Comprendre l’Empire
Positionnement idéologique
Composé de textes courts s'enchaînant logiquement pour raconter ce combat d’idées qu’est l’Histoire, sans omettre de resituer ces idées dans l’Histoire qui les a vu naître, Comprendre l’Empire aurait tout aussi bien pu s’intituler Sociologie de la domination ou Sociologie du mensonge, tant Empire et domination par le mensonge sont liés. Peu universitaire dans sa forme, par respect pour le lecteur, mais fruit de cinquante années d’expériences combinant lectures et engagement sans lequel il n’est point de compréhension véritable, cet essai pédagogique récapitule le parcours complet — allant de la Tradition au marxisme et du marxisme à la Tradition — qui seul permet la mise à jour du processus de domination oligarchique engagé depuis plus de deux siècles en Occident. Refusant le cynisme d'élite qui conduit au mépris du peuple, l'auteur y dépeint la structure d'une gouvernance globale s'opposant à la révolte des Nations, tout en désignant la Banque comme le pouvoir politique caché derrière le spectacle de la démocratie parlementaire.
Publié en 2011, Comprendre l’Empire marque un tournant décisif dans le parcours d’Alain Soral, structurant sa vision géopolitique autour de l’opposition entre la nation et une gouvernance mondiale oligarchique. L’auteur présente cet ouvrage comme une « sociologie de la domination » ou une « sociologie du mensonge », visant à mettre à jour un processus engagé depuis plus de deux siècles en Occident.
La pensée de Soral dans ce livre repose sur plusieurs piliers fondamentaux :
- Le passage de la Tradition à la Modernité : Soral analyse l’Histoire comme le passage d’un ordre fondé sur le sacré et la transcendance (le Roi, Dieu) à un ordre fondé sur l’immanence et la Raison. Selon lui, cette Raison n’a été qu’un outil transitoire utilisé par la bourgeoisie d’affaires pour renverser les anciens ordres (Clergé et Noblesse) avant d’imposer le règne exclusif de l’argent.
- La centralité de la Banque : L’auteur théorise que la Banque est devenue le véritable pouvoir politique caché, s’émancipant de tout contrôle régalien par la privatisation des banques centrales. Il définit l’Empire non pas comme une entité géographique fixe, mais comme un processus de domination nomade et apatride, piloté par une oligarchie financière dont le centre actuel est Wall Street.
- Le concept de « Libéral-Libertaire » : Empruntant à Michel Clouscard, Soral dénonce l’alliance entre le libéralisme économique (le Marché) et le libertarisme culturel (Mai 68). Pour lui, la libération des mœurs est un piège narcissique qui détruit les solidarités traditionnelles et les nations pour transformer les individus en consommateurs compulsifs et dociles.
- La désignation d’un ennemi moteur : Au-delà de la structure économique, Soral identifie le « judaïsme politique » ou le sionisme comme la force motrice de ce qu’il appelle la « destruction anthropologique » du pays. Son analyse glisse d’une critique sociale vers une forme de « cosmologie » où tout événement mondial est ramené à l’action de cette oligarchie.
- La stratégie de Réconciliation Nationale : Face à ce qu’il perçoit comme une entreprise de déracinement et de division (notamment via l’antiracisme institutionnel), Soral prône une union entre la « gauche du travail » (valeurs sociales et défense des prolétaires) et la « droite des valeurs » (morale traditionnelle et patriotisme).
En résumé, la pensée de Soral dans ce livre se veut une théologie inversée : là où le système promet le progrès et l’égalité, il ne voit que prédation, mensonge et asservissement des peuples par une élite globale. Son œuvre se présente comme un cri d’alarme appelant au soulèvement des nations enracinées contre la dictature de l’Empire.
Introduction : Comprendre l’Empire
L’introduction de l’ouvrage Comprendre l’Empire définit l’ambition de l’auteur et les fondements de sa démarche. Ce chapitre peut être résumé selon les points clés suivants :
- Une « Sociologie du mensonge » : Alain Soral précise d’emblée que son livre aurait pu s’intituler « Sociologie de la domination » ou « Sociologie du mensonge », car il considère que l’Empire et la domination par le mensonge sont indissociables. L’ouvrage se présente sous la forme de textes courts s’enchaînant logiquement pour raconter l’Histoire comme un combat d’idées.
- Un parcours de la Tradition au Marxisme : L’auteur décrit cet essai comme un outil pédagogique récapitulant un parcours complet allant de la Tradition au Marxisme, puis du Marxisme à la Tradition. Selon lui, ce cheminement est le seul qui permette de mettre à jour le processus de domination oligarchique à l’œuvre en Occident depuis plus de deux siècles.
- Une démarche hors du cadre universitaire : Soral revendique une forme peu universitaire, par respect pour le lecteur, mais ancrée dans cinquante années d’expériences mêlant lectures et engagement militant. Il considère que cet engagement est indispensable à une « compréhension véritable » des mécanismes de pouvoir.
- Les motivations de l’auteur : Soral justifie sa prise de risques personnelle et son isolement par une volonté d’entrer dans la « légende » plutôt que de faire carrière. Il évoque également un « ennui mortel » ressenti face aux élites qu’il qualifie de « salauds, soumis et cons ».
- Le refus du cynisme des élites : L’auteur affirme ne pas pouvoir se résoudre au cynisme d’élite qui conduit au mépris du peuple et du bien commun. Il présente la vérité qu’il livre comme une force qui finit par s’imposer avec la force d’une religion.
En somme, cette introduction pose le livre comme une tentative de dévoiler la face cachée de la domination mondiale en s’appuyant sur une synthèse idéologique entre valeurs traditionnelles et critique sociale.
Dieu et la Raison
Le premier chapitre analyse la transition historique de la France de l’Ancien Régime à la modernité républicaine. Alain Soral y développe une critique de la Révolution française, qu’il ne voit pas comme une libération populaire, mais comme la victoire d’une nouvelle idéologie de classe.
Voici les points clés développés dans ce chapitre :
1. La Révolution : Victoire de la Raison bourgeoise sur le Dieu catholique
Soral rejette la mythologie scolaire d’une lutte entre les « Lumières » et les « Ténèbres ». Pour lui, la Révolution marque le moment où la Raison, devenue la « religion » de la bourgeoisie commerçante, a politiquement vaincu le Catholicisme, qui était l’idéologie d’une noblesse usée. Il souligne que cette « Raison » n’est pas le rationalisme scientifique, mais une idéologie de domination.
2. Le démantèlement des mythes révolutionnaires
L’auteur s’attaque à trois piliers du récit national républicain :
- L’Absolutisme royal : Il rappelle que le pouvoir du Roi était limité par des corps intermédiaires (parlements, corporations, métiers) qui protégeaient les individus contre l’arbitraire.
- L’Unanimité du peuple : Il cite l’exemple des Chouans et des paysans vendéens qui se sont révoltés contre l’ordre nouveau pour défendre l’ancien, prouvant que le « petit peuple » n’était pas intrinsèquement révolutionnaire.
- L’Égalité fraternelle : Il dénonce la Loi Le Chapelier (1791) qui, sous couvert d’égalité, a interdit les syndicats et les grèves, livrant le monde du travail au libéralisme économique le plus brutal.
3. Le rôle social de l’Église et de la Monarchie
Soral réhabilite l’Église médiévale comme une force de pacification sociale (Trêve de Dieu, théorie de la « guerre juste »). Il soutient que les Rois de France protégeaient souvent les pauvres contre les abus de la noblesse, expliquant la précocité de l’abolition du servage en France. La Révolution est survenue car la monarchie n’a pas su réformer sa noblesse parasitaire et s’est trop appuyée sur la bourgeoisie d’affaires.
4. La substitution des élites : La Bourgeoisie au nom du Peuple
Le chapitre explique que si le Tiers-État représentait 98 % de la population, la fraction révolutionnaire n’était composée que de la bourgeoisie (avocats, banquiers, clercs). En retranchant la paysannerie fidèle au Roi, il ne reste qu’une minorité qui a pris le pouvoir en parlant au nom du peuple. Par ailleurs, il affirme que l’aristocratie s’est suicidée en adoptant les idées de l’Encyclopédie, « sciant la branche sur laquelle elle était assise ».
5. La Franc-maçonnerie : Le nouveau clergé
Soral définit la Franc-maçonnerie comme une « contre-Église » et le véritable clergé occulte de la République. Elle a remplacé l’Église catholique dans sa fonction d’encadrement des esprits, notamment à travers l’éducation laïque. Il note que ce pouvoir est par nature hermétique et fondé sur la cooptation, ce qui est l’inverse de la transparence démocratique affichée.
6. Le piège du clivage Gauche/Droite
L’auteur théorise que le combat entre « progressistes » et « réactionnaires » sert à masquer la complexité des luttes sociales. Il distingue :
- Les progressistes de gauche : populaires et sociaux (Rousseau).
- Les progressistes de droite : bourgeois et libéraux (Voltaire). Selon lui, la mécanique révolutionnaire consiste à faire faire le « sale boulot » par la gauche radicale (Robespierre) pour liquider l’ancien monde, avant que la Banque et la bourgeoisie d’affaires ne liquident la gauche pour instaurer leur propre domination.
En résumé, ce premier chapitre pose les bases de la thèse de Soral : la modernité républicaine est une construction bourgeoise qui a détruit les protections traditionnelles du peuple pour instaurer le règne sans partage de l’argent.
Dieu, la Raison et la Banque
Le deuxième chapitre de Comprendre l’Empire, intitulé « Dieu, la Raison et la Banque », analyse l’ascension du pouvoir financier comme le véritable moteur de l’histoire moderne et la structure centrale de ce que l’auteur appelle l’Empire.
Voici un résumé détaillé des thèses développées dans ce chapitre :
1. La généalogie de la Banque : du don à l’usure
L’auteur retrace l’évolution des sociétés humaines, passant de la société du don (basée sur le prestige et l’échange symbolique) à la société de l’argent.
- L’invention de la monnaie : Le passage du troc à la monnaie a permis l’accumulation de richesses pour elles-mêmes, venant concurrencer le prestige traditionnel.
- L’interdiction de l’usure : Au Moyen Âge, l’Église catholique interdisait le prêt à intérêt pour préserver un ordre social fondé sur la « noblesse d’âme ».
- La caste maudite : Le commerce rendant le prêt nécessaire, l’Église a fini par tolérer cette pratique à la marge, la confiant à une « caste maudite » (maintenue hors de la société chrétienne) pour éviter qu’elle ne menace l’ordre social.
2. Le basculement vers le protestantisme
Soral analyse le triomphe de la banque à travers les changements théologiques.
- L’échec catholique : La Renaissance italienne et les « papes banquiers » (comme les Borgia) ont bafoué la théologie catholique, provoquant la Réforme.
- L’éthique protestante : Contrairement au catholicisme, le protestantisme a adapté sa théologie aux valeurs du commerce et de l’intérêt, permettant au bourgeois de s’enrichir « pour la gloire de Dieu ».
3. La naissance de l’Empire et l’inversion du pouvoir
- L’alliance anglo-saxonne : L’acte de naissance de l’Empire est posé lors de l’alliance entre la Couronne d’Angleterre et la Banque (la City de Londres), créant une puissance de domination mondiale inédite.
- Le contrôle de la monnaie : Le rapport de force s’est inversé lorsque la Banque a pris le contrôle du pouvoir régalien de battre monnaie, processus ratifié par la privatisation des banques centrales.
- La violence de l’abstraction : Libérée de tout contrôle politique, la Banque devient une force de « pure prédation » et de violence sociale (désindustrialisation, chômage), protégée par son invisibilité médiatique.
4. La mécanique du « racket » financier
L’auteur détaille comment la banque s’est transformée en entreprise de dépossession :
- Le multiplicateur de crédit : Les banques ont commencé à prêter plus d’argent qu’elles n’en possédaient réellement (réserve fractionnaire).
- La création de monnaie ex nihilo : En prêtant de l’argent qui n’existe pas contre un intérêt mécaniquement impossible à rembourser, la Banque capte progressivement toutes les richesses réelles.
- La loi de 1973 : En France, la loi du 3 janvier 1973 (dite Pompidou-Giscard-Rothschild) a interdit à l’État d’emprunter à taux zéro auprès de sa propre banque centrale, l’obligeant à s’endetter auprès du marché privé. Ce « racket » est présenté comme la cause majeure de la fin de l’État-providence.
5. Le règne du Dollar et de la FED
- La FED (1913) : Présentée comme un cartel privé de douze banques, la Réserve fédérale américaine a pris le contrôle du dollar pour en faire une monnaie mondiale.
- L’escroquerie monétaire : Après 1971 (fin de l’étalon-or) et 1973 (pétrodollar), le dollar n’est plus adossé à rien d’autre qu’à la puissance militaire américaine.
- Guerres et Crises : L’auteur affirme que la FED favorise les crises (comme 1929) et les guerres (1914-1918, 1939-1945) pour accroître les dettes publiques à son seul profit.
6. Les résistances à la Banque
Le chapitre énumère ceux qui ont tenté de s’opposer à ce pouvoir :
- Aux USA : Andrew Jackson, Lincoln, Henry Ford (qui dénonçait le « Juif international ») et John F. Kennedy, dont l’assassinat serait lié à son décret (EO 11110) visant à retirer son pouvoir à la FED.
- En France : Le général de Gaulle, évincé en 1969 car il exigeait le remboursement des dollars en or.
- À l’extérieur : Le communisme soviétique (qualifié d’idéologie « judéo-chrétienne » avec des élites juives et des masses chrétiennes) et la finance islamique, désignée comme le « dernier bastion » car elle interdit l’usure et la spéculation.
Conclusion du chapitre
Soral conclut que la Banque constitue une nouvelle aristocratie nomade dont le pouvoir repose sur le mensonge et la violence militaire. Ce processus, qu’il nomme l’Empire, est voué soit à la banqueroute, soit à un affrontement avec l’espace eurasien (Chine, Russie). Chaque opposant sérieux à ce système (comme Saddam Hussein) finit, selon lui, par être physiquement éliminé.
Les Idées, les Grands Hommes, les Réseaux
Ce troisième chapitre analyse comment les sociétés humaines sont passées d’un ordre fondé sur le sacré à une domination exercée par les idées laïques, les politiciens professionnels et les réseaux occultes.
Voici un résumé détaillé des trois parties qui composent ce chapitre :
1. Les Idées : De la Transcendance à l’Immanence
Alain Soral explique qu’à l’origine, l’homme s’en remettait à la transcendance (Dieu) et à la loi divine transmise par le médiateur qu’était le chamane. La société s’est ensuite structurée selon un modèle tripartite fonctionnel présent dans toutes les sociétés indo-européennes : le Prêtre (collecteur d’impôt et éducateur), le Guerrier (sécurise le groupe et le temple) et le Travailleur (produit les richesses).
Cependant, l’introduction du logos (la raison) a progressivement sapé la foi. Historiquement, cela se traduit par le passage d’un Dieu avec logos (théologie) à un Logos sans Dieu (règne de la Raison). La modernité marque la victoire de l’immanence et remplace le Salut religieux par l’Égalité comme but suprême. Dans ce cadre, le pouvoir réel est capté par une quatrième fonction issue du Tiers-État : celle des marchands (intermédiaires) qui commandent par l’argent. Le débat politique entre Libéralisme et Socialisme est alors présenté comme un décor masquant la réalité de la domination du Capital.
2. Les Grands Hommes : De l’Héroïsme à l’Employé de Banque
Dans le monde ancien, les grands hommes étaient rares et considérés comme choisis par Dieu (Rois, Prophètes). Avec le règne de l’immanence, on assiste à une prolifération de prétendants soumis à la libre concurrence, ce qui provoque une accélération de l’Histoire. Le pouvoir effectif est désormais exercé par un tandem composé de l’intellectuel (le nouveau clerc maître de la rhétorique) et du politicien (professionnel de la promesse ou du mensonge).
Soral décrit une dégradation de la figure du leader : on passe du combattant (comme Napoléon ou de Gaulle) à l’employé de banque (symbolisé par Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild). Puisque l’individu seul est limité par sa brièveté et sa solitude, il est contraint de s’appuyer sur une force collective pour accéder au pouvoir et le conserver : le réseau.
3. Les Réseaux : La Face Cachée de la Démocratie
L’auteur oppose les solidarités organiques (famille, clan, tribu) fondées sur le sang à la froide abstraction du contrat citoyen qui laisse l’individu impuissant. Pour pallier cette solitude, de nouveaux réseaux, principalement la Franc-maçonnerie, se sont imposés comme le « clergé occulte » de la République.
L’histoire de la République est celle de la mise au pas des anciens réseaux (Noblesse, Église, Corporations) au profit de nouveaux réseaux au service des marchands :
- L’Affaire Dreyfus a marqué la prise de pouvoir des médias et de l’argent sur l’armée, dernier refuge de l’esprit aristocratique.
- La loi de 1905 a dépossédé l’Église de sa fonction éducative au profit des instituteurs laïques de culture maçonnique.
Soral dresse une hiérarchie des puissances :
- Il distingue les mafias de cinéma (spectaculaires mais primaires) des mafias plus puissantes du racket légalisé que sont la Banque ou le complexe militaro-industriel.
- Il souligne la puissance de réseaux comme le B’naï Brith ou le club Le Siècle, qui ont la haute main sur la marche du pays.
- Il désigne le CRIF comme le « réseau des réseaux », alliant liens du sang, foi plurimillénaire, cosmopolitisme et maîtrise de la modernité (finance et médias).
Enfin, le chapitre explore une dimension ésotérique. Soral évoque l’existence, au plus haut niveau d’initiation, de maçonneries qu’il qualifie de sataniques (comme les Illuminati ou le Skull and Bones). Pour lui, les dirigeants de ces réseaux auraient renoncé à l’humilité chrétienne pour vouer leur âme à la puissance dominatrice. Ces structures (CFR, Bilderberg, Trilatérale) travailleraient ensemble au Nouvel ordre mondial, visant l’abolition des nations au profit d’un pouvoir bancaire intégral.
Des Classes et des Luttes
Le quatrième chapitre de Comprendre l’Empire, intitulé « Des Classes et des Luttes », analyse l’évolution des rapports sociaux depuis la fin de l’ordre traditionnel jusqu’à l’ère de la mondialisation. Alain Soral y développe une critique du marxisme « scientifique » au profit d’un socialisme populiste et enraciné.
Voici un résumé détaillé des thèses développées dans ce chapitre :
1. Origine et Praxis des Classes
Soral affirme que les classes sociales ont toujours existé, déterminées par la spécialisation des tâches et l’évolution technique. Chaque classe développe une praxis (pratique quotidienne) qui génère une culture et une mentalité spécifiques : commerçante, aristocratique ou populaire. Sous la monarchie, ces antagonismes étaient transcendés par l’ordre divin et la solidarité nationale, empêchant le « luttisme de classe » qui caractérise la modernité.
2. Le Messianisme Prolétarien et la Trahison Bourgeoise
Pour l’auteur, la lutte des classes moderne naît de la promesse d’égalité non tenue par la bourgeoisie après 1789. Le prolétariat est alors conçu comme un « Golem » créé par la bourgeoisie pour punir cette dernière et réaliser une égalité réelle. Soral analyse le socialisme comme une eschatologie chrétienne (partage et amour) détournée par un messianisme prophétique juif.
Il distingue deux types d’intellectuels à l’origine du projet socialiste :
- La petite bourgeoisie nationale : (Proudhon, Sorel) liée au monde du travail et à l’empirisme.
- La bourgeoisie ashkénaze internationale : (Marx, Lasalle) théoriciens cosmopolites utilisant l’abstraction conceptuelle comme arme de conquête contre les élites chrétiennes.
3. Peuple contre Prolétariat
Soral oppose le « Prolétariat », concept abstrait et sans culture autonome créé par les intellectuels, au « Peuple ». Le Peuple est l’addition organique du proletariat et de la petite bourgeoisie (artisans, petits patrons), unis par le travail productif et le « principe de réalité ». Il dénonce le marxisme pour avoir cherché à séparer ces deux groupes afin d’empêcher leur jonction révolutionnaire.
4. Patriotisme et Internationalisme
L’auteur soutient que le peuple est naturellement patriote (comme lors de la Commune), tandis que l’internationalisme est le propre des élites voyageuses et du Capital. Il définit l’internationalisme ouvrier authentique comme une solidarité des peuples enracinés contre le capitalisme apatride, et non comme la haine de la nation prônée par les trotskistes.
5. La Critique du Progrès et du Salariat
Soral préfère le modèle de Proudhon (petits propriétaires indépendants, échelle humaine) au modèle industriel de Marx. Il affirme que la concentration industrielle et le salariat généralisé produisent la soumission et l’infantilisme, facilitant la dictature du Parti-État. Il voit dans le système soviétique un simple remplacement de l’Étoile rouge par Coca-Cola, les deux systèmes étant fondés sur le seul progrès matériel.
6. La Stratégie de l’Empire : Diviser pour Régner
L’Empire utilise une stratégie triangulaire pour empêcher l’union du prolétariat et de la classe moyenne :
- Le Libéralisme-Libertaire : Apparu dans les années 1960, il utilise la « gauche sociétale » (bobo, libertaire) pour détruire la gauche sociale et la droite morale.
- L’Hyper-classe contre la Sous-classe : La mondialisation des années 1990 a créé une hyper-classe nomade et prédatrice qui finance les rentiers du bas (aides sociales) sur le dos de la classe moyenne productive.
7. Conclusion : La Liquidation de la Classe Moyenne
Le but ultime de l’Empire est de liquider la classe moyenne, car elle est la seule force indépendante, lucide et enracinée capable de s’opposer au pouvoir bancaire. Cette destruction se fait par l’absorption économique, la fiscalité punitive et le tarissement du crédit, afin de ne laisser subsister que le pouvoir impérial de la Banque face à une masse salariée précarisée.
Démocratie de Marché et d’Opinion
Le cinquième chapitre de Comprendre l’Empire, intitulé « Démocratie de Marché et d’Opinion », analyse comment le pouvoir financier a dévoyé l’idéal démocratique pour instaurer un régime fondé sur la manipulation des masses et la domination de l’argent.
Voici un résumé détaillé des thèses de l’auteur pour ce chapitre :
1. La nature de la démocratie moderne
Alain Soral commence par récuser l’assimilation de la démocratie moderne à la Grèce antique. Il rappelle que l’État-cité athénien était une oligarchie de propriétaires terriens et de soldats fondée sur le droit du sang, bien loin du système actuel où la Banque et la technologie gèrent des masses de salariés-consommateurs.
Pour l’auteur, la démocratie moderne est la « fille de la bourgeoisie ». Elle marque la prise de pouvoir de l’argent et de l’individu sur la lignée (noblesse) et le sacré (clergé). Elle se décline en deux volets indissociables :
- La démocratie parlementaire : Un spectacle de débats mené par des professionnels de la politique encadrés par la franc-maçonnerie et financés par le Capital.
- La démocratie de marché : Un régime qui octroie une liberté totale au Capital, lui donnant de fait les pleins pouvoirs.
2. La domination par la séduction et l’opinion
Contrairement aux régimes autoritaires fondés sur la force, la démocratie est un régime de « domination par la séduction ». Pour maintenir le peuple dans l’illusion, le pouvoir doit fabriquer un consentement majoritaire, ce que Soral appelle la « démocratie d’opinion ».
Cette stratégie nécessite des investissements spécifiques :
- La redistribution ponctuelle : Des moments comme le New Deal ou les Trente Glorieuses sont des sacrifices financiers consentis par l’oligarchie pour éviter une révolution populaire.
- Le contrôle des médias : Le rachat de la presse écrite, même lorsqu’elle est déficitaire (comme le journal Libération par Rothschild), permet de maintenir un encadrement idéologique des « cons de gauche » et des « cons de droite ».
3. La mise au pas des « clercs » et la propagande
Soral analyse comment les intellectuels (les « clercs ») ont été asservis par le pouvoir marchand. Initialement utilisés pour renverser l’Église au nom de la Raison, ils ont été ensuite cooptés par le système via l’argent et les honneurs.
L’auteur souligne deux grandes figures historiques de la propagande (l’industrie du consentement) :
- Willy Münzenberg : Qui a créé de vastes réseaux médiatiques pour former l’opinion de gauche.
- Edward Bernays : Le père des « relations publiques », qui a théorisé la manipulation des masses comme un organe du « gouvernement invisible ».
Aujourd’hui, ces agents de propagande sont tous ralliés au mondialisme marchand sous le couvert de l’antifascisme ou du courant « libéral-libertaire ».
4. Les mécanismes de répression du dissident
Pour ceux qui refusent de se soumettre au « politiquement correct », le système déploie un arsenal de répression :
- La diabolisation et la marginalisation : Utilisation d’inquisiteurs médiatiques pour marquer l’adversaire (le traitant de « nazi » ou « antisémite »).
- La judiciarisation : Ruiner l’insoumis par des procès intentés par des associations « d’utilité publique » (LICRA, SOS Racisme) grâce aux lois restreignant la liberté d’expression (loi Pleven, loi Gayssot).
- La violence physique : Qui intervient en dernière instance (Soral évoque les « morts suspectes » de Coluche ou Bérégovoy).
5. Du logos au spectacle
Le chapitre décrit une dégradation de la vie intellectuelle : on passe du maître à penser (Sartre, Voltaire) à l’animateur. Le système détruit le Logos (la logique et le sens) au profit de :
- Le désir contre la volonté : Pousser aux pulsions de consommation.
- L’émotion contre le sens : Utiliser l’empathie immédiate de l’audiovisuel pour empêcher la réflexion morale.
- La destruction de la transmission : Rompre la chaîne des générations par le jeunisme et l’immédiateté.
6. Conclusion et alternative de la Tradition
Soral conclut que la démocratie de marché est le contraire de la véritable démocratie. La prétendue « séparation des pouvoirs » n’est qu’une façade masquant la collusion des réseaux soumis à l’argent.
En s’appuyant sur les travaux de René Guénon et Julius Evola, il propose comme alternative la subordination du matérialisme commerçant à un pouvoir transcendant, alliant force militaire et autorité religieuse (oratores et bellatores), pour tenir le pouvoir de l’argent en respect.
L’Empire en Action
Le chapitre 6 de Comprendre l’Empire, intitulé « L’Empire en action », analyse la déconstruction méthodique des piliers de la souveraineté française au profit d’une gouvernance mondiale oligarchique. Alain Soral y retrace l’histoire politique de la France depuis 1945 pour démontrer comment l’Empire a pris le contrôle du pays.
Voici les points clés développés dans ce chapitre :
1. La fin du consensus du Conseil National de la Résistance (CNR)
Soral définit la période 1945-1973 comme une ère de prospérité et de consensus social fondée sur l’alliance entre gaullistes et communistes. Ce modèle reposait sur :
- Le roman national d’une France résistante.
- Des acquis sociaux majeurs : Sécurité sociale, nationalisations de l’énergie et des banques.
- La rupture survient avec l’éviction du général de Gaulle, puni pour son insoumission à l’Empire du dollar (volonté de retour à l’étalon-or) et à l’État d’Israël (discours de 1967).
2. Le rôle de Mai 68 et la loi de 1973
L’auteur présente Mai 68 comme une opération de déstabilisation politique visant à chasser De Gaulle. Selon lui, les manifestants ont été les « idiots utiles » de l’Empire, servant à installer une droite d’affaires.
- La loi du 3 janvier 1973 : Sous Pompidou (ex-directeur de la banque Rothschild), cette loi interdit à l’État d’emprunter à taux zéro auprès de la Banque de France, l’obligeant à s’endetter auprès des banques privées. C’est, pour Soral, l’acte de naissance de la dette structurelle.
3. Le tournant de 1981 : La « gauche sociétale » contre le peuple
L’arrivée de François Mitterrand marque le remplacement de la gauche sociale (économie, travail) par la gauche sociétale (culture de masse, droits des minorités, antiracisme).
- Liquidation du PCF : Le Parti Communiste, autrefois défenseur des ouvriers, est remplacé par l’antiracisme institutionnel (SOS Racisme) piloté par le PS pour diviser le peuple.
- Le Front National comme repoussoir : Le système favorise la montée de Jean-Marie Le Pen pour diaboliser toute velléité de patriotisme social, le transformant en « idiot utile » du mondialisme.
4. Les agents de l’Empire : BHL et les « Nouveaux Philosophes »
Soral consacre une longue analyse à Bernard-Henri Lévy, qu’il décrit non comme un philosophe mais comme un agent de propagande. Il détaille comment ses œuvres ont servi les intérêts impériaux :
- Culpabilisation de la France (assimilation de l’esprit français au fascisme).
- Soutien aux interventions de l’OTAN (Yougoslavie) et à la politique israélienne au nom des « droits de l’homme ».
5. Le moment Sarkozy et l’inféodation totale
L’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 est présentée comme l’aboutissement de la prise de contrôle de l’appareil d’État par l’Empire. Ses actes marquants sont :
- Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.
- La ratification du traité de Lisbonne, passant outre le vote des Français contre la Constitution européenne en 2005.
- L’alliance du « libéral-libertaire » (gauche bobo) et du « libéral-sécuritaire » (droite bling-bling).
6. Les opérations de « gouvernance globale »
L’Empire utilise des crises « mondiales » pour justifier un gouvernement mondial au-dessus des nations :
- L’écologie : Présentée comme une arnaque (réchauffement climatique) pour imposer une taxe carbone mondiale.
- La santé : Utilisation de l’OMS pour terroriser les populations avec des pandémies (H1N1) au profit des laboratoires.
- Le terrorisme : Le 11 septembre 2001 est décrit comme un « inside job » permettant de relancer les guerres néo-coloniales et de restreindre les libertés (Patriot Act).
- La Shoah comme religion : Soral affirme que l’histoire de la persécution des juifs est devenue la religion de l’Empire, servant à interdire toute critique du système sous peine d’excommunication médiatique.
7. L’objectif final : Le Nouvel Ordre Mondial
Le chapitre conclut que l’oligarchie financière vise l’abolition de la démocratie et la mise en place d’un pouvoir bancaire intégral. Soral évoque même des desseins malthusiens visant à réduire drastiquement la population mondiale par des famines ou des guerres organisées pour mieux la contrôler.
Résister à l’Empire
Le septième et dernier chapitre de Comprendre l’Empire, intitulé « Résister à l’Empire », propose une synthèse des forces géopolitiques et sociales capables de s’opposer à la domination de l’oligarchie financière mondiale. L’auteur y analyse les points de rupture du système et trace les contours d’une stratégie de reconquête nationale.
1. La résistance géopolitique : L’Islam et les puissances émergentes
Alain Soral identifie l’Islam comme la dernière civilisation de la sphère post-méditerranéenne à ne s’être pas totalement soumise à l’Empire après l’effondrement du catholicisme, du communisme et de l’universalisme français. Il distingue toutefois deux formes d’Islam :
- L’Islam de résistance : Représenté par l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, cet axe mène une politique anti-impérialiste et antisioniste cohérente.
- L’Islam de collaboration : Le régime wahhabite saoudien, lié aux États-Unis par le pacte de Quincy (1945), est accusé de financer un extrémisme servant le projet de « conflit de civilisations » pour le compte de l’Empire.
Sur le plan mondial, il place ses espoirs dans l’émergence d’un monde multipolaire porté par la Russie de Vladimir Poutine, qui a mis fin à la soumission de l’ère Elstine. Il reste plus nuancé sur la Chine, craignant que sa montée en puissance ne signifie que le remplacement d’une domination impériale par une autre.
2. La révolte interne au cœur de l’Empire (USA)
Soral théorise que le coup le plus fatal porté à l’Empire pourrait venir des États-Unis eux-mêmes. Il mise sur une révolte des classes moyennes patriotes (WASP) et des élites entrepreneuriales (dans la lignée d’Henry Ford) contre l’oligarchie bancaire de Wall Street qui ruine le pays. Il cite des figures comme Ron Paul ou Jimmy Carter comme les signes avant-coureurs de ce refus du lobby pro-israélien et financier.
3. Le cas français : L’Union de la « Gauche du travail » et de la « Droite des valeurs »
Pour la France, Soral dénonce le clivage gauche/droite comme un mensonge orchestré pour masquer l’alliance de la droite financière et de la gauche sociétale (libérale-libertaire).
- La stratégie de résistance : Il prône la réconciliation entre la gauche sociale (défense du travail, des ouvriers, lutte contre le Capital) et la droite morale (honneur, tradition, respect de la hiérarchie et de la famille).
- L’ennemi identifié : Cette union est empêchée par le « pacte antifasciste » et l’antiracisme institutionnel, qui servent de « gardes-chiourme » idéologiques au système pour diviser le peuple.
4. La critique de la colonisation et du métissage
Soral propose une lecture iconoclaste de la colonisation, qu’il qualifie de trahison de gauche (Jules Ferry) de l’universalisme français au profit du marché. Il rejette l’antiracisme actuel comme une « escroquerie morale » servant à culpabiliser le peuple de souche tout en favorisant un métissage forcé qui détruit toutes les cultures enracinées.
5. L’avenir de l’Islam en France et la Réconciliation Nationale
L’auteur oppose deux jeunesses musulmanes en France :
- Les musulmans patriotes : Intégrés, conservateurs dans leurs valeurs et respectueux de la France.
- Les « islamo-racailles » : Délinquants apatrides nourris à la haine anti-française, qu’il considère comme les alliés objectifs du système.
Il conclut que le salut du pays dépend du soutien aux patriotes pour une réconciliation nationale, citant le modèle libanais (alliance Aoun-Nasrallah) pour éviter l’éclatement du pays et la guerre civile.
Conclusion : Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?
La conclusion de l’ouvrage, intitulée « Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ? », pose un choix binaire et historique pour l’avenir de l’Occident : la soumission totale à une élite mondiale ou le soulèvement des peuples enracinés.
Voici les points clés de cette conclusion tels que présentés dans les sources :
- L’aboutissement d’un plan séculaire : L’auteur affirme qu’un processus engagé au XVIIIe siècle par une oligarchie bancaire mue par une soif de domination (« hybris ») arrive aujourd’hui à son achèvement. Ce projet, longtemps occulte, s’afficherait désormais ouvertement sous le nom de « Nouvel ordre mondial ».
- La « gouvernance globale » comme piège : Cette oligarchie exigerait la mise en place d’un gouvernement mondial placé au-dessus du suffrage citoyen. Elle utiliserait des crises, des famines et des guerres qu’elle aurait elle-même favorisées pour justifier cette autorité supranationale comme l’unique solution aux malheurs du monde.
- Une opposition ontologique : La conclusion oppose deux modèles : une « oligarchie nomade aux procédés sataniques » et des nations enracinées luttant pour leur liberté et leur indépendance. Les articles d’analyse soulignent que cette vision transforme la critique sociale en une véritable « cosmologie » ou « théologie inversée », où chaque événement est interprété comme l’émanation d’un plan de domination unique.
- L’échéance de 2012 : Le texte désigne l’année 2012 comme un seuil critique, marquant soit l’avènement définitif de la dictature de l’Empire, soit le début de la révolte des nations face à leur réduction en esclavage et à la misère.
- L’impasse des forces traditionnelles : L’auteur considère que la résistance est devenue vitale car les anciennes forces de contre-pouvoir (catholicisme, communisme, universalisme français) ont été, selon lui, neutralisées ou ralliées au système impérial.
En résumé, l’ouvrage se termine sur un appel à la résistance nationale radicale contre ce qu’il définit comme un système de spoliation financière mondiale visant à détruire toute souveraineté populaire.
Discussion membre
Discussion et réponses
Connectez-vous pour lire la discussion membre et participer à la conversation autour de ce contenu.
Conversation réservée aux membres
La discussion autour de ce contenu est réservée aux membres connectés. Utilisez l'accès par e-mail sans mot de passe pour lire le fil et publier votre réponse.
Se connecter pour participer