La Sagesse tragique. Du bon usage de Nietzsche
Positionnement idéologique
Un siècle après la mort de Nietzsche, notre époque n’a toujours pas examiné en quoi sa philosophie était porteuse d’immenses révolutions. Entre lui et nous, en effet, s’intercalent plusieurs types de parasites : une sœur qui dénatura son héritage, deux guerres et des idéologies qui brandirent son nom pour servir des causes qu’il aurait, à coup sûr, récusées, et, plus gravement, une impressionnante série de lectures de mauvaise foi et d’interprètes mal intentionnés... Tout ceci contribue à produire de Nietzsche une image fausse, floue, dangereuse – qu’il était urgent, à tous égards, de rectifier. C’est à cette tâche que s’emploie Michel Onfray dans ce texte inédit, qui date de 1988. Pour l’auteur hédoniste du Traité d’athéologie – qui a toujours revendiqué ce que sa réflexion devait au Gai savoir –, il s’agit là d’un formidable exposé du nietzschéisme originel et d’une émouvante « reconnaissance de dette » à l’endroit d’un philosophe majeur. D’où cette « introduction à Nietzsche » dont le ton se veut, à la fois, pédagogique et empreint de gratitude.
Michel Onfray est un philosophe français né en 1959, nietzschéen revendiqué et lecteur passionné de Nietzsche depuis ses années de formation. Son projet philosophique d’ensemble doit beaucoup à la pensée du philosophe de Sils-Maria, dont il s’efforce de réactiver l’héritage contre les récupérations idéologiques et les interprétations de mauvaise foi.
À propos de ce livre
Rédigé en 1988 et publié en édition de poche en 2006, La Sagesse tragique — Du bon usage de Nietzsche est l’un des premiers travaux philosophiques d’Onfray. Il entend corriger les images fausses et dangereuses que l’histoire a projetées sur le philosophe : la récupération nazie orchestrée par sa sœur Elisabeth Förster-Nietzsche, les usages nihilistes ou réactionnaires de son œuvre. Onfray présente Nietzsche comme un philosophe de la vie, de la joie et de l’affirmation, non du ressentiment ou de la violence.
Résumé chapitre par chapitre
Déconstruire les malentendus : Nietzsche et le nazisme
Onfray entreprend de dénouer le nœud entre Nietzsche et le nazisme, montrant comment Elisabeth Förster-Nietzsche a falsifié les archives de son frère pour les mettre au service de l’idéologie pangermaniste. Le Nietzsche authentique est l’ennemi déclaré du nationalisme, de l’antisémitisme et du ressentiment grégaire.
La généalogie de la morale : déconstruction et reconstruction
Suivant le mouvement de l’œuvre nietzschéenne, Onfray expose d’abord la critique — la généalogie qui démasque les morales du ressentiment — avant de présenter la reconstruction positive : le Gai Savoir, l’amor fati, l’éternel retour comme affirmation de la vie contre tout nihilisme.
Nietzsche et la vie comme expérience
Onfray insiste sur la dimension existentielle de la philosophie nietzschéenne : c’est une pensée vécue, portée par les souffrances, les maladies et les joies d’un homme singulier. Cette philosophie incarnée est inséparable de la biographie de son auteur — les voyages, l’amitié avec Wagner, la rupture, la folie finale.
Pour un Nietzsche hédoniste
La conclusion propose une lecture hédoniste de Nietzsche, cohérente avec le projet philosophique d’Onfray : le surhomme n’est pas un conquérant brutal mais un artiste de l’existence, capable de transformer sa vie en œuvre d’art. La sagesse tragique consiste à affirmer le réel dans toute sa dureté, sans espoir métaphysique mais avec une joie indestructible.
Discussion membre
Discussion et réponses
Connectez-vous pour lire la discussion membre et participer à la conversation autour de ce contenu.
Conversation réservée aux membres
La discussion autour de ce contenu est réservée aux membres connectés. Utilisez l'accès par e-mail sans mot de passe pour lire le fil et publier votre réponse.
Se connecter pour participer