Autodafés – L’art de détruire les livres

Autodafés – L’art de détruire les livres
2021 •  Français •  82 pages •  2 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
L'ouvrage dénonce la censure exercée par la pensée dominante progressiste sur des œuvres dérangeantes (Leys, Soljenitsyne, Yonnet, Huntington, Gouguenheim) et défend le droit à une pensée non conforme au prêt-à-penser de gauche. Ce positionnement anti-establishment intellectuel progressiste situe le livre dans une droite intellectuelle modérée.

Omerta, chasse aux sorcières et calomnie... Qui donc organise la censure par le silence, promeut de mauvais livres par la connivence idéologique, organise la désinformation par le discrédit ? Ce dernier demi-siècle a connu de grandes polémiques où la pensée dominante a défendu les idéologies qui lui servent de fondations : le maoïsme que Simon Leys démontait dans Les Habits neufs du président Mao (1971) ; le marxisme qu'effondrait L'Archipel du Goulag (1973) de Soljenitsyne; l'antiracisme que Paul Yonnet dénonçait dans Voyage au centre du malaise français (1993); l'impérialisme islamiste dont Samuel Huntington prophétisait la menace dans Le Choc des civilisations (1996); la psychanalyse que ridiculisait Le Livre noir de la psychanalyse (2005); le mythe d'un islam civilisateur de l'Occident que décomposait Aristote au mont Saint-Michel (2008) de Sylvain Gouguenheim. Michel Onfray raconte l'histoire de ce qu'Orwell, dans 1984, nommait les " crimes par la pensée ".

Michel Onfray (né en 1959 à Argentan) est philosophe, essayiste et fondateur de l’Université populaire de Caen. Depuis le milieu des années 2010, sa pensée s’est progressivement orientée vers une critique de plus en plus acérée du conformisme intellectuel français — la « pensée unique » des médias, des universités et des maisons d’édition. Se réclamant d’une tradition libertaire et anti-autoritaire, Onfray dénonce ce qu’il perçoit comme un nouveau totalitarisme doux, opérant non par la violence mais par le silence et la disqualification.

À propos de ce livre

Autodafés — L’art de détruire les livres (2021) prolonge cette réflexion en examinant six cas emblématiques de censure douce dans l’histoire intellectuelle française récente. Le titre fait référence aux bûchers de livres, mais Onfray montre que la censure contemporaine n’a plus besoin du feu : elle procède par le silence orchestré, la disqualification morale et la promotion de contre-vérités complaisantes. L’ouvrage s’inscrit dans la tradition orwellienne de la défense de la liberté intellectuelle.

Résumé chapitre par chapitre

Introduction : Orwell et le crime de pensée

Onfray établit le cadre théorique en reprenant le concept orwellien de « crime de pensée » : dans nos sociétés médiatiques, certaines idées ne sont pas interdites par la loi mais rendues imprononcables par le consensus médiatique et l’ostracisme social. La censure moderne opère par asphyxie plutôt que par interdiction explicite.

Simon Leys et Les Habits neufs du président Mao

Simon Leys publie en 1971 une critique lucide et documentée du maoïsme, à une époque où les intellectuels français progressistes idéalisent la Révolution culturelle. Le livre est systématiquement ignoré, méprisé ou attaqué par le milieu intellectuel. Onfray y voit l’exemple paradigmatique du livre vrai étouffé par l’idéologie dominante.

Alexandre Soljenitsyne et L’Archipel du Goulag

La publication française de L’Archipel du Goulag en 1974 constitue un choc intellectuel majeur. Onfray analyse comment le milieu intellectuel français, encore largement pro-soviétique, a tenté de minimiser ou relativiser ce témoignage dévastateur sur les crimes du stalinisme — révélant l’aveuglement idéologique d’une génération de penseurs.

Paul Yonnet et Voyage au centre du malaise français

Sociologue ignoré par l’establishment académique, Yonnet publie en 1993 une analyse du « malaise français » qui pointe des réalités jugées inacceptables par les élites progressistes. Son livre est disqualifié sans être réfuté, illustrant pour Onfray le mécanisme de l’ostracisme moral substitué au débat intellectuel.

Mécanismes contemporains de la censure douce

Onfray détaille les stratégies de suppression intellectuelle : le silence orchestré des médias, la disqualification morale de l’auteur plutôt que la réfutation de ses arguments, et la promotion de contrefaçons idéologiques présentées comme la vérité officielle.

Pour une défense de la liberté intellectuelle

En conclusion, Onfray appelle à une résistance collective contre la tyrannie douce de la pensée unique — en lisant les livres censurés, en refusant les anathèmes, en exigeant le débat plutôt que l’excommunication. Il s’inscrit dans la tradition libertaire qui considère la liberté de penser comme le bien le plus précieux d’une démocratie.

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