Le Grand Remplacement et la Grande Déculturation
Positionnement idéologique
Renaud Camus théorise le concept du Grand Remplacement, affirmant qu'une substitution de population sans précédent transforme radicalement la France et l'Europe. Il soutient que ce processus est facilité par une Grande Déculturation et une érosion du sentiment national au sein des élites et du système éducatif. L'auteur critique vivement ce qu'il nomme l'antiracisme dogmatique, l'accusant d'imposer un silence médiatique et juridique sur la réalité des tensions migratoires. À travers son Parti de l'In-nocence, il propose une vision politique centrée sur la préservation de la civilisation française et une distinction stricte entre citoyens et non-citoyens. Il dénonce enfin un "remplacisme" globalisé qui traiterait les individus comme des pièces interchangeables au détriment des identités culturelles historiques.
Voici la liste des chapitres de l’ouvrage, telle qu’elle figure dans la table des matières des sources :
- Le Grand Remplacement
- La Nocence, instrument du Grand Remplacement
- Que peut être une pensée libre aujourd’hui ?
- Le changement de peuple, entretien pour le Nouvel Observateur
- L’Homme remplaçable
- Adresse à Marine Le Pen (discours du Siel)
- Discours d’Orange
Introduction à la pensée de l’auteur
La pensée de l’auteur s’articule autour d’un concept central qu’il nomme le Grand Remplacement, défini comme le changement de peuple sur un même territoire en l’espace d’une seule génération. Pour l’auteur, ce phénomène représente le bouleversement le plus considérable de l’histoire de France depuis quinze siècles, car il entraîne une substitution de population, de culture et de civilisation.
Cette pensée repose sur plusieurs piliers conceptuels interdépendants :
- La Grande Déculturation : L’auteur soutient que le remplacement de population n’est possible que grâce à un effondrement du système éducatif et à un « enseignement de l’oubli ». Un peuple qui ne connaît plus ses classiques ni son histoire perd sa conscience de soi et ne peut plus résister à sa propre disparition.
- L’Homme remplaçable : Ce concept lie le changement démographique à la mondialisation et à la révolution industrielle. L’auteur affirme que la société produit désormais des individus « interchangeables », désaffiliés et sans héritage, réduits à des unités économiques pour les besoins des multinationales.
- La Nocence comme instrument : L’auteur utilise le terme nocence (nuisance, violence, insécurité) pour décrire ce qu’il considère être le « bras armé » du remplacement. Selon lui, l’insécurité quotidienne pousse les populations autochtones à fuir certains quartiers, facilitant ainsi une forme de « contre-colonisation » territoriale.
- Le Parti de l’In-nocence : Sa réponse politique repose sur l’idéal de la non-nocence (ne pas nuire), qu’il présente comme un contrat social où chaque citoyen s’engage à ne pas déranger ni nuire aux autres afin de préserver la paix civile et la civilisation française.
- Critique de l’Antiracisme Dogmatique : Les sources décrivent l’antiracisme actuel comme un « communisme du XXIe siècle », un pouvoir répressif qui interdirait de nommer la réalité du changement de peuple sous peine de mort civile médiatique.
Pour illustrer sa vision d’un pays qui change d’essence tout en conservant son apparence, l’auteur a recours à la métaphore du couteau de Lichtenberg : c’est un couteau dont on change le manche, puis la lame ; bien qu’il porte toujours le même nom, ce n’est plus, en réalité, le même couteau.
1. Le Grand Remplacement
Le premier chapitre est la restranscription d’une conférence prononcée par Renaud Camus à Lunel en novembre 2010,. Voici les points essentiels qui y sont développés :
Genèse et définition du concept
L’auteur explique avoir conçu l’expression « Grand Remplacement » à Lunel même, en observant que dans de vieux villages de l’Hérault, la population avait radicalement changé en une génération,. Il définit ce phénomène comme le sentiment d’avoir « changé de monde sans être sorti de l’ancien », où la France change de peuple sous l’effet de l’immigration de masse. Il utilise l’analogie du couteau de Lichtenberg pour critiquer la doctrine officielle : on change le manche (la population), puis la lame (la culture), tout en prétendant que c’est toujours le même couteau (le même peuple).
Distinction entre citoyenneté juridique et appartenance culturelle
Camus conteste l’affirmation selon laquelle « personne n’est plus français que qui que ce soit ». Il distingue deux sens au mot français :
- Le sens hermogénien (conventionnel) : une simple nationalité administrative obtenue par un « coup de tampon »,.
- Le sens cratylien (historique) : une appartenance inscrite dans la durée, l’héritage, la langue et une « histoire longuement partagée »,. Il soutient que le droit se fourvoie lorsqu’il contredit la réalité sensible et qu’un peuple ne peut s’agréger à un autre que par la culture et l’amour de la civilisation, et non par la simple présence massive,.
Référence à la pensée gaullienne
L’auteur s’appuie sur des propos du Général de Gaulle pour affirmer que la France est avant tout « un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ». Il cite de Gaulle pour souligner que l’intégration est impossible si la minorité devient trop importante, comparant cela à l’impossibilité de mélanger l’huile et le vinaigre,.
Critique du « mythe » de la France comme pays d’immigration
Camus dénonce ce qu’il appelle les « mensonges énormes » de l’historiographie contemporaine qui prétend que la France a toujours été un pays d’immigration,. Il affirme qu’au contraire, la France est restée un composé « étonnamment stable » pendant quinze siècles, de la chute de l’Empire romain jusqu’à la fin du XIXe siècle,. Pour lui, l’immigration ancienne était individuelle et non de masse, et les vagues actuelles sont une « contre-colonisation »,.
La « Deuxième carrière d’Adolf Hitler » et la censure
L’auteur explique que la défense de l’identité nationale est paralysée par la « reductio ad hitlerum ». Il affirme que l’horreur des crimes nazis a rendu suspects des mots indispensables à la survie de la nation comme « patrie », « racines » ou « héritage »,. Cette culpabilité post-génocidaire laisserait l’Europe sans voix face à sa propre disparition.
La position du Parti de l’In-nocence
Camus précise que son parti refuse de répondre au Grand Remplacement par une hausse de la natalité autochtone, car il prône une décroissance démographique pour des raisons écologiques,. Sa solution repose sur :
- La volonté politique de mettre fin à l’immigration de peuplement,.
- La défense de la culture française comme seul véritable rempart.
- L’invitation faite aux immigrés hostiles à la culture française à regagner leur « véritable patrie »,.
En somme, ce chapitre pose le Grand Remplacement comme la menace la plus grave de l’histoire de France, car elle touche à l’essence même du peuple et de sa civilisation.
2. La Nocence, instrument du Grand Remplacement
Le deuxième chapitre est la retranscription d’un discours prononcé par Renaud Camus en décembre 2010 lors des Assises sur l’islamisation de l’Europe. L’auteur y développe l’idée que l’insécurité n’est pas un simple fait divers, mais un outil politique de conquête territoriale.
Voici les points clés développés dans ce chapitre :
Définition de la « Nocence »
L’auteur utilise le néologisme nocence (du latin nocere, nuire) pour désigner tout ce qui nuit à autrui, à la qualité de vie ou à l’environnement. Elle englobe une large palette de nuisances :
- Les atteintes à la nature et au patrimoine.
- Les « incivilités » quotidiennes (bruit, agressivité, dégradations).
- La violence physique et le crime organisé.
L’idéal politique de l’auteur est l’in-nocence (ou non-nocence), définie comme un pacte social où chacun s’engage à ne pas nuire à autrui pour permettre à tous de s’accomplir pleinement.
La nocence comme « bras armé » du remplacement
Pour l’auteur, la nocence n’est pas un phénomène social ou économique (lié au chômage ou à la pauvreté), mais un instrument de conquête. Il soutient que la violence et l’insécurité servent de « bras armé » au Grand Remplacement de la manière suivante :
- La pression quotidienne : En rendant la vie insupportable par des agressions ou des occupations d’espaces publics (halls d’immeubles), les « nouveaux venus » contraindraient les populations autochtones à partir.
- Le « White Flight » : Ce phénomène de fuite des populations d’origine vers d’autres quartiers permet aux « néo-colonisateurs » de s’assurer l’entière possession d’un territoire.
- Le « ménage militaire » : L’auteur compare cette situation à un nettoyage ethnique ou un « ménage militaire » visant à évacuer les indigènes du terrain.
Critique du système médiatico-politique
Renaud Camus dénonce ce qu’il appelle le « complexe médiatico-politique », qu’il accuse de masquer cette réalité par plusieurs procédés :
- L’euphémisation : L’utilisation de termes comme « jeunes », « quartiers populaires » ou « quartiers sensibles » pour ne pas nommer les zones de non-droit et la violence.
- La séparation des problématiques : Les autorités isoleraient volontairement les questions de délinquance, d’école et de logement du phénomène de l’immigration massive pour éviter qu’une explication globale n’émerge.
- L’impuissance judiciaire : L’auteur affirme que la justice et la police sont paralysées par des traités internationaux et une « mollesse » idéologique, laissant la nation sans défense face à ce qu’il considère être une agression militaire plutôt que sociale.
Le lien avec l’Islam
L’auteur lie l’augmentation de la nocence à ce qu’il appelle la « contre-colonisation » et l’islamisation du territoire. Selon lui, les responsables politiques se trompent en demandant aux autorités religieuses musulmanes de calmer les violences, car l’Islam serait une religion dont la préoccupation première est son propre triomphe et la conquête, où la question des moyens (y compris la violence) est secondaire par rapport à l’extension de son influence.
En résumé, ce chapitre présente la nocence comme une stratégie délibérée ou organique qui, en créant un climat de violence, facilite la substitution de population en forçant les anciens habitants à l’exil intérieur.
Pour l’auteur, la nocence fonctionne comme un moteur de propulsion démographique : elle crée une pression constante qui vide un réservoir (les quartiers d’origine) pour permettre son remplissage par un nouveau liquide (la population remplaçante), transformant ainsi la géographie humaine du pays sans qu’une guerre officielle n’ait été déclarée.
3. Que peut être une pensée libre aujourd’hui ?
Le troisième chapitre reproduit une allocution prononcée par Renaud Camus à l’Assemblée nationale en janvier 2011. L’auteur y développe une critique radicale de la modernité intellectuelle, qu’il perçoit comme un système clos interdisant toute véritable dissidence.
Voici les points fondamentaux de ce chapitre :
La pensée libre comme « absence »
Pour l’auteur, une pensée réellement libre aujourd’hui se définit par son absence du champ public. Il soutient que nous vivons sous le règne de la « classe culturelle unique » (ou « dictature de la petite bourgeoisie »), un système qui n’exclut pas ses opposants mais les intègre de force ou les transforme en « parias » et en « monstres ».
- La pensée libre est dite anatopique (sans lieu) et anachronique (hors du temps présent).
Le « siècle de la camelote » et le présentéisme
L’auteur dénonce une civilisation obsédée par l’immédiat, qu’il qualifie de « siècle de la camelote ». Il déplore que :
- Nous construisions des bâtiments (maisons, lycées) pour qu’ils durent seulement quelques décennies.
- La pensée moderne n’ait plus de passé ; elle traite les grandes figures de l’histoire (Eschyle, Shakespeare) comme des « contemporains » en les traduisant dans la lingua franca (langue commune) du jour, leur faisant dire ce que l’époque veut entendre.
- La pensée libre, au contraire, doit « penser avec les morts ».
Le langage comme outil de perception
Un point central du chapitre est le lien entre la langue et la capacité de réfléchir. Camus affirme que « l’œil ne voit pas ce que l’esprit ne sait pas nommer ».
- L’effondrement syntaxique : Il observe une réduction du « clavier » linguistique (disparition du passé simple, du subjonctif) et l’émergence de tournures impossibles à analyser logiquement, comme le syntagme « sur comment » (ex: s’interroger sur comment va le monde), qu’il voit même chez les élites intellectuelles.
- L’inversion du sens : L’auteur soutient que les mots signifient désormais leur contraire. Par exemple, l’exaltation de « l’Autre » et de la « diversité » ne servirait qu’à produire du « Même », un monde indifférencié et globalisé.
Les instruments de répression : Médias et Pédagogisme
L’auteur identifie deux ennemis principaux de la pensée libre :
- Les médias : Il les définit comme des instruments de l’immédiat, refusant le recul, la syntaxe et la mémoire. Le pouvoir médiatique aurait usurpé les fonctions de police et de justice pour assurer la « mort civile » des déviants.
- Le pédagogisme : À l’instar de la psychiatrie en Union soviétique, le « pédagogisme » serait l’outil démocratique pour traiter l’opposant comme un « enfant mal élevé » ou insuffisamment instruit qu’il convient de rééduquer par la « pédagogie ».
La Grande Déculturation
Toute cette analyse converge vers le concept de Grande Déculturation. L’enseignement de l’oubli et l’hébétude médiatique sont, selon Camus, les conditions nécessaires au Grand Remplacement : un peuple qui ne connaît plus sa langue ni son histoire n’a plus les moyens intellectuels de s’opposer à sa propre disparition.
4. Le changement de peuple, entretien pour le Nouvel Observateur
Le quatrième chapitre est la transcription d’un échange réalisé en août 2011 avec la journaliste Amandine Schmitt. Ce format court permet à l’auteur de synthétiser les piliers de son programme politique et de sa philosophie.
Voici les points détaillés de cet entretien :
La genèse et la philosophie du « Parti de l’In-nocence »
L’auteur explique avoir fondé ce parti en 2002 par « désespoir » de ne pouvoir choisir, au second tour de l’élection présidentielle, entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac, ce dernier n’attachant selon lui aucune importance au « changement de peuple ».
La philosophie du parti repose sur le concept de non-nuisance :
- Le tiret dans « In-nocence » : Il est capital car il distingue l’idéal de « non-nocence » (ne pas nuire) de l’innocence virginale. C’est une aspiration à ne plus nuire à la terre, au territoire, aux biens ou aux personnes.
- Le contrat social : L’auteur prône le principe du « moins pour le plus » : accepter d’être « un peu moins soi-même » (en ne respectant pas seulement ses propres pulsions ou bruits) pour que chacun ait la liberté de s’accomplir pleinement.
Les grandes lignes du programme politique
L’auteur décline plusieurs propositions radicales pour sauver la culture française :
- Éducation : Il souhaite rendre un sens aux diplômes en diminuant le pourcentage de bacheliers pour le rapprocher de 50 %. Il propose une « sécession scolaire » basée sur le volontariat des professeurs, parents et élèves pour garantir un enseignement véritable.
- Immigration et Démographie : Il préconise de mettre fin à toute immigration (sauf exceptions rarissimes) et de supprimer les politiques d’incitation à la natalité.
- Écologie et Territoire : Il veut lutter contre la « banlocalisation » (la transformation du monde en banlieue) en étendant les zones protégées et en interdisant la publicité dans l’espace public.
- Fiscalité : Limiter les prélèvements fiscaux au tiers des revenus et soumettre neuf ménages sur dix à l’impôt sur le revenu (même à taux faible) pour marquer l’appartenance citoyenne.
La définition du « Grand Remplacement »
Interrogé sur ce concept, l’auteur le résume ainsi : « vous avez un peuple et presque d’un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples ». Il affirme que ce phénomène, rendu possible par la Grande Déculturation, est le fait le plus considérable de l’histoire de France depuis des siècles.
Positionnement et but de la candidature
L’auteur se place à l’opposé de la vision de Martine Aubry (qui prônait alors de « changer de civilisation »). Sa devise est « Pour ne pas changer de civilisation », souhaitant au contraire restaurer la civilisation française qu’il juge être l’une des plus hautes de l’humanité.
Sa candidature vise à :
- Sortir le peuple de l’« hébétude » causée par l’effondrement du système éducatif et le « bourrage de crâne » du complexe médiatico-politique.
- Nommer la réalité : Il dénonce les experts et sociologues qui expliquent au peuple que ce qu’il voit n’est qu’une illusion.
- Provoquer une révolte contre ceux qui ont nié le phénomène pendant trente ans avant de le déclarer aujourd’hui « irréversible ».
Pour l’auteur, la politique actuelle est comme un traitement médical absurde : face à un patient qui souffre, les « experts » lui expliquent que sa douleur est une illusion et qu’il a besoin d’une dose encore plus forte du mal qui l’accable.
5. L’Homme remplaçable
Le cinquième chapitre retranscrit une conférence prononcée par Renaud Camus le 8 mars 2012 à l’invitation de l’association France-Israël. L’auteur y approfondit sa critique de la modernité en liant le changement démographique à une vision industrielle et marchande de l’être humain.
Voici les points essentiels développés dans ce chapitre :
Le contexte de la « mort civile »
L’auteur commence par évoquer sa convocation à la Police judiciaire suite à une plainte du MRAP concernant ses propos sur le Grand Remplacement. Il utilise cette expérience pour illustrer une citation de Tocqueville sur la tyrannie dans les républiques démocratiques : celle-ci ne frappe pas le corps mais « va droit à l’âme », excluant le dissident de la cité et le transformant en un « étranger parmi nous ».
L’analogie avec Israël
S’adressant à l’association France-Israël, Camus utilise une comparaison marquante pour faire comprendre son concept : le Grand Remplacement est, selon lui, ce qui se produirait en Israël si le « droit au retour » des Palestiniens était appliqué. Il pose la question : « Pourriez-vous avoir le même Israël avec un autre peuple à l’intérieur de ses frontières ? ». Il soutient que, tout comme Israël ne serait plus l’État hébreu dans ces conditions, la France ne serait plus la France avec un autre peuple, car un peuple n’est pas une entité purement administrative mais une réalité charnelle et historique.
La genèse de « l’Homme remplaçable »
L’auteur développe une critique de la vision de l’homme comme une unité abstraite et interchangeable :
- L’héritage de la taylorisation : Camus affirme que la remplaçabilité a commencé avec la révolution industrielle. Après avoir rendu les objets et les maisons périssables et remplaçables pour des raisons économiques, le système en est venu à traiter les individus de la même manière.
- L’abstraction de l’individu : Pour justifier l’immigration de masse (par exemple pour « payer les retraites »), le système doit imaginer des hommes et des femmes « nus », coupés de toute origine et de tout héritage culturel.
- Le « corps planétaire » : S’appuyant sur l’ouvrage Egobody de Robert Redeker, Camus dénonce l’émergence d’un corps uniforme (promu par le sport et les médias) qui efface les différences entre les cultures et les nations.
Le rôle de la « Grande Déculturation »
L’auteur réaffirme que ce remplacement de population n’est possible que si le peuple subit un « enseignement de l’oubli ». Un peuple qui connaît ses classiques et son histoire ne se laisserait pas, selon lui, conduire dans les « abîmes innommables du temps ». Il lie directement le délabrement du système éducatif à la nécessité de produire des individus « désoriginés » et « interchangeables », parfaits pour les besoins des multinationales.
La « Sécession scolaire »
Face au constat d’un système éducatif qu’il juge irréformable car le corps enseignant est lui-même atteint par la déculturation, l’auteur propose une solution radicale : la sécession scolaire.
- Il s’agirait de créer, au sein du système public, des établissements réservés aux professeurs qui veulent enseigner et aux élèves qui veulent apprendre, sur la base d’un triple volontariat (maîtres, parents, élèves).
- L’objectif est de sanctuariser la transmission de la culture générale, loin du « pédagogisme ».
La « Deuxième carrière d’Adolf Hitler »
Camus termine en évoquant le poids de la Shoah sur la pensée européenne contemporaine. Il rejoint les analyses de Gilles-William Goldnadel sur la « détestation de l’État-nation » issue du choc de la Shoah. Selon lui, l’horreur des crimes nazis est utilisée comme une arme idéologique par l’antiracisme dogmatique pour paralyser toute défense des frontières, de la patrie ou de l’héritage culturel, assimilant toute volonté de préservation nationale à une résurgence du nazisme.
En résumé, ce chapitre présente l’homme moderne comme le produit final d’une chaîne industrielle : après avoir créé des objets jetables, la société produirait des humains interchangeables, dont la substitution démographique n’est que l’ultime étape logistique d’un monde globalisé.
6. Adresse à Marine Le Pen (discours du Siel)
Le sixième chapitre de l’ouvrage est la retranscription d’une allocution prononcée par Renaud Camus le 24 mars 2012 lors du congrès fondateur du SIEL (Souveraineté, Indépendance et Libertés). L’auteur s’y exprime en tant qu’ancien candidat à l’élection présidentielle (n’ayant pas obtenu les parrainages nécessaires) et président du Parti de l’In-nocence.
Voici les points détaillés de ce chapitre :
La « Nocence » comme moteur de la décivilisation
L’auteur rappelle que le nom de son parti, l’In-nocence (avec un tiret), désigne l’idéal de la non-nuisance. Il soutient que la société française souffre d’une « nocence » croissante — allant des incivilités quotidiennes aux crimes graves — qui rend les rapports sociaux insupportables. Selon lui, cette violence n’est pas fortuite mais constitue le « bras armé » du Grand Remplacement, car elle pousse les populations autochtones à la fuite ou à la soumission.
Le diagnostic : Le Grand Remplacement et la Déculturation
Renaud Camus définit le Grand Remplacement comme le phénomène le plus cataclysmique de l’histoire de France depuis quinze siècles. Il affirme que ce changement de peuple est rendu possible par la Grande Déculturation : un système éducatif qui enseigne l’oubli et une industrie médiatique qui produit de l’« hébétude ». Il introduit le concept de « l’homme remplaçable » : un individu « désoriginé », sans héritage ni honneur, façonné pour servir les intérêts des multinationales et de l’économie mondialisée.
Les quatre points de ralliement proposés à Marine Le Pen
Bien qu’il ait longtemps jugé impossible de se rallier au parti de Marine Le Pen, l’auteur estime qu’elle est désormais la candidate la plus à même de ralentir ou d’interrompre la « tragédie » en cours. Il conditionne son soutien à l’adoption de quatre axes politiques majeurs :
- Arrêt du Grand Remplacement : Mettre fin à « l’immigration de peuplement » et exiger une assimilation traditionnelle. Il suggère de retirer la nationalité française à ceux qui se déclarent « français de papier » ou qui manifestent leur hostilité envers la France (notamment lors de matchs de football). Il affirme explicitement que « la France n’est pas une terre d’islam ».
- La sécession scolaire : Puisque l’Éducation nationale est jugée irréformable, il propose de créer, au prorata du nombre de volontaires (maîtres, parents, élèves), des établissements consacrés à une éducation véritable et à la transmission de l’humanisme européen, loin des théories « pédagogistes ».
- Protection du territoire : Lutter contre la « banlocalisation » (la transformation du pays en banlieue généralisée) en créant des « réserves d’absence, de silence et de nuit » pour protéger la nature et le patrimoine.
- Défense de la langue : Protéger le français contre l’usage excessif de langues étrangères et veiller à sa qualité, qu’il considère comme le reflet de l’état de la nation.
La sortie du « Fauxéel »
L’auteur conclut en appelant la candidate à « rendre leur sens aux mots » et à nommer la réalité. Il dénonce le « fauxéel », un monde imaginaire forgé par le complexe médiatico-politique qui interdit de voir le changement de peuple. Son discours est un appel à rompre avec le « mensonge » pour permettre aux Français de retrouver leur « parole d’honneur ».
7. Discours d’Orange
Ce chapitre retranscrit une allocution prononcée par Renaud Camus le 4 novembre 2012, lors de la Convention Identitaire au Palais des Princes d’Orange. Ce discours a été principalement motivé par l’occupation, quelques semaines plus tôt, du chantier de la grande mosquée de Poitiers par les militants de Génération Identitaire.
Voici les points détaillés de ce chapitre :
L’hommage aux « mosquetaires » de Poitiers
L’auteur exprime son admiration pour l’action menée à Poitiers le 20 octobre 2012. Il y voit un geste d’une grande intelligence symbolique car il réactive le souvenir de Charles Martel et de la bataille de 732, des emblèmes de l’histoire nationale que le système éducatif tenterait de transformer en mythes. Il qualifie cette action d’in-nocente (non-nuisible) car elle n’a entraîné aucune dégradation physique, contrairement à ce qu’il perçoit comme la « nocence » quotidienne.
La dénonciation du « deux poids, deux mesures »
Un point central du discours est la critique de la réaction des autorités. Camus dénonce un traitement judiciaire et médiatique asymétrique :
- Sévérité extrême envers les jeunes militants patriotes (gardes à vue prolongées, contrôles judiciaires humiliants) pour une action pacifique.
- Laxisme et euphémisation face aux violences commises par ce qu’il appelle les « enfants chéris de l’antiracisme dogmatique » (dégradations d’églises, agressions de policiers, « racisme anti-blancs »).
L’antiracisme comme « Communisme du XXIe siècle »
L’auteur approfondit sa critique de l’antiracisme dogmatique, qu’il définit comme un pouvoir oppressif ayant succédé au communisme. Selon lui, ce système utilise la mémoire des camps de la mort pour paralyser toute défense de l’identité nationale. Il affirme que cet antiracisme est devenu illogique, car il protège désormais des populations qui, paradoxalement, rejettent l’enseignement de la Shoah dans les écoles.
La substitution du « Fauxéel » à la vérité
Camus soutient que la société vit sous le règne du « fauxéel », une construction médiatique interdisant de nommer la réalité. La question « est-ce vrai ? » serait systématiquement remplacée par « a-t-on le droit de le dire ? ». Il accuse les experts et sociologues d’inviter le peuple à ne pas croire ses propres yeux face à l’insécurité et au changement démographique.
Le Grand Remplacement et l’Homme remplaçable
L’auteur réaffirme que le Grand Remplacement est le phénomène le plus grave de l’histoire de France depuis quinze siècles. Il lie ce changement de peuple à la production industrielle d’un « homme remplaçable » : un individu désaffilié, sans héritage culturel, rendu interchangeable pour servir les besoins de l’économie mondialisée.
Appel à l’union des forces identitaires
Le discours se conclut par un appel pressant à l’unité. Malgré ses réserves sémantiques sur certains termes (comme « fascisme islamique »), Camus exhorte le Bloc Identitaire à rejoindre les manifestations contre l’islamisation. Il affirme que l’heure n’est plus aux « chipotages » car il s’agit du salut de la patrie face à un processus qu’il juge presque achevé.
Pour illustrer sa vision de la perte d’identité nationale, l’auteur utilise à nouveau l’image du couteau de Lichtenberg : si l’on change le manche puis la lame, le pays peut continuer à s’appeler « France », mais ce n’est plus, selon lui, le même pays, tout comme un objet dont on a remplacé toutes les pièces n’est plus l’original.
En voici un extrait, qui permet au passage de remarquer le style de l’auteur:
Il y a bien quelque vérité, hélas, dans cette mégalomaniaque folie d’universalité de la France, qui aujourd’hui nous coûte si cher. À la vérité c’était à l’origine une coquetterie, une fantaisie dont je crois bien que la Législative, qui se l’est offerte, n’avait pas imaginé une seule seconde qu’on pût la prendre un jour au pied de la lettre, et qui était surtout destinée, à l’origine, à permettre de rendre français, comme on fait citoyen d’honneur d’une ville, de grande figures dont on souhaitait alors arborer le parrainage supposé, tels Washington ou Franklin, ou bien, le même jour, 24 août 1792, des sympathisants étrangers de la Révolution, un Thomas Paine ou un Anacharsis Cloots — l’un et l’autre seront députés à la Convention.
Quoiqu’il en soit les représentants du peuple avaient trop le sentiment réel de ce que c’est qu’un peuple — ils ne songeaient même pas à s’interroger là-dessus, et c’est un sûr indice — pour envisager un seul instant que la terre entière pût un jour tirer argument de leur loi imprudente afin de prétendre à un droit universel au caractère de français. En attendant ils ont ouvert une brèche, qui est devenue avec le temps une béance gigantesque, où se consomme notre désastre. À cette brèche, aussi longtemps que par ses dimensions elle ne menaçait pas l’équilibre et finalement l’existence même de la cité, de la nation, du peuple en tant qu’entité vivante et incarnée, la France a dû d’ailleurs des apports infiniment précieux : il n’est que de mentionner un Apollinaire, une Marie Curie, un Lévinas plus près de nous, et tant d’autres, juifs, Allemands, Polonais, Italiens, orthodoxes après la révolution soviétique, héros de la liberté et de l’indépendance nationale dans tous les pays du monde.
Mais enfin il ne convient pas de s’exagérer le caractère spécifique de cette possibilité de devenir français. Ce que j’essaie de montrer est que, dans le rapport français à la nationalité, il n’y a rien, historiquement, de si spécifique qu’on veut bien le dire. J’irais même jusqu’à dire que nous avons affaire ici, dans une large mesure, à une sorte de mythe moderne. La doxa dogmatico-antiraciste est toujours très prompte à dénoncer le roman national, mais sa critique consiste surtout à en écrire de nouveaux chapitres, en général moins flatteurs, qu’elle substitue aux anciens — c’est une autre forme de Grand Remplacement… Et nonobstant l’aspiration universaliste, tant mise en avant à titre rétrospectif depuis quarante ans, l’idée de peuple est à peu près la même en France que dans les autre pays et pour les autres peuples : on est français essentiellement par la naissance et par les aïeux, par la famille, et à ce groupe central très principal peuvent s’agréger marginalement des hommes et des femmes qu’un amour particulier de la France a amenés à en désirer le séjour, ou que des circonstances tragiques ou de hasard ont conduit à s’établir dans notre pays, où ils se sont plu et où ils ont fait leur vie. Ceux-là peuvent avoir joué un rôle considérable dans les affaires de la patrie, mais quantitativement ils comptent à peine, au moins jusqu’à la fin du XIX e siècle.
Discussion membre
Discussion et réponses
Connectez-vous pour lire la discussion membre et participer à la conversation autour de ce contenu.
Conversation réservée aux membres
La discussion autour de ce contenu est réservée aux membres connectés. Utilisez l'accès par e-mail sans mot de passe pour lire le fil et publier votre réponse.
Se connecter pour participer