La Raison des sortilèges – Entretiens sur la musique

La Raison des sortilèges – Entretiens sur la musique
2019 •  Français •  162 pages •  2 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Entretiens d'Onfray sur la philosophie de la musique, de Nietzsche aux compositeurs contemporains, le texte est davantage esthétique et autobiographique que politique. Sans thèse idéologique centrale, il reflète la sensibilité hédoniste d'Onfray dans le domaine de l'art, sans engagement partisan marqué.

Il y a des philosophes mélomanes et des philosophes sourds... Quelques-uns seulement ont fait de la musique l’épicentre de leur vision du monde. Deux ou trois ont été compositeurs – Rousseau, Adorno. D’autres, mélomanes, ont écrit sur la musique ou les musiciens. Nietzsche, lui, a réuni ces trois talents. Avec son ami Jean-Yves Clément, Michel Onfray aborde une multitude de questions : y a-t-il une essence de la musique ? Dit-elle quelque chose ? Comment et pourquoi devient-on mélomane ? Quels rapports entretiennent musique et philosophie ? Michel Onfray raconte ses premières expériences, ses rendez-vous manqués, la façon dont il a construit sa culture musicale en autodidacte, avant de travailler aujourd’hui avec des compositeurs contemporains. Il nous confie comment la musique lui a appris à écrire, à composer ses livres...

Michel Onfray (né en 1959) est philosophe, essayiste et fondateur de l’Université populaire de Caen. Mélomane passionné, il conçoit la musique non comme un art de la vérité platonicienne, mais comme l’expression la plus pure de la sensibilité et du corps. Sa pensée hédoniste trouve dans la musique un terrain d’application privilégié : celui d’une jouissance esthétique sans culpabilité ni hiérarchie de genres.

À propos de ce livre

La Raison des sortilèges — Entretiens sur la musique (2019) est le fruit de conversations entre Michel Onfray et le musicologue Jean-Yves Clément. L’ouvrage explore les rapports entre musique, philosophie et sensibilité, dans un format d’entretien qui permet d’alterner réflexions théoriques et expériences concrètes d’écoute. La musique y est envisagée comme un « sortilège » — une expérience irréductible à toute conceptualisation.

Résumé chapitre par chapitre

Prélude : un genre de petite musique

L’ouvrage s’ouvre sur une réflexion sur la nature de la musique comme phénomène primordial de l’existence humaine. Onfray et Clément s’interrogent sur ce qui fait qu’une succession de sons devient musique — et sur pourquoi la musique touche là où les mots ne parviennent pas.

Construction d’une sensibilité musicale

Ce chapitre examine la formation de la sensibilité musicale : comment l’écoute répétée, l’éducation et les émotions vécues forgent un rapport personnel et intime à la musique. Onfray y développe une autobiographie musicale révélant comment ses références philosophiques se lisent aussi à travers ses choix d’écoute.

Plus ou moins de silence dans le son

Exploration du silence comme composante essentielle de la musique : c’est dans ce que la musique ne dit pas, dans les pauses entre les notes, que réside une part de son pouvoir. Ce chapitre dialogue avec la tradition zen et la réflexion de John Cage sur le silence comme matière musicale.

Que dit la musique ?

Onfray et Clément s’interrogent sur le langage spécifique de la musique : peut-elle « parler » au sens propre ? La réponse onfrayenne est non-platonicienne : la musique ne dit pas de vérités, elle éveille des états d’âme, des émotions, des sensations — elle est du côté de la chair, non de l’esprit abstrait.

Pour un hédonisme musical

Onfray défend une jouissance esthétique de la musique sans hiérarchie de genres ni culpabilité culturelle. Ce chapitre s’oppose au puritanisme culturel qui hiérarchise les musiques et inculque la honte de certains plaisirs.

La musique n’est pas un art de la vérité

Conclusion anti-platonicienne : la musique ne recherche pas la vérité mais la beauté, le plaisir et l’émotion. Contre l’idée romantique de la musique comme langage de l’Absolu, Onfray défend une conception matérialiste de l’expérience musicale — un art du corps autant que de l’esprit.

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