Histoire de l’Afrique – Des origines à nos jours
Positionnement idéologique
Cet ouvrage propose une exploration complète de l'histoire du continent africain, depuis les premières civilisations jusqu'à nos jours. Il aborde les grandes périodes historiques, les dynamiques politiques, économiques et culturelles qui ont façonné l'Afrique. L'auteur met en lumière les interactions entre l'Afrique et le reste du monde, tout en soulignant les spécificités locales. Il insiste notamment sur l’impact déterminant des transformations climatiques préhistoriques, sur la conquête et l’islamisation de l’Afrique du Nord, sur l’essor des grands empires sahéliens et sur les effets cumulatifs des trois traites esclavagistes. L’analyse se poursuit avec l’impérialisme du XIXe siècle et le partage du continent à Berlin, puis avec la décolonisation rapide après 1960 et les défis posés par des frontières héritées de l’époque coloniale. Enfin, l’ouvrage montre comment, depuis la fin de la Guerre froide, la réaffirmation des identités ethniques et l’importation de modèles politiques occidentaux ont engendré des tensions contemporaines qui structurent encore la vie politique africaine.
Introduction
L’histoire du continent africain est rythmée par des mutations ou des ruptures dont la périodisation diffère de celle de l’histoire européenne. Contrairement à l’Europe, où les grands phénomènes historiques étaient continentaux, en Afrique, ils furent généralement régionaux, à l’exception de la colonisation.
Les ruptures majeures comprennent :
- Les changements climatiques successifs (épisodes secs et humides) qui ont permis l’établissement des populations et expliquent le « miracle » égyptien.
- L’islamisation de l’Afrique du Nord aux VIIe et VIIIe siècles.
- L’entrée de l’Afrique dans les blocs de clientèle de la guerre froide après l’indépendance.
- L’émergence, dans les années 1990, de vrais problèmes (ethniques, historiques, culturels, politiques, religieux) suite à la disparition des blocs et à l’introduction d’une démocratisation qui a mené à l’« ethno-mathématique » et provoqué des troubles et des massacres (comme au Rwanda).
PREMIÈRE PARTIE : L’AFRIQUE DES ORIGINES JUSQU’AU VIe SIÈCLE APRÈS J.-C.
Durant cette période, le climat africain a évolué de manière inexorable vers l’aridité actuelle. Cette tendance explique l’échec de l’expérience néolithique saharienne et la réussite de la révolution égyptienne. Le Sahara, auparavant un carrefour, est devenu une barrière à la suite du processus d’assèchement.
- Chapitre I. L’Afrique jusque vers ± 3 200 avant J.-C.
- Cette période, de l’apparition de l’Homme moderne jusqu’au IVe millénaire av. J.-C., a connu des changements climatiques considérables (alternance d’épisodes chauds/humides et froids/secs) qui ont déterminé la mise en place et la colonisation du continent.
- Le rôle du Front intertropical (FIT) est mis en évidence dans ces changements.
- La période inclut des phases clés comme l’Adaptation nilotique et la Répulsion nilotique (hyper-pluviale), qui ont poussé les populations à recoloniser les déserts qui refleurissaient.
- Chapitre II. L’Afrique du Nord et la Nubie de ± 3200 avant J.-C. jusqu’au VIe siècle après J.-C.
- L’Afrique du Nord connaît une histoire brillante.
- À l’Est, l’Égypte dynastique (puis lagide, romaine et byzantine) développe un continuum civilisationnel exceptionnel par sa durée et son importance. L’histoire de l’Égypte dynastique dure environ trois mille ans et couvre l’Ancien, le Moyen et le Nouvel Empire, ainsi que les Périodes Intermédiaires, et les dynasties étrangères (berbères, nubiennes).
- À l’Ouest, le monde berbère se constitue en États au moins dès le VIe siècle av. J.-C..
- Toute l’Afrique du Nord est intégrée à la matrice euro-méditerranéenne avec la conquête romaine, jusqu’à la conquête arabo-musulmane.
- Chapitre III. L’Afrique sud-saharienne de ± 2500 avant J.-C. au VIe siècle après J.-C.
- Cette période traite des conséquences déterminantes de l’Aride post-néolithique (autour de 2500 av. J.-C.).
- L’actuel Sahel devient une zone de refuge, abritant des noyaux de forte concentration humaine, de l’Atlantique au lac Tchad.
DEUXIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DU VIIe JUSQU’AU XVe SIÈCLE
Cette période voit la conquête arabe, suivie de l’islamisation et de l’arabisation de l’Afrique du Nord. L’islamisation berbère connaît un immense rayonnement sous les Almoravides, les Almohades et les Fatimides.
- Chapitre I. L’Afrique du Nord aux VIIe et VIIIe siècles
- La conquête arabe se déroule rapidement en Égypte (640-646).
- La conquête du Maghreb (644-750) fut plus complexe et marquée par la résistance berbère (Koceila, Kahina).
- Un traité de non-agression (bakt) est conclu avec la Nubie en 652 en échange d’un tribut annuel en esclaves noirs.
- Chapitre II. L’Afrique du Nord du IXe au XVe siècle
- L’Égypte passe sous le contrôle successif des Toulounides (turcs), des Fatimides (installés par des Berbères de Kabylie) et enfin des Mamelouks.
- Au Maghreb, la période est d’abord marquée par la dislocation (incapacité des Zirides à s’imposer).
- L’Ouest voit ensuite la réunification provisoire de l’ensemble du Maghreb par les Berbères almoravides puis almohades.
- Chapitre III. L’Afrique sud-saharienne du VIIe siècle au XVe siècle
- Cette période est celle de la poussée musulmane dans la haute vallée du Nil, et de la confrontation entre l’Éthiopie chrétienne et les principautés musulmanes du littoral.
- De grands États se constituent dans le monde sahélien (Ghana, Mali, Songhay, Kanem-Bornou).
- On observe de vastes migrations en Afrique de l’Ouest atlantique.
- L’émergence de la « civilisation de la vache et de la lance » dans la région interlacustre (Kitara, puis Rwanda).
- Le rayonnement de la civilisation arabo-swahili sur l’océan Indien et l’essor de Zimbabwé puis du Monomotapa en Afrique australe.
TROISIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DU XVe SIÈCLE JUSQU’AU XVIIIe SIÈCLE
Cette période est marquée par de grandes mutations dans toute l’Afrique.
- Chapitre I. L’Afrique aux XVe et XVIe siècles
- La montée en puissance des Turcs Ottomans qui conquièrent Constantinople (1453) et menacent la Méditerranée, avançant vers l’Ouest pour prendre l’Espagne en tenaille, mais butant sur la résistance du Maroc.
- Fin du sultanat mamelouk et reprise du contrôle de l’Égypte par les Ottomans.
- Les Portugais s’installent sur le littoral marocain, mais sont vaincus par les Saadiens à la bataille des Trois Rois (1578).
- Chapitre II. L’Afrique sud-saharienne du XVIe au XVIIIe siècle
- Apparition de nouveaux États sur les ruines du Mali et du Songhay (Sahel).
- La conquête du Songhay par le Maroc (1591) et la création du Pachalik du Soudan.
- L’Éthiopie traverse une période de fragmentation (Période des Princes).
- L’expansion des Funj au Soudan (Sennar).
- En Afrique australe, la compétition entre KhoiSan, Nguni et Sotho est perturbée par l’insertion des Hollandais (1652).
- Chapitre III. L’Afrique du Nord au XVIIe et XVIIIe siècle
- Période d’anarchie en Égypte (luttes intestines des Mamelouks).
- Les possessions turques de Tunis et d’Alger ne dépassent pas le stade de la cité-État.
- Le Maroc connaît un nouvel essor avec l’accession des Alaouites au pouvoir.
- Chapitre IV. Les traites esclavagistes
- L’Afrique est victime de trois traites : la traite interne (inter-africaine), la traite arabo-musulmane (du VIIIe siècle à la colonisation) et la traite atlantique (XVIe au XIXe siècle).
- La traite interne est très peu documentée.
- La traite arabo-musulmane est caractérisée par les massacres liés à la castration des garçons pour en faire des eunuques.
- Concernant la traite atlantique, les Africains furent des acteurs, et les profits réalisés n’expliquent pas la révolution industrielle européenne.
QUATRIÈME PARTIE : L’AFRIQUE AU XIXe SIÈCLE : 1800-1884
- Chapitre I. L’Afrique du Nord de 1800 à 1880
- L’expédition de Bonaparte (1798-1801) précipite l’évolution de l’Égypte vers un État national.
- Méhémet Ali recueille l’héritage de Bonaparte, étendant l’influence égyptienne au Soudan.
- La Régence turque d’Alger passe sous souveraineté française après la conquête (1830).
- Le Maroc (sous l’Empire chérifien) et la Régence de Tunis traversent une crise profonde.
- Chapitre II. L’Afrique sud-saharienne de 1800 à ± 1880
- Poussée expansionniste de l’Islam (les Jihads au Sahel, l’empire de Sokoto, l’empire Toucouleur d’El Hadj-Omar).
- Le commerce licite (huiles végétales) se substitue à la traite des esclaves sur le littoral ouest africain.
- Formation de solides structures étatiques en Afrique centrale (empire de M’Siri).
- Confrontation en Afrique australe entre les Nguni, les Sotho et les Boers (Mfecane, expansion Zulu sous Shaka, Grand Trek).
- Les explorations des sources du Nil se multiplient (Livingstone, Baker).
CINQUIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DE 1885 À 1914
C’est la période de la « Course au clocher » (Scramble for Africa), avec un partage organisé lors de la Conférence de Berlin (1884-1885) et concrétisé par des accords bilatéraux.
- Chapitre I. La Grande-Bretagne en Afrique
- Politique d’expansion priorisant les carrefours maritimes et les espaces pour les colonies de peuplement.
- Établissement de la Rhodésie par Cecil Rhodes.
- La fin des Républiques boers (Raid Jameson, Guerre des Boers 1899-1902).
- Conquête du Soudan (défaite du Mahdisme).
- Chapitre II. La France en Afrique
- L’expansion française se fait malgré l’absence de nécessité économique immédiate.
- Débat colonial entre Jules Ferry (pour l’expansion économique, philosophique et politique) et Georges Clemenceau (anti-colonialiste).
- Conquête de l’Ouest africain (poussée Ouest-Est vers le haut-Niger et la boucle, destruction des empires musulmans comme Samory).
- Conquête du Tchad (jonction des missions venues du Niger, Congo et Algérie) et la défaite de Rabah.
- La crise de Fachoda (1898) avec la Grande-Bretagne, résolue par un accord qui laisse le Maroc à la France en échange du Bahr el-Ghazal.
- Établissement du Protectorat au Maroc (après la Convention d’Agadir, 1911).
- Chapitre III. L’Allemagne et l’Afrique
- Acquisition de colonies (Togo, Kamerun, Est Africain, Sud-Ouest Africain).
- Caractérisé par des guerres coloniales particulièrement brutales, notamment l’ordre d’extermination (Vernichtungsbefehl) contre les Herero et Nama.
- Implantation dans la région interlacustre (Rwanda, Burundi).
- Chapitre IV. Les autres nations coloniales (Belgique, Portugal, Italie et Espagne)
- Belgique: Création de l’État Libre du Congo (EIC) par Léopold II, puis reprise par la Belgique (1908).
- Italie: Possession de l’Érythrée et de la Somalie, défaite d’Adoua (1896).
- Portugal: Conservation de l’Angola et du Mozambique.
SIXIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DE 1914 À 1945
Cette période s’étend de l’apogée de la colonisation à sa mort annoncée.
- Chapitre I. Le premier conflit mondial
- L’Afrique est un enjeu militaire (Canal de Suez).
- Résistance inégale des possessions allemandes : rapide occupation du Togo et du Sud-Ouest africain, mais résistance prolongée en Afrique orientale par le général von Lettow-Vorbeck.
- Conséquences : Le système des « Mandats » de la Société des Nations est inventé pour partager les dépouilles allemandes.
- Chapitre II. L’Afrique de 1919 à 1939
- La décolonisation est déjà en marche.
- L’Égypte et la Libye sont marquées par la montée des nationalismes arabes.
- La Guerre du Rif (1921-1926) menée par Abd el Krim contre l’Espagne et la France.
- L’Italie conquiert l’Éthiopie (1935-1936).
- Développement des revendications nationalistes (panafricanisme dans le monde anglophone, mouvement littéraire dans le domaine français).
- Chapitre III. Le second conflit mondial et ses conséquences
- L’Afrique est un enjeu stratégique (Suez).
- Le débarquement allié en Afrique du Nord (Opération Torch, 1942) conduit l’Armée d’Afrique à rejoindre les Alliés.
- Le conflit provoque une mutation profonde, car les vainqueurs (USA, URSS) remettent en cause le principe même de la colonisation. La France maintient une attitude rigide (Conférence de Brazzaville 1944 rejetant toute idée d’indépendance).
SEPTIÈME PARTIE : LES DÉCOLONISATIONS
La décolonisation s’est déroulée très rapidement, en une décennie environ.
- Chapitre I. La décolonisation française
- Décolonisation vue comme une nécessité économique et politique par la France, et non imposée militairement (sauf en Indochine).
- Maghreb : Indépendance de la Tunisie et du Maroc en 1956. L’Algérie est une « déchirure » : la radicalisation des positions mène à l’insurrection (1954) et aux Accords d’Évian (1962).
- Afrique subsaharienne : Passage de l’Union française (1946) à la Communauté française (1958). Année des indépendances : 1960.
- Chapitre II. La décolonisation britannique
- Processus géré politiquement (le « génie du decrescendo »).
- Transfert de pouvoir en Afrique de l’Ouest (Ghana, Nigeria).
- Révolte du Mau-Mau au Kenya (1952-1956), qui accélère néanmoins l’accès à l’indépendance.
- Chapitre III. Les autres décolonisations
- Belgique : Décolonisation rapide et traumatique du Congo (1960), suite à la pression nationaliste.
- La Révolution rwandaise (1959) : la Belgique abandonne le rôle d’arbitre pour soutenir la révolution hutu contre la monarchie tutsi, conduisant aux massacres de 1959 et à l’indépendance en 1962.
- Portugal : Maintien du statu quo colonial jusqu’à la révolution portugaise (1974), menant aux indépendances en 1975.
HUITIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DE 1960 À 2020
- Chapitre I. L’Afrique entre blocages, débats et mutations
- Les conflits post-indépendance sont largement attribués au « péché originel » des découpages coloniaux arbitraires, forçant des peuples rivaux (anciens esclavagistes contre victimes) à vivre ensemble (Biafra, Soudan, Tchad).
- Analyse critique de la croissance économique (souvent basée sur les matières premières) et de l’inefficacité des organisations panafricaines comme l’Union africaine.
- Chapitre II. L’Afrique du Nord
- Égypte : Succession de crises (révolutions de 2011-2013) et affirmation du pouvoir militaire après une brève tentative de confiscation par les Frères musulmans.
- Libye : Le régime de Kadhafi (basé sur une recomposition tribale et un interventionnisme saharo-africain) s’effondre en 2011, laissant le pays dans l’anarchie et la guerre civile (Haftar contre GUN).
- Tunisie : La Révolution de 2011 (Révolution de jasmin) mène à une confrontation entre laïcisme et islamisme (Ennahdha).
- Algérie : Période de pouvoir militaire, de gabegie économique et de confrontation sanglante avec l’islamisme radical (Guerre civile de 1992).
- Maroc : La monarchie se maintient sous Hassan II et Mohammed VI, assurant une relative stabilité et gérant la question du Sahara.
- Chapitre III. L’Ouest africain atlantique de 1960 à 2020
- Traversé par des guerres civiles à base ethnique (Sierra Leone, Liberia) et des crises identitaires (Côte d’Ivoire : Ivoirité, coup d’État, guerre civile).
- La géopolitique régionale est marquée par la coupure Nord-Sud (monde sahélien ouvert contre monde forestier littoral).
- Chapitre IV. L’espace saharo-sahélien
- Domaine de l’islamique radicale qui sert souvent d’alibi à l’expansionnisme économique ou politique.
- Les frontières artificielles post-coloniales ont créé des conflits en opposant les nomades du Nord (anciens esclavagistes) aux sédentaires du Sud.
- Conflits au Mali : l’irrédentisme touareg (MNLA) est opportunément rejoint par l’islamo-jihadisme (2012).
- Le Tchad est historiquement divisé entre le Nord (nomades) et le Sud (sédentaires), entraînant des guerres intestines complexes, souvent entre clans du Nord (Habré, Déby Itno, etc.).
- Chapitre V. Le golfe de Guinée
- Région dominée par le Nigeria, confronté à des tensions internes (Boko Haram, conflits religieux et ethniques).
- Le Cameroun, État pivot, est divisé par le séparatisme anglophone et la menace fondamentaliste au Nord.
- Les autres pays (Congo-Brazzaville, Gabon) connaissent des vicissitudes politiques et une influence militaire.
- Chapitre VI. La Corne de l’Afrique
- L’Éthiopie (Hailé Sélassié Ier) : centralisation au profit de l’ethnie Amhara (hégémonie politique et religieuse).
- L’effondrement impérial (1974) mène au régime militaire-marxiste (Derg) et à de longues guerres civiles.
- Le pays adopte une Constitution ethno-fédérale en 1991 pour tenter d’éviter le démembrement.
- Tensions permanentes avec l’Érythrée.
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