L’Imposture décoloniale

Couverture de L'Imposture Décoloniale de Taguieff
2020 •  Français •  352 pages •  3 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Pierre-André Taguieff y dénonce avec vigueur le décolonialisme comme une imposture idéologique qui racialise les rapports sociaux, essentialise les identités et promeut un pseudo-antiracisme anti-Blancs, tout en attaquant frontalement l’universalisme républicain, la laïcité et les savoirs « occidentaux » au nom d’un relativisme victimaire et communautariste. L’ouvrage s’inscrit dans une critique systématique des dérives gauchistes culturelles, de l’islamo-gauchisme et des mémoires victimaires instrumentalisées, en défendant une approche rationaliste et républicaine contre l’extrémisme identitaire contemporain. Taguieff lui-même le présente comme une mise en garde contre la « maladie sénile de la gauche intellectuelle », positionnant le livre dans le champ des analyses conservatrices et anti-woke.

L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamo-gauchistes, indigénistes… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur.

Pierre-André Taguieff propose dans L’Imposture décoloniale. Science imaginaire et pseudo-antiracisme une critique virulente et documentée du décolonialisme (ou « pensée décoloniale »), qu’il considère non pas comme une théorie scientifique ou un mouvement de justice sociale, mais comme une imposture idéologique de grande ampleur.

Selon lui, ce courant :

  • Racialise les rapports sociaux et politiques en essentialisant les identités (« Blancs » = dominants/oppresseurs ; minorités racisées = victimes éternelles).
  • Se présente comme un « antiracisme » tout en inversant les logiques racistes (racisme anti-Blancs, essentialisme racial inversé).
  • Attaque les savoirs « occidentaux » au nom d’un « savoir situé » subalterne, tout en manquant cruellement de rigueur scientifique (d’où « science imaginaire »).
  • S’appuie sur des mémoires victimaires instrumentalisées, des communautarismes exclusifs et une rhétorique de la haine ou du ressentiment.
  • Conduit à des pratiques concrètes : censure, « déboulonnages » de statues, inquisitions militantes, attaques contre la laïcité, la liberté académique et l’universalisme républicain.

Taguieff retrace la généalogie du phénomène (postcolonialisme → décolonialisme radical, influences américaines, tiers-mondisme, gauchisme culturel, islamo-gauchisme). Il le situe dans un nouvel espace d’extrémisme politique où se mêlent gauchistes violents, indigénistes, néoféministes et islamistes masqués.

L’ouvrage défend, en contrepoint, un antiracisme universaliste inspiré des Lumières et de la tradition républicaine française, contre les dérives identitaires et essentialistes. Il s’agit d’un état des lieux alarmé, analytique et polémique, visant à démasquer ce que l’auteur voit comme une menace pour les valeurs démocratiques et scientifiques.

Le ton est incisif, avec de nombreuses références historiques, philosophiques et sociologiques. Le livre ne se contente pas de dénoncer : il dissèque les mécanismes rhétoriques, les postulats implicites et les conséquences pratiques du décolonialisme.

Le livre ne suit pas toujours une division rigide en grands chapitres numérotés avec titres explicites dans toutes les recensions (il comporte de nombreuses sections et sous-parties). Voici la structure principale reconstituée à partir des analyses disponibles :

Introduction / Partie liminaire

Taguieff pose le cadre avec une citation de Camus sur la justice entre « clameurs de la haine » et « mauvaise conscience ». Il décrit l’imprégnation décoloniale dans les débats publics français, ses manifestations (censure, déboulonnages, racialisation des questions sociales) et annonce sa thèse centrale : le décolonialisme est une imposture qui menace les approches scientifiques et les valeurs républicaines.

Premières parties : État des lieux et description des phénomènes

  • Analyse des discours et pratiques « décoloniaux » contemporains en France et ailleurs (universités, militantisme, médias).
  • Exemples concrets : essentialisation des identités minoritaires, communautarismes, disqualification des savoirs « blancs » ou « occidentaux », émergence d’un « antiracisme » qui cible les « Blancs ».
  • Description d’un nouvel extrémisme politique : « antiracistes » racistes, islamo-gauchistes, groupuscules agissant comme des tribunaux d’inquisition.

Parties centrales : Analyse critique et déconstruction des concepts
Taguieff démonte point par point les postulats du décolonialisme :

  • La racialisation systématique des rapports sociaux (tout est ramené à une opposition dominants/dominés raciaux).
  • Le « savoir situé » et la critique des sciences « eurocentrées » comme forme de relativisme épistémologique anti-scientifique.
  • Le passage d’un antiracisme universaliste (contre les préjugés) à un antiracisme identitaire et victimaire.
  • Les mécanismes de culpabilisation collective (« République blanche », « privilège blanc ») et d’inversion accusatoire.

Parties généalogiques

  • Retracer les origines et les influences : postcolonial studies (Said, Spivak, Bhabha), subaltern studies, théories critiques américaines (Critical Race Theory, etc.), tiers-mondisme, gauchisme culturel post-1968, et ses métamorphoses récentes (islamo-gauchisme).
  • Taguieff montre comment le postcolonialisme « soft » a radicalisé en décolonialisme militant et anti-universaliste.

Parties conclusives / Perspectives

  • Synthèse sur l’« imposture de grande ampleur » : absence de scientificité, caractère militant et pseudo-antiraciste.
  • Appel à une discussion sérieuse fondée sur la raison, contre le ressentiment et les mémoires victimaires vindicatives.
  • Défense implicite d’un universalisme républicain capable de distinguer justice et idéologie.

Le livre alterne analyses conceptuelles, exemples concrets (manifestations, débats universitaires, slogans militants) et références théoriques. Il est écrit dans un style clair et engagé, avec de courtes sections qui facilitent la lecture.

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