La messe n’est pas dite
Positionnement idéologique
Tugdual Derville, figure engagée de la défense de la vie et militant catholique, propose dans cet essai une réflexion approfondie sur le sens du sacré dans la société contemporaine. À rebours des discours dominants qui confinent la foi à la sphère privée, Derville interroge la place que nos sociétés sécularisées accordent — ou refusent — au transcendant. Il explore comment le recul du religieux dans l'espace public génère un vide spirituel que les sociétés modernes tentent de combler par des substituts souvent décevants : consumérisme, idéologies politiques messianiques ou quêtes de sens individuelles. Partant de l'observation que la messe, pour beaucoup, n'est plus dite — au sens propre comme figuré — Derville s'interroge sur les conditions d'un renouveau spirituel authentique qui ne soit pas simple nostalgie réactionnaire ni compromis avec les modes du temps. Son analyse croise philosophie politique, anthropologie chrétienne et témoignage pastoral, offrant une réflexion équilibrée qui reconnaît les acquis de la modernité tout en identifiant ses manques fondamentaux. L'essai constitue une invitation à rouvrir le débat sur la transcendance comme condition d'une vie humaine pleinement accomplie.
Il s’agit d’un court essai intitulé « La messe n’est pas dite », sous-titré « Pour un sursaut judéo-chrétien », écrit par Éric Zemmour. L’auteur y explore les menaces existentielles pesant sur l’Europe, le rôle central du christianisme dans la formation de l’identité occidentale et la nécessité d’une alliance identitaire entre Juifs et Catholiques pour faire face à l’islamisation et au nihilisme woke.
Voici un résumé structuré de l’essai, basé sur les chapitres présentés dans la table des matières :
Contexte personnel et genèse de l’essai
L’auteur, qui n’est « ni catholique ni même chrétien » et a été élevé dans la tradition juive, explique s’être rapproché du catholicisme par la littérature (notamment Blaise Pascal) et par l’histoire de France. Il défend le catholicisme parce qu’il est patriote, au nom de l’intérêt national, car « Entre le catholicisme et notre civilisation, on ne peut plus distinguer ». Il affirme que « Le christianisme a fait la France » et que « La France sans le christianisme n’est plus la France ». L’idée d’écrire cet essai lui est venue après avoir été invité à répondre à la question : « Comment sauver le catholicisme en Europe ? ».
1. L’Europe est mortelle
L’essai commence par la prophétie de Georges Bernanos : « La chrétienté a fait l’Europe. La chrétienté est morte. L’Europe va crever ». Près d’un siècle après, cette prophétie est saisissante, alors que le christianisme est en déclin en Europe, persécuté ailleurs (Afrique, Asie, Moyen-Orient). Les églises vides semblent une « proie tentante pour les mosquées pleines ». L’auteur critique le Pape François pour son dédain de l’Europe et sa complaisance envers l’immigration musulmane, suggérant qu’il semble accepter l’islamisation, n’espérant plus qu’une « douce dhimmitude » pour la minorité catholique.
2. Foi et loi
L’auteur explore la relation entre le judaïsme (la mère) et le christianisme (la fille), un conflit qui ne cesse de hanter le christianisme. La « grande révolution » du christianisme, portée par Saint Paul, est d’avoir fait primer la Foi sur la Loi. Le judaïsme est la religion de la Loi, qui « n’exige pas la foi pour être respectée ». Le christianisme, en revanche, a favorisé une « foi personnelle intérieure ». L’islam est présenté comme un monothéisme sémitique « pur » mais « le plus dur » (Voltaire), basé sur la « soumission » (sens du mot islam), où la Loi (charia) est impérieuse, ne laissant aucune place à une loi laïque. Il est « l’union indiscernable du spirituel et du temporel ».
3. Naissance de l’individu
L’individu occidental est considéré comme le « pur produit du christianisme ». L’accent mis sur le salut de l’âme individuelle et la liberté de croire (même face à l’Empereur) a forgé cette distinction entre la conscience individuelle et les lois de la cité. L’Église catholique a joué un « rôle grandiose » en organisant et en ordonnant cette société naissante d’individus, lui donnant son unité culturelle et ses « formes » (art, droit, politique, architecture). Cependant, cet individu, une fois émancipé, s’est rebellé contre la tutelle de l’Église, menant à la laïcisation et à l’émergence de la science et de la raison.
4. Tous coupables
Les sociétés occidentales souffrent d’un sentiment de culpabilité : la mémoire de la Shoah hante l’Europe, tandis que celle de l’esclavage obnubile les États-Unis. Aux États-Unis, la culpabilité a conduit à la « destruction programmée des “formes” » héritées (humanisme gréco-romain et chrétien), et l’effondrement du protestantisme a mené au wokisme. Le wokisme est une « religion de la culture “woke” et de la justice sociale » pratiquée par de « nouveaux puritains sans Dieu ». L’auteur dénonce l’alliance de fer entre l’islam et le wokisme (l’islamo-gauchisme) qui sert de « machine de guerre à soumettre les élites aux masses islamiques » contre la civilisation occidentale (jugée « de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine »). L’événement du 7 octobre 2023 symbolise la « fin définitive de l’après-guerre » où la colonisation remplace la Shoah comme « nouvelle référence suprême du malheur de l’humanité », le Juif étant devenu un « Blanc ».
5. L’inversion entre le christianisme d’Occident et celui d’Orient
L’Occident chrétien est « désarmé » par son sentiment de culpabilité et son universalisme face à l’invasion migratoire islamique. Historiquement, le christianisme d’Orient, plus pacifiste, fut une « proie offerte à l’islam », tandis que le christianisme occidental, plus combatif, sauva l’Europe (Croisades, résistance à Vienne). Aujourd’hui, la situation est inversée : les peuples d’Europe orientale (Bulgarie, Hongrie, etc.), qui ont souffert sous le joug ottoman, ont développé des « anticorps » et luttent efficacement contre l’immigration musulmane, alors que les élites occidentales sont d’une « ingénuité coupable » et croient à tort au mythe de l’Europe « terre d’immigration ».
6. La grande alliance pour sauver la chrétienté
L’auteur a observé, durant sa campagne présidentielle de 2022, un « espoir naissant » dans la fraternité entre jeunes Juifs et catholiques traditionnels. Beaucoup de Juifs et de catholiques ont pris conscience que leur « alliance peut sauver la France et l’Europe d’une inéluctable et funeste islamisation » face à la menace résumée par le proverbe arabe : « Après le samedi, vient le dimanche ».
Pour y parvenir, il faut contraindre les musulmans à faire leur « mue individualiste et spiritualiste », sur le modèle de ce que Napoléon a imposé aux Juifs pour qu’ils deviennent des citoyens français (respect de la phrase de Clermont-Tonnerre : « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation, et accorder tout aux Juifs comme individus »). Cela implique d’appliquer la « laïcité dans toute sa rigueur », notamment le « devoir de discrétion dans l’espace public » (interdiction du voile à l’université, au travail, dans la rue) et d’interdire la construction de « mosquées cathédrales » pour préserver les « formes » chrétiennes qui ont façonné l’Europe.
7. Rechristianisation de l’Europe
Bien que la rechristianisation soit historiquement difficile, l’auteur note un « frémissement » actuel : la jeunesse (en France et aux États-Unis) revient aux messes de rite traditionnel, cherche un sens, une identité et une discipline. Ce retour est un « réflexe commandé par la peur de disparaître » face au « grand remplacement » et à l’offensive woke. Le christianisme ne peut pas être sauvé seulement par la foi, car elle est intérieure et fragile. Il doit « s’assumer comme une identité » pour défendre son legs culturel, artistique et juridique, car « seule une civilisation conforme à ce qu’elle est » survivra à ce « clash des civilisations ».
L’essai conclut que la « résurrection après une mort » est le mystère de Pâques, espérant que l’Europe trouvera la vigueur et le courage de son passé pour se préserver de l’islamisation.
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