pris à une journaliste suisse en la qualifiant de « grosse lesbienne ». Il aurait mieux fait d’éviter ces excès d’humeur, mais cela pèse peu au regard d’une carrière de polémiste.

Quant au volet négationniste de la Shoah, Soral a joué avec le feu en pleine conscience. En tant que directeur de publication du site Égalité & Réconciliation, il a sciemment relayé des contenus tombant sous le coup de la loi Gayssot. Plus qu’une conviction historique, cela semble être pour lui une posture de défi permanent. En s’attaquant au tabou absolu de l’Occident, il s’assure une visibilité et un statut de paria auprès de son public.

Cependant, la lucidité commande aussi de ne pas en faire un pur martyr innocent. Soral connaît parfaitement les limites du système. En franchissant la ligne rouge de manière systématique, il s’est souvent lui-même fourré dans le guêpier. Il faut dire aussi que son côté provocateur, presque « punk » par moments, a longtemps été son gagne-pain, alimentant une machine à buzz qui lui permettait de maintenir sa visibilité en ligne malgré l’ostracisme officiel.

Sa radicalité lui a permis de créer une niche commerciale captive et on pourrait même affirmer que Soral avait besoin de la persécution pour se faire connaitre et vendre ses livres et ses abonnements. Je tiens à préciser tout de même que je crois en sa sincérité, mais elle n’empêche pas l’exploitation marketing de son propre statut de paria.

La structure de « l’Empire »

Au cœur de l’héritage soralien, il y a cette fameuse structure de « l’Empire ». Dans ses ouvrages, dont Comprendre l’Empire bien sûr, datant de 2011, il décrit une mécanique de pouvoir complexe où la « bourgeoisie judéo-maçonnique » aurait progressivement évincé la vieille noblesse et la bourgeoisie catholique traditionnelle.

L’un de ses points forts reste sa critique de la « gauche sociétale » : pour Soral, cette gauche issue de l’affaire Dreyfus a méthodiquement détourné le mouvement ouvrier de ses intérêts de classe pour le perdre dans des combats minoritaires (antiracisme, féminisme, LGBT). Une stratégie de diversion permettant à la haute finance de régner sans partage pendant que le peuple se déchire sur des questions de mœurs. C’est ce cadre d’analyse, autrefois très structuré, qui va peu à peu se resserrer autour d’une obsession unique.

Car si l’on peut acter la mutation psychologique des élites qu’il décrit, rien ne démontre qu’elle soit spécifiquement juive. Certes, certains intérêts et penseurs juifs ont convergé avec le progressisme, mais ils l’ont fait parmi une multitude d’autres courants. Soral commet ici une erreur de causalité : il prend une participation pour une direction.

Quant à la « communauté organisée de manière cosmopolite », ce n’est pas quelque chose de spécifiquement juif, et ne s’appliquerait au final qu’au monde occidental, alors que les problématiques qu’on rencontre en Occident actuellement sont également partagées ailleurs.

Son analyse repose sur la dénonciation d’un « réseau des réseaux » capable de piloter les nations par la finance et les médias. Mais son raisonnement bute sur une réalité physique : comment un réseau, aussi puissant soit-il dans le secteur immatériel des services, pourrait-il dominer le monde sans ancrage massif dans l’économie réelle, l’industrie lourde ou l’appareil productif mondial ?

Soral écrit : « l’antisémite désigne celui qui se soumet de mauvaise grâce à l’écrasante domination juive ». Pourtant, les preuves tangibles de cette domination sont minces. À l’instar de Jean-Paul Sartre qui affirmait que « c’est l’antisémite qui fait le Juif », Soral semble créer lui-même le monstre qu’il combat. Il projette ses propres obsessions. Lorsqu’il affirme à Éric Naulleau (Dialogues Désaccordés : Combat de Blancs dans un tunnel, co-écrit avec Éric Naulleau en 2013) que, hors l’Iran et la Corée du Nord, « toute la planète est sous la domination d’Israël », il quitte l’analyse politique pour entrer dans la fantasmagorie pure.

La figure du « cosmopolite » n’est pas, contrairement à ce que prétend Soral, un monopole juif. Elle est le propre de toute minorité diasporique efficace. Cette position sociale paradoxale se retrouve chez bien d’autres peuples. J’ai présenté le concept de minorités intermédiaires telles que décrites par Thomas Sowell dans un article précédent.

Vivant moi-même en Thaïlande, je dispose d’un poste d’observation privilégié pour tester cette thèse. Je vois ici la plupart des maux qui parcourent l’Occident : la mutation des mœurs, l’éclatement familial, la domination des services… Pourtant, l’influence juive y est inexistante, et la « domination d’Israël » y est une notion totalement absurde. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets en Asie sans qu’un seul réseau juif ne soit impliqué, c’est bien la preuve que le moteur du monde moderne est ailleurs : dans une logique de système diffuse plutôt que dans une volonté ethnique occulte.

L’Arsenal Sémantique : De la Sociologie à la Mythologie

Un des éléments qui pour moi indique que le cadre de réflexion de Soral s’est peu à peu rétracté autour d’une obsession, c’est l’arsenal sémantique qu’il utilise désormais, qui fait basculer l’analyse politique dans une forme de dérive. Le terme « La Communauté » devient avec lui connoté, on comprend tout de suite, il veut parler de la « communauté de lumière », encore un terme qui lui permet d’inscrire sa critique dans une dimension eschatologique.

Soral ne parle plus de classes sociales, mais il évoque tout de même une « hyper-classe kabbaliste ». La Kabbale est une tradition mystique et ésotérique très minoritaire du judaïsme. Or quasiment personne ne se réclame du « kabbalisme » comme doctrine politique ou sociale : cela relève surtout de certains courants religieux orthodoxes, eux-mêmes minoritaires au sein de la communauté juive, qui ne représente déjà qu’une faible part de la population mondiale. Certes, un soralien répondra justement que tout cela agit de manière cachée, dans des réseaux occultes ou des loges secrètes. Mais on quitte alors le terrain de l’analyse politique pour entrer dans celui de la spéculation.

En utilisant des expressions comme « peuple choisi / élu », « l’empire du mensonge », « réseau des réseaux », « dominateurs menteurs » ou les « maîtres du monde », Alain Soral a construit une mythologie où la réalité des faits s’efface derrière une narration prophétique annonçant la « fin du siècle juif ». Ce recours systématique à une panoplie de termes métaphoriques et codés finit par être pesant, d’autant qu’il sert à masquer une absence de précision criante.

Lorsqu’il s’agit de nommer précisément cette « élite », Soral recycle inlassablement les mêmes visages médiatiques, leur attribuant des rôles : Bernard-Henri Lévy en « ministre des Affaires étrangères occulte », Jacques Attali en « Grand Prêtre de la Kabbale », ou encore des figures du divertissement comme Cyril Hanouna, Patrick Bruel ou Arthur. Est-il sérieux quand il parle de l’omniprésence médiatique de l’avocat William Goldnadel ou de l’influence de Julien Dray?

C’est là que le bât blesse : peut-on sérieusement appeler cela une « élite » mondiale ou une « hyper-classe » dirigeante ? Le décalage entre la puissance métaphysique que Soral leur prête et leur poids politique réel est frappant. Je sais bien que les Soraliens me répondront que ce ne sont pas “eux” les maîtres du monde, mais Soral ne donne pas beaucoup d’exemples. Où sont-ils, ces fameux Rothschild omnipotents censés piloter la planète entière ?

Le cas d’Éric Zemmour est à cet égard exemplaire : présenté par la sphère soralienne comme le nouveau pion d’une ingénierie politique infaillible, on a vu ce que sa trajectoire a donné aux dernières élections. Si l’objectif de cette « hyper-classe » est de se fracasser sur les réalités électorales avec un score de second plan, il faut admettre qu’on a connu des puissances occultes plus efficaces.

En ramenant systématiquement le pouvoir à ces quelques figures surexposées, Soral commet une erreur d’analyse majeure : il confond la visibilité médiatique avec la décision politique souveraine. Il fabrique un adversaire de carton-pâte, un « Juif imaginaire » pour reprendre le concept d’Alain Finkielkraut, qui sert de réceptacle à ses propres frustrations de banni du système.

II. L’évolution vers la « Métaphysique Kabbaliste »

Si l’analyse de Soral était autrefois essentiellement sociologique et politique, ses interventions récentes marquent un tournant vers une forme de mystique historique.
L’évolution récente de sa pensée telle qu’il la présente dans ses dernières vidéos (notamment autour de son livre Comprendre l’Époque, 2021) passe de la traque des réseaux à une interprétation eschatologique (la fin des temps) du monde moderne. Je n’ai pas lu Comprendre l’Époque mais je me base sur 4 vidéos d’interviews de Soral de plus de 2 heures chacune.

La synthèse du divin et des mathématiques

Le cœur de sa nouvelle thèse repose sur une distinction entre deux types de rapports au monde : celui du « bourgeois athée » et celui du « kabbaliste prolifique ». Pour Soral, la bourgeoisie traditionnelle française a commis l’erreur fatale de séparer la foi de la raison. En adoptant les mathématiques et la logique froide pour gérer ses affaires, elle a « assassiné Dieu », s’affaiblissant dans un matérialisme sans âme.

Là-dessus, je peux reconnaître une part de vérité dans sa critique du matérialisme moderne : étant moi-même athée et ingénieur, même si je ne suis pas convaincu qu’une vision technicienne ou rationaliste appauvrisse nécessairement le rapport au monde. À titre personnel, j’ai plutôt tendance à penser que ce sont les visions fondées sur des religions ou des mythologies dépassées qui ont souvent contribué à figer les sociétés et à nourrir les conflits.

Mais chez Soral, cette réflexion dérive ensuite vers une construction idéologique où la spiritualité devient le privilège supposé de groupes occultes ou de communautés essentialisées. Il affirme que l’élite de la « communauté de lumière » a réussi une synthèse unique : maîtriser l’outil mathématique et technologique le plus moderne tout en conservant un projet religieux et collectif millénaire. C’est ce qu’il appelle la « domination kabbaliste ». Selon lui, cette capacité à accoupler le divin et le calcul rend cette communauté « objectivement et forcément dominante » sur une République et une bourgeoisie qui n’ont plus de modèle transcendant auquel se raccrocher.

Je ne suis pas convaincu par cette lecture, qui me semble surtout relever d’une surinterprétation romantique et métaphysique des rapports de pouvoir. Il n’y a pas besoin de mystique, de religion ou de « kabbale » pour produire des logiques de domination, de prédation ou de puissance économique. Quand on observe la société israélienne contemporaine, on voit surtout un mélange très humain de débrouillardise commerciale, de culture entrepreneuriale, d’innovation technologique et d’intérêts géopolitiques – parfois brillants, parfois cyniques – mais certainement pas une élite guidée par une obscure matrice ésotérique. On est bien plus proche d’un mélange entre les magouilleurs du Sentier et les ingénieurs des laboratoires high-tech que d’une confrérie métaphysique gouvernant le monde.

J’ai travaillé avec des entreprises dirigées par des Israéliens dans le cadre de mon métier. Pas sûr qu’Alain Soral ait réellement côtoyé beaucoup de chefs d’entreprise ou d’ingénieurs israéliens contemporains ; son imaginaire semble davantage nourri par des constructions idéologiques et littéraires que par une expérience concrète du terrain.

Le rejet de l’universalisme : du Décalogue au Logos

Soral approfondit également sa critique théologique en s’attaquant à ce qu’il considère comme l’imposture de l’universalisme juif. Pour lui, le Décalogue (« Tu ne tueras point ») n’est pas un don universel fait à l’humanité, mais un « bréviaire de solidarité communautaire » à usage interne. Dans sa lecture, il faudrait y lire mentalement : « Tu ne tueras point de Juif ». Je ne vois pas ce qu’il y a de nouveau, c’est bien connu.

Il oppose radicalement ce Dieu de l’Ancien Testament – qu’il décrit comme primitif, exclusif et vengeur – au Logos chrétien. Le Christ est celui qui fait tomber les piliers du judaïsme (l’élection par le sang) pour proposer une véritable fraternité universelle. Là encore c’est évident, par contre Soral y voit la racine du conflit actuel entre un « Empire » fondé sur le particularisme tribal et une résistance qu’il souhaite helléno-chrétienne.

Franchement, sur ce point, je dirais que son analyse n’a rien de particulièrement original et qu’elle n’apporte pas grand-chose. Il y a la même chose dans l’Islam (avec la notion d’oumma et la distinction entre communauté des croyants et non-croyants) et un milliard de Musulmans. Quel Juif aujourd’hui pense que le Décalogue a plus valeur de loi que la loi du pays où il se trouve ? Certains peut-être, une poignée dans une communauté juive de quelques millions… Ça ne peut pas être la base de quoi que ce soit de sérieux.

L’horizon eschatologique : que fait ce tournant ?

Cette évolution métaphysique de Soral s’accompagne d’un durcissement de son vocabulaire. Il ne parle plus seulement d’adversaires politiques, mais de « dominateurs menteurs » serviteurs d’un « système satanique ». Il inscrit notre époque dans une phase terminale qu’il nomme la « fin du siècle juif », l’effondrement annoncé d’un ordre mondial qu’il attribue à une domination « kabbaliste », dans une vision mêlant complotisme, lecture religieuse de l’histoire et imaginaire apocalyptique.

En utilisant des termes empruntés à la fois à la tradition chrétienne (l’Antéchrist) et islamique (le Dajjal), il présente le combat actuel comme un affrontement final entre le mensonge métaphysique et la vérité du Logos. Ce virage eschatologique, s’il donne une dimension épique à son discours, marque aussi son éloignement définitif des analyses rationnelles de ses débuts. Pour lui, le salut ne passe pas par les urnes ou la réforme, mais par un châtiment historique immanent, une sorte de « boomerang » du destin qu’il voit déjà à l’œuvre dans les tensions géopolitiques mondiales. Ça tarde à se manifester et parait peu probable, et je ne parle même pas du vrai messianisme et du retour de Jésus venu sauver ses ouailles.

Ce n’est pas une conversion tardive. Dès Comprendre l’Empire (2011), l’architecture théologique était posée. Ce que nous observons en 2026 n’est pas une découverte de la foi, mais une saturation : le registre sociologique s’est effondré, laissant la métaphysique envahir tout le terrain. Soral ne découvre pas la religion sur le tard ; il la laisse dévorer ses derniers restes de rationalité. Cela dit va-t-il lui-même à la messe? Il ne me semble pas non plus que sa vie soit un exemple chrétien.

Plutôt que d’entrer dans la querelle théologique du Logos ou de la Kabbale, il faut demander ce que ce vocabulaire produit concrètement. Le passage de la sociologie à la métaphysique est avant tout un changement des règles du jeu. Là où le « réseau des réseaux » des années 2000 pouvait être contesté par des faits et des chiffres, la « fin du siècle juif » échappe par construction à toute vérification. En sacralisant le conflit, Soral transforme l’opposant politique en « ennemi satanique », rendant tout débat impossible tout en s’octroyant une posture de prophète. Ce registre eschatologique agit comme une armure : il absorbe la défaite en relisant les échecs judiciaires et personnels non comme des faillites, mais comme les étapes nécessaires d’un drame cosmique. Le polémiste en difficulté se recycle ainsi en voyant persécuté, une identité symboliquement plus rentable et inattaquable.

Pour ma part, en tant qu’athée convaincu ne croyant à aucune de ces fables, tout ce théâtre métaphysique me passe largement au-dessus; je n’y vois qu’un habillage mystique destiné à masquer une impasse idéologique de plus en plus évidente. Si il faut attendre le retour de Jésus, les Soraliens risquent d’attendre longtemps.

Le Christ n’est pas ma solution. Je n’ai rien contre les Français qui veulent continuer à être catholiques, je pourrais même dire que j’ai une affection particulière pour le Christianisme en tant que phénomène historique associé à l’Histoire de France, mais aujourd’hui c’est une impasse de vouloir revenir à une foi dépassée. Il y a 1% de Français pratiquants, ça ne rime à rien de compter sur un bouleversement de ce côté là.

III. Le « National-Sionisme » : Le paratonnerre imaginaire d’Alain Soral

Dans sa phase actuelle, Soral ne se contente plus de la sociologie clouscardienne ; il a érigé le « national-sionisme » en concept-clé pour disqualifier toute opposition patriote qui ne placerait pas la question juive au centre. Pour lui, dénoncer l’Islam serait une « stratégie de canalisation » orchestrée par l’Empire pour protéger « la racaille du haut ».

Pourtant, en examinant ses exemples de « domination réelle », on s’aperçoit que son obsession antisioniste ne clarifie rien, elle parasite l’analyse.

L’immigration : Un patronat anti-patriote plutôt qu’un complot sioniste

Soral a raison de rappeler que l’immigration fut au départ une stratégie patronale. Que le patronat français ait pesé en faveur de l’immigration de main-d’œuvre dans les années 1960-1970 est documenté. Que le regroupement familial sous Giscard ait eu des effets démographiques massifs, également. Mais sa lecture stratégique commet une erreur d’interprétation majeure en imputant une intentionnalité coordonnée à un processus qui relève en réalité de logiques beaucoup plus triviales.

Au départ, ce sont des capitaines d’industrie bien français et des énarques technocrates (souvent catholiques ou athées) qui ont ouvert les vannes, mus par une logique de profit à court terme et de gestion administrative de la croissance. Est-ce qu’un seul « sioniste » est responsable de l’immigration? Ce serait exonérer les dirigeants français de droite qui se sont succédés de leur manque de vision (Charles de Gaulle avait pourtant prévenu), quant à ceux de gauche, c’était leur but de faire venir un nouvel électorat.

La lecture de Soral impute une intentionnalité coordonnée à un processus qui mobilise des acteurs aux intérêts divergents : patronat industriel, État régulateur, gauche humanitaire, héritage colonial, démographie d’après-guerre. Surtout, sa grille oublie que nous sommes passés d’une immigration choisie par les structures de pouvoir à une immigration subie. Aujourd’hui, les flux ne répondent plus à un plan de « l’Empire » mais à un appel d’air massif créé par notre propre système d’aides sociales.

Les migrants que l’on voit débarquer sur nos côtes ne sont pas « importés » par un marionnettiste occulte : ils décident de leur propre chef de venir en Europe.

Mai 68 et la famille : Le libéralisme se suffit à lui-même

Le constat de la transformation des structures familiales par Soral est solide ; son imputation à un programme bourgeois-libertaire local l’est beaucoup moins.
Clouscard avait déjà discouru avant lui sur l’alliance objective entre libération culturelle et capitalisme de consommation. Mais lire Mai 68 comme une opération bourgeoise coordonnée aplatit un événement extraordinairement polyphonique : grève générale ouvrière, révolte étudiante, gauchisme, situationnisme, féminisme, anti-impérialisme. La lecture téléologique – parce que la bourgeoisie en a tiré bénéfice, l’événement était bourgeois – est un sophisme rétrospectif. Et l’idée d’une culture populaire florissante détruite par 68 idéalise une réalité déjà laminée par l’urbanisation, l’exode rural, la télévision et la salarisation, bien avant le pavé.

La marchandisation du corps et l’atomisation de l’individu sont issus d’une logique de marché qui n’a besoin d’aucun « Talmud » pour fonctionner ; elle ne répond qu’à la loi de l’offre et de la demande.

La dénatalité, la décohabitation, la baisse du mariage touchent l’ensemble des pays développés et sont aujourd’hui prononcées au Japon et en Corée du Sud, mais également en Chine. La grille soralienne ne peut pas expliquer pourquoi Tokyo et Séoul devancent Paris dans la décadence.

Si l’on peut légitimement constater des excès ou des dérives idéologiques, il est absurde de transformer une évolution sociétale liée à la modernité technique en un complot. Vouloir protéger la tradition en traquant le « sionisme » est un contresens. C’est un défi civilisationnel interne à l’Occident, et le résoudre demande une réflexion sur nos propres limites. D’ailleurs les Juifs qui furent historiquement à gauche sont pour beaucoup aujourd’hui devenus traditionalistes et nationalistes en Israel, leur natalité est bien plus élevée. Comme quoi tout peut arriver.

En tant que libéral, je ne suis pas par principe opposé à la liberté supplémentaire accordée aux individus qu’a apporté le progressisme. L’autonomie de la volonté est un moteur de progrès. Le capital ne demande pas le mariage gay; encore moins la dénatalité; il n’en a rien à faire. Le problème, c’est l’excès, c’est la fuite en avant perpétuelle d’un gauchisme cherchant sans cesse de nouvelles « avancées » sociétales. Je ne recherche pas à revenir à une société fantasmée des années d’après guerre mais juste trouver une société où les gens se font confiance et sont content de vivre avec une culture commune. Quelque chose que je retrouve plus dans mon pays de résidence, la Thaïlande, par exemple, des gens souriants, qui s’entraident car ils ont le sentiment d’appartenir à la même nation.

Souveraineté et Médias : L’Europe de Bruxelles n’est pas celle de Tel-Aviv

Sa critique de Maastricht et de la concentration médiatique est solide et rejoint souvent celle de la gauche souverainiste. Mais là encore, son biais antisioniste l’égare. Déjà on a aujourd’hui des milliardaires qui soutiennent des médias de gauche, il y a une « bataille culturelle » et politique dans le paysage médiatique français. Il suffit de voir tout le cirque autour du rapport Alloncle, le service public n’est surement pas sur une ligne dictée par ses mêmes milliardaires, juifs ou non. Il n’y a aucune coordination éditoriale, les médias ne défendent pas la même ligne, et la diversité périphérique (podcasts, plateformes alternatives, dont l’écosystème de Soral lui-même) s’est en réalité élargie à l’ère numérique.

Soral rétorquera que le problème est leur soutien uniforme à Israel mais ce n’est pas ce qu’on constate. Il y a bien quelques milliardaires d’origine juive, mais la concentration des médias est un fait du capital, pas d’une communauté.

Quant à l’Union Européenne, c’est une construction de normalisation libérale. Croire que les technocrates de Bruxelles prennent leurs ordres auprès de lobbys juifs est un contresens géopolitique : l’UE est structurellement plus proche des intérêts industriels allemands ou des pétromonarchies du Golfe que de la survie d’Israël.

L’érosion de l’autonomie gaullienne est un fait. Mais la triade « Empire / États-Unis / Israël » fonctionne comme un objet construit, pas comme un agent réel. La France et les États-Unis se sont opposés frontalement sur l’Irak en 2003 ; la France et Israël ont connu de vraies crises diplomatiques (Chirac à Jérusalem en 1996, votes répétés à l’ONU contre la position israélienne). La lecture conspirationniste aplatit une réalité faite de divergences, de pressions croisées, de choix européens souvent minables mais propres.

Le piège de la « racaille du haut » vs « racaille du bas »

C’est ici que l’angle antisioniste de Soral devient le plus toxique pour la droite. En affirmant que la peur de l’Islam est un « exutoire » créé par le national-sionisme représenté par Éric Zemmour, il finit par nier la réalité vécue des Français.

Pour Soral, si vous craignez l’insécurité ou l’islamisation, vous êtes un « manipulé ». Et si vous refusez de voir du complot juif partout, vous êtes tout autant « manipulé ». Sauf que le conflit de civilisation n’est pas une invention médiatique, c’est une réalité démographique et culturelle mondiale. En voulant protéger « la racaille du bas » (vue comme une victime du Capital), Soral devient l’idiot utile d’un séparatisme bien réel. Son antisionisme l’oblige à une indulgence coupable envers l’islamisme, au nom de la « lutte commune contre l’Empire ».

Si le problème est métaphysique (un « complot »), alors l’action politique est inutile. Son antisionisme est un boulet stratégique : il interdit à la droite de proposer des solutions sous prétexte de traquer un ennemi lointain.

Le national-sionisme qu’il dénonce chez Zemmour n’est peut-être qu’une tentative de la droite de revenir au réel (les frontières, l’identité) là où Soral préfère rester dans le mythe. En voulant dénoncer un paratonnerre, Soral a fini par construire un bunker idéologique où il est le seul à vivre, coupé des urgences vitales du peuple français.

IV. Les limites du système Soralien

Si il y a une certaine cohérence du système Soral, car l’analyse peut être séduisante par sa globalité, elle finit par se heurter à des réalités que beaucoup, dans les commentaires de mes vidéos, fanboys de Soral refusent de voir.

La logique de bouc émissaire ethnique n’est pas une analyse, c’est une simplification paresseuse. Il faut rappeler des faits historiques simples : les lois liberticides que nous subissons, comme les lois Pleven ou Gayssot, n’ont pas été imposées par une « communauté ». Elles ont été votées par des assemblées françaises, composées de centaines d’élus dont l’immense majorité n’était pas juive. Que des associations communautaires profitent de ces lois pour harceler Soral ou Dieudonné (ou Zemmour!) est un fait. Mais la responsabilité de la perte de nos libertés est d’abord collective et politique. Blâmer un groupe entier pour les trahisons de nos propres élites est une démission de l’esprit.

L’antisémitisme comme « Morale d’Esclave »

Le premier reproche que l’on doit adresser à cette obsession est sa nature psychologique. Comme le soulignait Nietzsche, l’antisémitisme est souvent le fait des « braillards » animés par la jalousie. C’est une structure mentale de ressentiment, une « morale d’esclave » qui cherche un marionnettiste unique pour ne pas avoir à affronter ses propres faiblesses.

En suivant l’économiste Thomas Sowell, on comprend que le « Juif » dans le discours soralien n’est qu’une figure « générique » de la haine envers les minorités intermédiaires (commerçants, banquiers, intellectuels). Il y a partout des groupes qui subissent toujours le même procès en « parasitisme » dès que la population majoritaire rencontre une crise. Transformer une réussite sociale en un complot métaphysique est un confort psychologique : cela dispense de l’effort de reconstruction nationale en désignant un coupable extérieur.

Cependant, pour des figures comme Alain Soral ou, outre-Atlantique, Nick Fuentes, le mécanisme s’enrichit d’une dimension plus intime : le ressentiment de l’exclu. Contrairement à l’antisémite « de base » qui déteste de loin, ces penseurs ont initialement cherché à intégrer et à briller au sein du système intellectuel.

Soral a longtemps fréquenté les plateaux de télévision et les milieux parisiens ; Fuentes a tenté de s’imposer dans l’écosystème conservateur « mainstream » américain. Tous deux en ont été brutalement rejetés à cause de leurs opinions et de leur radicalité. Dès lors, leur combat change de nature : il ne s’agit plus seulement de politique, mais aussi d’une vengeance. Ils désignent le « lobby » comme responsable de leur bannissement, alors que ce dernier, s’il a pu jouer un rôle de facilitateur ou de groupe de pression, n’est pas l’unique architecte de leur chute.
La « question juive » devient alors l’alibi parfait. C’est le stade ultime de la morale d’esclave : faire de son exclusion une preuve de sa propre valeur.

C’est là que le logiciel soralien devient une impasse : il empêche toute autocritique. Si tout échec est dû au « lobby », alors aucune erreur de jugement, aucune faute tactique et aucun excès de langage ne peut être remis en question. Pas plus tard que très récemment, Soral accusait encore « La Communauté » d’avoir imposé la condamnation à de la prison ferme qui a motivé son départ vers la Russie.

Impasse idéologique vs réalité démographique

Soral nous parle du « Juif du Talmud », archaïque, soudé et dominateur. Mais où est cette réalité dans la France de 2026 ? La communauté juive française, dans sa grande majorité, est laïque, athée ou très peu pratiquante. Elle est tout sauf ce groupe monolithique et occulte que la caricature suggère. Il y a un décalage flagrant entre cette menace théologique abstraite et la réalité vécue par les Français. Le vrai défi identitaire, démographique et culturel, celui qui transforme nos quartiers et impose ses codes, c’est l’islamisation d’une partie du territoire (le kasher n’est pas imposé, le halal l’est de fait dans bien des zones). On peut critiquer le lobby pro-israélien, mais nier que le principal bouleversement civilisationnel de la France vient d’ailleurs est un aveuglement idéologique.

Il faut confronter le logiciel Soral à une hypothèse d’école : si la « puissance juive » disparaissait demain, nos problèmes structurels seraient-ils résolus ? La réponse est bien sûr non, et Alain Soral n’aurait aucune réponse aux problèmes restant:

  • L’immigration de masse répond à des logiques économiques et patronales françaises.
  • La dette abyssale est le fruit de quarante ans de clientélisme électoral local.
  • L’effondrement de l’Éducation nationale est une trahison de nos propres clercs.

Réduire quarante ans de choix politiques suicidaires à l’influence de quelques conseillers comme Jacques Attali est une paresse de l’esprit.

Un logiciel de gauche sous vernis nationaliste

Un autre point de rupture majeur concerne l’économie. Soral, rejoignant une posture de gauchiste anti-capitaliste ou d’intégriste religieux, fustige le prêt à intérêt comme le mal absolu. C’est une vision anti-économique. Le concept théologique d’« usure » condamnant tout intérêt est bidon. Le prêt à intérêt a été l’un des principaux moteurs du progrès et de l’industrialisation. Les nations qui ont libéré le crédit sont celles qui ont avancé ; celles qui l’ont interdit pour des motifs religieux sont restées à la traîne. Faire de la banque une simple structure de prédation « juive » est une analyse courte qui ignore les mécanismes réels de création de richesse et de développement des nations. Et ça ne veut pas dire que tout est bon dans finance, mais elle n’est ni juive ni intrinsèquement mauvaise par principe.

Il faut appeler un chat un chat : la pensée économique d’Alain Soral est une pensée de gauche, pour ne pas dire une pensée marxiste archaïque. En fustigeant le « Capital » et en réduisant la finance à une simple activité de parasitisme, il ne fait que reprendre les vieux refrains du socialisme du XIXe siècle, simplement repeints aux couleurs de la lutte antisioniste.

Le moteur de la « gauchisation » du RN

Cette influence n’est pas restée confinée aux marges d’Internet. Soral a été l’un des principaux vecteurs de la « gauchisation » du programme économique du Front National devenu RN au tournant des années 2010. En instillant l’idée que le petit entrepreneur et l’ouvrier français ont pour seul et unique ennemi la « Banque » personnifiée de manière communautaire, il a contribué à évincer la tradition de droite libérale et pro-entreprise qui existait autrefois dans ce camp.

Le résultat est un programme qui, sous prétexte de souverainisme, prône l’étatisme à outrance, la méfiance envers les marchés et une vision de l’économie comme un gâteau statique qu’il suffirait de redistribuer. C’est l’oubli total de la dynamique de création de richesse. En adoptant ce logiciel, une partie de la droite s’est coupée des classes productives, celles qui comprennent que le crédit est l’oxygène de l’investissement, pour séduire un électorat par le ressentiment anti-patronal et anti-finance. Cette division empêche la construction d’une droite unie autour de vraies valeurs de droite.

En faisant de la banque une structure de prédation « juive » par essence, Soral détourne ses lecteurs des véritables causes de notre déclin économique : le poids délirant de la dépense publique, la fiscalité confiscatoire et les réglementations étouffantes. Sa vision n’est pas une alternative de droite à la mondialisation ; c’est un socialisme de ressentiment qui propose de remplacer une élite par une bureaucratie encore plus rigide. In fine, sa pensée économique ne cherche pas à rendre la France plus forte ou plus riche, mais simplement à punir ceux qu’il a désignés comme coupables métaphysiques.

Conclusion

Au terme de cette analyse, Alain Soral apparaît comme un immense gâchis. Il a été utile – et il reste respectable comme intellectuel qui va jusqu’au bout de ses idées, droit dans ses bottes. Mais il est devenu toxique pour la reconstruction nationale française, d’autant plus depuis son exil russe et son ralliement sans nuance à Poutine. Doté d’un talent sociologique réel, il s’est enfermé dans une explication monocausale qui transforme tout diagnostic en rituel. Ce qui était au départ une méthode critique est devenu une pensée circulaire où chaque fait vient nourrir la même conclusion : la faute du « Juif » et de l’Empire.

La nécessité aujourd’hui est de sortir de ce ressentiment qui paralyse la droite. Il faut avoir la maturité de constater les faits accomplis : le sionisme a gagné sur le terrain. Israël est une puissance régionale majeure, technologique et nucléaire, qui ne disparaîtra pas. S’épuiser dans un « antisionisme » de façade n’est qu’une manière de s’administrer un calmant pour ne pas voir notre propre effacement. La vraie question métapolitique n’est pas de savoir ce que fait le lobby pro-israélien, mais de comprendre pourquoi la France défend si mal ses propres intérêts nationaux.

L’influence d’un lobby tiers n’est jamais que le symptôme de notre propre vide. Une nation forte, sûre de son identité et de ses élites, ne craint pas les réseaux ; elle les utilise ou les contient. Une nation en décomposition, en revanche, se cherche des marionnettistes pour s’excuser de son propre renoncement.

L’ouverture que je propose ici est celle d’une métapolitique qui ne « tourne plus en rond ». Il est temps de passer de la démonologie à la stratégie. Le déclin civilisationnel que nous vivons – qu’il soit démographique, éducatif ou économique – exige des solutions concrètes, une discipline de fer et une volonté de puissance retrouvée. Chercher le coupable à Tel-Aviv ou New York nous dispense de faire le ménage à Paris.

Sortons de la paranoïa pour revenir au politique. La survie de notre civilisation ne dépendra pas de la chute d’un supposé « Empire » universel, mais de notre capacité à redevenir les maîtres de notre propre maison.

Alain Soral est désormais à Moscou et je tiens à dire que je compatis par rapport à sa situation. Se retrouver dans ce pays glacial en Février à presque 70 ans (même si il ne les fait pas, le sport ça conserve), c’est rude.
Il aurait dû venir en Thaïlande !
Il ne met cependant que 2 minutes 30 dans cette vidéo pour évoquer « La Communauté ».

Alain Soral en bonnet pendant une interview en Mai 2026 depuis la Russie.
Alain Soral en bonnet pendant une interview en Mai 2026 depuis la Russie.

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