La raison gourmande

La raison gourmande
2014 •  Français •  159 pages •  2 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Onfray réhabilite le sensualisme et le matérialisme épicurien, dans une optique d'émancipation personnelle et intellectuelle fondée sur la raison critique.

Parmi les cinq sens, l'olfaction et le goût sont les plus décriés, car ils rappellent avec trop d'insistance que l'homme n'est pas seulement un être qui pense, mais qu'il est aussi un animal qui renifle, sent et goûte. D'où le discrédit jeté sur ces deux sens et ce qu'ils permettent : la gastronomie, l'art de manger et de boire. Or, on peut entendre la gastronomie comme une discipline qui voit le jour après la Révolution française, avec l'effondrement de l'Ancien Régime ; une philosophie du goût n'est pas pensable dans les catégories classiques de la pensée occidentale. Seule une perspective hédoniste permet d'aborder ce sujet d'une manière spécifiquement philosophique. La Raison gourmande se propose de répondre positivement à la question de Nietzsche : y a-t-il une philosophie du goût ? L'ouvrage est composé sur le mode contrapuntique : un chapitre solide, un chapitre liquide. Dom Perignon, Grimod de la Reynière, Brillat-Savarin, Carême deviennent ainsi - avec Leibniz, Descartes et Condillac - les héros de ce livre savant et drôle. Chaque fois, l'auteur s'interroge : quelle est la métaphysique promise par un ragoût ou une cuisson ? Et, inversement : de quelle technique gastronomique s'autorisent les grands systèmes philosophiques ?

Michel Onfray est un philosophe français né en 1959, auteur d’une œuvre vaste consacrée au matérialisme hédoniste. Son projet philosophique vise à réhabiliter le corps, les sens et le plaisir contre les dualismes hérités du platonisme et du christianisme qui ont relégué la chair au rang de l’animalité honteuse.

À propos de ce livre

Publié en 1995, La Raison gourmande — Philosophie du goût est l’une des œuvres les plus originales d’Onfray. Il y entreprend de conférer à la gastronomie et à la table la dignité philosophique qui leur manque. Partant de Brillat-Savarin jusqu’aux manifestes de la Nouvelle Cuisine, Onfray démontre que l’art culinaire est une discipline philosophique à part entière, révélateur d’une vision du monde, d’une éthique et d’une esthétique. La structure du livre est contrapuntique : alternance de chapitres « solides » et de chapitres « liquides ».

Résumé chapitre par chapitre

Brillat-Savarin et la physiologie du goût

Onfray réhabilite Brillat-Savarin, auteur de la Physiologie du goût (1825), comme véritable philosophe de la table. Il élabore une théorie sensorielle de la jouissance gustative qui anticipe les intuitions hédonistes les plus modernes : le plaisir de manger est un acte cognitif, une façon d’être au monde.

Grimod de la Reynière et la critique gastronomique

Figure scandaleuse et précurseure, Grimod de la Reynière est le premier critique gastronomique moderne. Onfray montre comment ce personnage extravagant du XVIIIe siècle a élevé le jugement culinaire au rang d’art, établissant des critères esthétiques rigoureux pour apprécier les mets et les vins.

Le champagne et la philosophie du liquide

Dans les chapitres consacrés aux boissons — vin, champagne — Onfray explore la dimension philosophique du liquide. Le champagne n’est pas seulement une boisson festive : il est le symbole d’un art de vivre qui sublime l’éphémère, transforme le moment présent en œuvre d’art.

La Nouvelle Cuisine comme manifeste philosophique

Onfray lit le manifeste de la Nouvelle Cuisine d’Henri Gault et Christian Millau comme un texte philosophique : légèreté, vérité des saveurs, refus de l’artifice lourd — autant de principes qui résonnent avec l’éthique hédoniste. La cuisine devient ici une philosophie pratique de l’existence.

Gastronomie et mémoire : Noé, premier viticulteur

En remontant aux origines mythiques de la vigne et de la fermentation, Onfray inscrit la gastronomie dans une histoire longue de la civilisation. La nourriture et le vin ne sont pas de simples nécessités biologiques mais des marqueurs d’identité culturelle, des vecteurs de transmission et de mémoire collective.

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