Instinct primaire
Positionnement idéologique
Comment un petit blanc de la France périphérique est-il devenu un champion international de développé couché et une star du YouTube francophone après avoir été videur à Paris et petit voyou des stades ? Dans ce livre brutal mais sincère, sauvage mais authentique, viril mais réfléchi, Baptiste Marchais livre sans détours les secrets d’une vie qui aurait sûrement dû être banale et « comme tout le monde », mais qui a changé radicalement sa destinée grâce au sang, à l’abnégation, aux sacrifices, au culte de la force et, surtout, grâce au désir ultime et absolu de toujours demeurer libre. Le récit emmène du Val-d’Oise aux vastes espaces du Texas, de la vie urbaine à la chasse en Russie, et propose des leçons pour la vie et l’avenir du pays.
Baptiste Marchais est un personnage difficile à classer dans le paysage intellectuel et culturel français contemporain. Champion international de développé couché, ancien videur dans les boîtes de nuit parisiennes, chasseur en Russie et au Texas, créateur de la chaîne YouTube Bench & Cigars suivie par plusieurs centaines de milliers d’abonnés, il incarne une figure de masculinité traditionnelle et assumée qui tranche radicalement avec les normes dominantes de la culture médiatique française. Né dans les années 1980, fils d’un enseignant et petit-fils d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale, il grandit dans un milieu de classe moyenne en Val-d’Oise et dans l’Oise, catholique non pratiquant, nourri des valeurs de l’effort, du travail et de la dignité personnelle.
Sa trajectoire est celle d’un homme qui a décidé très tôt de prendre sa vie en main en refusant les voies balisées par la modernité confortable — les études supérieures, le salariat, la carrière bureautique — pour s’engager dans des expériences extrêmes qui l’ont forgé physiquement et moralement. La salle de sport devient son temple, le sport de force son religion laïque, les voyages en terres sauvages ses pèlerinages. De la banlieue parisienne aux espaces infinis du Texas, des nuits sordides dans les clubs de la capitale aux forêts russes où il chasse, Marchais a construit une existence qui ressemble à un roman d’aventures autant qu’à un manifeste philosophique sur la condition masculine.
Sa chaîne YouTube, qu’il anime avec une franchise et une virilité assumées que ses fans saluent et que ses détracteurs condamnent, lui a permis de constituer une communauté importante de jeunes hommes en quête de modèles alternatifs à ceux que la culture progressiste leur propose. Instinct primaire est le prolongement naturel de cette démarche : un livre qui dit ce que YouTube ne lui permet pas toujours de dire, avec la plénitude et la profondeur que le format écrit autorise.
À propos de ce livre
Publié le 30 septembre 2023 aux Éditions du Royaume, Instinct primaire est à la fois une autobiographie, un témoignage et un essai de philosophie pratique sur la vie d’homme. En 188 pages d’une écriture directe, sans fioritures ni concessions au politiquement correct, Baptiste Marchais raconte comment il a transformé sa vie en s’appuyant sur quelques principes simples mais exigeants : le culte de la force physique, l’abnégation, le sacrifice, la soif de liberté authentique et un refus viscéral de la médiocrité.
Le livre n’est pas un manuel de développement personnel au sens conventionnel du terme — il ne propose pas de méthodes en sept étapes ni de recettes clé en main pour réussir sa vie. C’est plutôt un témoignage brut, souvent brutal, d’un parcours de vie hors normes, organisé autour de quelques intuitions fondamentales sur ce que signifie être un homme dans un monde qui a de moins en moins de place pour les valeurs viriles traditionnelles. Marchais le dit lui-même : ce livre lui permet de dire tout ce qu’il n’a jamais vraiment pu dire sur YouTube — et c’est considérable.
L’ouvrage s’inscrit dans un courant plus large de littérature masculine de droite qui connaît un renouveau notable depuis les années 2010, avec des auteurs comme Jack Donovan aux États-Unis ou, en France, des figures comme Papacito ou Julien Rochedy. Mais Marchais apporte à ce courant une dimension particulière : celle du vécu physique et concret, de l’homme qui a mis son corps en jeu avant de mettre en mots ses convictions.
Résumé des grandes parties
Les origines : une enfance de la classe moyenne périurbaine
Marchais commence par retracer ses origines avec une honnêteté qui n’idéalise ni ne noircit son passé. Fils d’un enseignant, petit-fils d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale dont il porte l’héritage avec fierté, il grandit dans une France périurbaine que les médias et les élites parisiennes ignorent superbement : celle des pavillons de banlieue, des ronds-points et des centres commerciaux, une France qui n’est ni la misère des banlieues ethniques ni le confort des quartiers bourgeois des grandes métropoles. Cette France du milieu, souvent méprisée, sera précisément celle que le mouvement des Gilets Jaunes révèlera au grand public.
Catholique non pratiquant, il reçoit néanmoins l’empreinte d’une éducation qui valorise le mérite, l’effort et la dignité. Mais très tôt, il perçoit une dissonance entre les valeurs qu’on lui a transmises et le monde dans lequel il grandit — un monde de plus en plus indifférent à la force, à l’honneur et à la virilité, un monde qui récompense la conformité et punit l’excellence. C’est cette dissonance qui le poussera vers la recherche d’expériences extrêmes.
La salle de sport comme école de vie
La découverte de la salle de sport et du développé couché constitue le tournant fondateur de l’existence de Marchais. Ce n’est pas simplement un sport qu’il pratique : c’est une philosophie de vie qu’il embrasse totalement. Le développé couché — l’exercice qui consiste à soulever une barre chargée de la poitrine jusqu’à l’extension complète des bras — est l’un des mouvements les plus exigeants de l’haltérophilie. Il demande des années de pratique acharnée, une discipline alimentaire rigoureuse, une tolérance à la douleur et un mental de compétiteur qui ne s’improvise pas.
Marchais deviendra champion international dans cette discipline, après des années d’entraînement qui l’ont conduit à pousser son corps à ses limites absolues. Mais au-delà de la performance sportive, c’est la philosophie que cette discipline lui a inculquée qu’il veut transmettre : la conviction que le corps est l’expression de la volonté, que chaque kilo supplémentaire sur la barre est une victoire sur soi-même, que la douleur n’est pas un obstacle à contourner mais une condition de la croissance. Cette philosophie de l’effort physique s’oppose frontalement à la culture contemporaine du moindre effort, du confort maximal et de la gratification immédiate.
Le videur : une école de la violence et de l’humanité
Un des chapitres les plus frappants du livre est celui consacré à ses années comme videur dans les boîtes de nuit parisiennes. Marchais y décrit un monde que peu de gens connaissent de l’intérieur : l’économie souterraine de la nuit parisienne, avec ses hiérarchies informelles, ses codes d’honneur, ses violences ritualisées et ses solidarités inattendues. Le travail de videur est l’un des rares métiers modernes où la force physique reste une compétence professionnelle directement valorisée — et où la capacité à gérer la pression, le danger et l’imprévu est une question de survie quotidienne.
Ces années lui ont appris des choses que nulle école ni université n’enseigne : à lire les intentions des hommes dans leurs corps avant même qu’ils parlent, à désamorcer les conflits sans violence quand c’est possible et à les résoudre avec une violence économique et ciblée quand c’est nécessaire, à maintenir sa sérénité dans des situations de chaos et d’agression. Surtout, elles lui ont confronté à une réalité anthropologique que notre culture préfère ignorer : la violence est inscrite dans la nature masculine, et sa canalisation dans des rituels codifiés — le sport, la compétition, la défense — est infiniment plus saine que sa négation ou sa répression.
Le Texas : rencontre avec l’Amérique profonde
Le séjour au Texas constitue un autre chapitre majeur du livre et de la vie de Marchais. Il y découvre une Amérique que les médias français méconnaissent ou caricaturent : celle de la ruralité, des grandes propriétés, des hommes qui savent chasser, construire, réparer et se débrouiller par eux-mêmes. Le Texas de Marchais n’est pas celui de Dallas ou Houston, des grandes métropoles libérales qui ressemblent à toutes les grandes métropoles mondiales. C’est celui des petites villes, des ranches, des traditions qui résistent à la modernisation.
Il y trouve des hommes qui ont conservé ce qu’il appelle l’instinct primaire — cette connexion à la réalité physique du monde, à la nécessité de chasser pour se nourrir, de travailler le bois et la terre, de confronter la nature dans ce qu’elle a de plus rude et de plus magnifique. Cette confrontation avec une Amérique traditionnelle et virile nourrit sa réflexion sur ce que la France et l’Europe ont perdu dans leur course à la modernité, au confort et à l’égalitarisme.
La Russie : chasse et spiritualité dans les forêts du Nord
Les séjours de chasse en Russie constituent peut-être les passages les plus lyriques du livre. Marchais y décrit des expéditions dans des forêts immenses, loin de toute civilisation moderne, où l’homme est réduit à l’essentiel : trouver sa nourriture, supporter le froid, naviguer dans des espaces sauvages qui n’ont pas changé depuis des siècles. Ces expériences sont vécues comme des révélateurs : elles mettent à nu ce qu’il y a d’essentiel dans l’homme, ce qui subsiste quand on retire les couches de confort, de divertissement et de sécurité que la modernité nous a offertes.
La chasse n’est pas simplement un loisir pour Marchais : c’est une pratique spirituelle, un moyen de se reconnecter à la chaîne du vivant, d’assumer la réalité de la mort et de la prédation que notre alimentation industrielle nous dissimule soigneusement. Les prières qu’il évoque dans ces pages surprennent le lecteur qui attendrait un discours purement matérialiste sur la force et la domination : Marchais est un homme qui prie, qui reconnaît une dimension transcendante dans l’expérience de la nature sauvage, qui n’a pas rompu avec la composante spirituelle de son héritage catholique même s’il ne l’exprime pas dans les termes de la catéchèse.
La philosophie de l’instinct primaire
Dans la partie la plus philosophique du livre, Marchais articule ce que signifie, selon lui, l’instinct primaire dont il a fait le titre de son ouvrage. Il ne s’agit pas d’un appel au retour à la barbarie ni d’un rejet de la civilisation : c’est une invitation à ne pas oublier ce que nous sommes biologiquement et anthropologiquement, à ne pas croire que l’humanisme libéral contemporain a aboli la nature humaine en la déclarant infiniment malléable.
L’instinct primaire, c’est la pulsion vers la force, vers la liberté, vers la connexion au réel brut. C’est la résistance viscérale à la domestication, à l’enfermement dans des rôles préfabriqués, à l’acceptation passive de conditions d’existence qui étouffent la vitalité. C’est la conviction que l’homme est fait pour agir, chasser, combattre, explorer, construire — et que toute société qui lui ôte ces possibilités le diminue en profondeur, quelles que soient les compensations matérielles qu’elle lui offre en échange.
La création de Bench & Cigars : un projet culturel
Un chapitre est consacré à la genèse et au développement de la chaîne YouTube Bench & Cigars, que Marchais décrit non comme un simple projet de divertissement mais comme un projet culturel délibéré. Il a compris très tôt que le paysage médiatique et intellectuel français était pauvre en modèles masculins positifs qui assument la virilité, la force et les valeurs traditionnelles sans s’excuser. Sa chaîne est une tentative de combler ce vide, de créer un espace où les jeunes hommes peuvent trouver des références, des récits et des perspectives qui leur ressemblent.
Ce chapitre permet aussi à Marchais de réfléchir sur les limites et les contraintes du format YouTube — les algorithmes, la modération, l’autocensure induite par la menace de démonétisation — et sur ce que le livre lui permet de dire que YouTube ne lui permet pas. La liberté du livre est totale : pas d’algorithme à satisfaire, pas de règles de contenu à respecter, pas de risque de déplateforme.
Thèses centrales et portée
Au fond, Instinct primaire est une méditation sur la crise de la masculinité dans les sociétés occidentales contemporaines. Marchais diagnostique une pathologie culturelle profonde : nous avons créé des sociétés qui offrent à l’homme le confort maximum et l’exigence minimum, qui ont éliminé les rites de passage, les épreuves formatives et les espaces de virilité légitime. Le résultat est une génération d’hommes désorientés, qui cherchent dans les drogues, les jeux vidéo ou la violence gratuite des substituts aux défis authentiques dont ils ont été privés.
La réponse de Marchais n’est pas politique au sens étroit du terme — il n’appartient à aucun parti et ne propose pas de programme électoral. Elle est existentielle : reprends ton corps en main, confronte-toi à la douleur et à l’effort, cherche des expériences qui mettent à l’épreuve ce que tu es vraiment, ne délègue pas à l’État ou à la société la responsabilité de ta formation. C’est un message de responsabilité individuelle radicale, dans la tradition stoïcienne autant que dans celle du conservatisme populaire.
Réception
Instinct primaire a été très bien reçu par la communauté qui suivait déjà Baptiste Marchais sur YouTube, qui y a trouvé l’approfondissement attendu de sa pensée. Des lecteurs extérieurs à cette communauté ont salué la qualité du témoignage et la sincérité du propos, même en étant parfois mal à l’aise avec certaines positions de l’auteur. Quelques critiques ont reproché au livre son format relativement court et un côté parfois pamphlétaire. Mais l’ensemble constitue un document culturel précieux sur un type d’homme que la France contemporaine ne sait plus très bien qu’elle produit encore.
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