Féeries anatomiques

Illustration artistique de figures anatomiques et mythologiques.
2003 •  Français •  381 pages •  2 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Onfray offre une méditation sur le corps humain dans une perspective matérialiste et hédoniste, réhabilitant la dimension physique et sensible contre l'idéalisme philosophique dominant.

Depuis que les exploits de la biologie génétique ont offert à l'homme moderne les moyens d'infléchir son destin - manipulations, diagnostic prénatal, clonage, etc. - deux attitudes, d'ordinaire, se font face : d'un côté, des " comités d'éthique ", traditionnellement frileux, voire conservateurs, qui tentent de " moraliser " les sciences du vivant ; de l'autre, des docteurs Folamour tout disposés à s'aventurer, à travers le corps humain, vers des expérimentations déraisonnables. C'est pour dénoncer la vanité de cet affrontement, et pour en questionner le socle métaphysique, que Michel Onfray a choisi, avec ce livre, de jeter les bases d'une véritable " bio-éthique libertaire " qui ne manquera pas de séduire - ou de provoquer. De la transgénèse au " sperme numérique ", de l'éloge subtil du clonage à une défense paradoxale de l'euthanasie ou à une attaque en règle des soins palliatifs, d'une réactivation des thèses antiques sur le suicide à une célébration de la chirurgie de la greffe, ce livre définit ainsi un " corps faustien " : déchristianisé, donc post-chrétien, ouvragé par l'artifice, libre et structuré par une énergie vitaliste. Avec ces Féeries anatomiques, Michel Onfray, philosophe résolument " technophile ", soutient que la technoscience n'est pas une catastrophe en soi. Il y développe sa critique radicale des visions idéalistes de la chair. Et son parti pris, iconoclaste mais argumenté, en faveur d'une éthique passionnément hédoniste lance un débat promis au tumulte.

Michel Onfray est un philosophe français né en 1959, auteur d’une œuvre prolifique consacrée au matérialisme hédoniste, à la contre-histoire de la philosophie et à la critique des idéalismes religieux et politiques. Fondateur de l’Université populaire de Caen, il défend une pensée du corps, du plaisir et de la liberté contre les traditions ascétiques héritées du platonisme et du christianisme.

À propos de ce livre

Publié en 2003, Féeries anatomiques — Généalogie du corps faustien propose une bio-éthique libertaire fondée sur le matérialisme hédoniste. Onfray y construit le concept de « corps faustien » : un corps déchristianisé, maître de lui-même, façonné par l’artifice et porté par une énergie vitaliste. Face aux comités d’éthique conservateurs qui moralisent les sciences du vivant à partir de schèmes chrétiens ou platoniciens, Onfray défend une approche résolument technophile et libertaire des grandes questions bioéthiques : avortement, clonage, euthanasie, transgenèse.

Résumé chapitre par chapitre

Le corps faustien : une ontologie matérialiste

Onfray pose les fondements d’une ontologie du corps qui part du vivant et y revient. Le « corps faustien » est celui qui refuse les assignations naturelles imposées par la biologie et la tradition : il s’approprie les technologies pour transformer son destin. Loin du fatalisme naturel ou divin, ce corps vitaliste aspire à l’auto-détermination absolue.

Bioéthique et liberté : de la conception à la mort

Le philosophe passe en revue les grandes questions bioéthiques — avortement, procréation médicalement assistée, transgenèse, xénogreffe, euthanasie, suicide — en montrant que les blocages institutionnels trahissent la persistance d’une pensée chrétienne dans les débats laïques. Il plaide pour une éthique fondée sur l’autonomie individuelle et le droit de chacun à disposer de son corps.

La technoscience comme destin

Contre les peurs irrationnelles suscitées par le clonage ou la manipulation génétique, Onfray défend une vision philosophique de la technoscience : non pas une catastrophe, mais le prolongement du geste faustien de l’humanité pour dépasser ses limites naturelles. La médecine, la génétique et la chirurgie sont les nouveaux arts de sculpter le corps.

Pour une mort vitaliste

Onfray développe une conception tragique mais affirmative de la mort volontaire. Tout individu qui choisit de mettre fin à sa vie exprime une souveraineté ultime sur son existence. Loin d’être un signe de désespoir, l’euthanasie et le suicide éclairé témoignent d’une pleine possession de soi, cohérente avec l’éthique vitaliste défendue tout au long du livre.

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