Le Premier Sexe
Positionnement idéologique
Dans cet essai polémique, Éric Zemmour soutient que la société occidentale traverse une mutation anthropologique majeure caractérisée par une féminisation de l’homme et la déconstruction des valeurs viriles traditionnelles. L'auteur articule sa réflexion autour du déclin de la figure paternelle et de l'autorité, affirmant que l'idéologie féministe et le capitalisme ont collaboré pour transformer les hommes en consommateurs androgynes et sentimentaux. À travers une analyse mêlant culture populaire, politique française et sociologie, il dénonce la disparition de la distinction entre les sexes comme un facteur de désordre social et de stérilité démographique. Le texte a pour dessein de réhabiliter une psyché masculine assumée face à ce qu'il perçoit comme un totalitarisme de la bien-pensance qui castre le désir et fragilise l'identité européenne.
Dans ce livre, Éric Zemmour soutient que la société occidentale traverse une « véritable mutation anthropologique » marquée par la dévirilisation des hommes et l’imposition des valeurs féminines comme idéal social unique. L’auteur affirme que l’homme moderne, privé de sa pensée et de sa gestuelle propre, est sommé par la société de révéler la « féminité » en lui, transformant la femme non plus en un sexe, mais en un idéal universel.
Le titre est évidemment un clin d’œil au Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, essai majeur du féminisme publié en 1949, qui analyse, dans une perspective existentialiste, la manière dont les femmes ont été historiquement constituées comme « Autre ».
Éric Zemmour s’inscrit en porte-à-faux radical avec cette lecture : là où Beauvoir voit une domination subie, il affirme au contraire que les femmes constituent le « premier sexe », détenteur d’un pouvoir social, culturel et symbolique largement sous-estimé.
La pensée de Zemmour s’articule autour de plusieurs axes critiques :
- Le conditionnement idéologique et médiatique : il dénonce une « machine » médiatique et publicitaire qui promeut l’androgynie et le modèle « métrosexuel ». Il fustige l’influence de la presse féminine et de la mode qui, selon lui, imposent des corps de « garçonnets » aux femmes et des comportements de « femmes charmantes » aux hommes.
- L’effondrement de la figure paternelle : Il lie cette évolution à l’éducation reçue par les générations post-Mai 68, élevées par des mères féministes en l’absence de pères. Cette disparition de la « loi du père » au profit d’un « matriarcat de fait » aurait engendré des individus immatures, privilégiant le sentimentalisme sur l’autorité et le désir de protection sur la prise de risque.
- La complicité du capitalisme : Pour l’auteur, le capitalisme est une force « authentiquement révolutionnaire » qui encourage la féminisation pour créer des « consommateurs légers » et transparents au marché. Les femmes sont décrites comme « l’armée de réserve » du capitalisme, permettant de peser à la baisse sur les salaires tout en investissant des secteurs où le pouvoir réel a disparu.
- Le déclin politique : Zemmour estime que la féminisation a vidé la politique de sa substance. Le pouvoir, autrefois fondé sur le conflit et la décision virile, est devenu une « politique compassionnelle » ou une simple « gouvernance » centrée sur la gestion de la proximité (santé, routes, crèches).
En conclusion, l’auteur présente son ouvrage comme un « traité de savoir-vivre viril » destiné à une génération qu’il juge émasculée, appelant les hommes à reconquérir leur identité face à ce qu’il qualifie de « totalitarisme féministe ».
Chapitre 1
Dans ce premier chapitre, Éric Zemmour pose le constat d’une « véritable mutation anthropologique » survenue en quelques décennies. Il y développe l’idée que l’homme viril a été effacé au profit d’un idéal féminin imposé par la culture, l’économie et l’éducation.
1. La fin des archétypes virils
L’auteur commence par souligner la disparition de figures masculines traditionnelles comme Jean Gabin, Lino Ventura ou Alain Delon. Selon lui, ces hommes, avec leurs mots et leur gestuelle, seraient aujourd’hui « interdits de séjour » ou de parole car jugés trop misogynes par la société actuelle. Il affirme que l’homme a été progressivement privé de sa pensée propre par une machine idéologique implacable,.
2. Le règne des valeurs féminines
Zemmour décrit un processus en deux temps : d’abord l’imposition de l’égalité et de l’indifférenciation entre les sexes, puis la suggestion de la supériorité des valeurs dites féminines (douceur, dialogue, paix, précaution) sur les valeurs masculines (force, autorité, ordre, risque). La société sommerait désormais les hommes de révéler leur part de féminité, faisant de la femme non plus un sexe, mais un « idéal ».
3. Le poids de l’éducation et de la « guerre linguistique »
L’auteur relate des échanges avec de jeunes hommes pour illustrer son propos. Il note que le mot « macho » a fonctionné comme une arme linguistique géniale pour inhiber les hommes et transformer le masculin en insulte. Cette transformation est attribuée à l’éducation : une génération entière a été élevée par des « mères célibataires, soixante-huitardes et féministes » en l’absence de pères, intégrant ainsi totalement le discours féminin,.
4. Mode, métrosexualité et capitalisme
Zemmour analyse l’influence de la mode et de la presse féminine. Il dénonce les créateurs (souvent homosexuels selon lui) qui imposent aux femmes des corps de « garçonnets » (mannequins androgynes sans seins ni fesses) et poussent les hommes vers la métrosexualité,.
- Consommation : Le capitalisme encourage cette féminisation car il préfère des individus-marques, légers et transparents, plutôt que des familles traditionnelles austères,.
- Esthétique : Le marché des cosmétiques, de l’épilation et de la chirurgie pour hommes explose, marquant une volonté d’en finir avec la « virilité ancestrale » symbolisée par le poil,.
5. Féminisation de la politique et du travail
L’auteur observe que même les hommes politiques (comme François Hollande qualifié de « Guimauve le conquérant ») adoptent des postures consensuelles et des métaphores féminines (le « baby blues » après une élection),. Le pouvoir politique se « couplise » et se « peopolise ». Dans les entreprises, le management vertical et autoritaire est remplacé par le dialogue et l’écoute, des qualités jugées féminines.
6. Conséquences sociales : l’enfant-roi
Le chapitre se conclut sur la crise de l’autorité. Zemmour lie l’hyperactivité des enfants et l’usage massif de médicaments comme la Ritaline à la disparition de la « loi du père »,. Sans cette loi, le système bascule vers un matriarcat de fait associé à l’enfant-roi.
Chapitre 2: La criminalisation du désir
Dans cette deuxième partie, l’auteur analyse comment la société contemporaine a transformé les instincts masculins traditionnels en « maladies » ou en « déviances » pour mieux les neutraliser.
1. La naissance du « malade » sexuel
Zemmour s’appuie sur l’exemple d’un téléfilm où un homme, surpris avec une prostituée, est diagnostiqué comme « drogué du sexe ». Il souligne que des figures historiques comme Casanova, Flaubert ou Maupassant seraient aujourd’hui considérées comme des pervers ou des « addicts ». Selon lui, la modernité ne diabolise plus le sexe au nom de la religion, mais elle ne tolère plus le sexe sans sentiment, le sexe tarifé ou la pulsion pure.
2. Le totalitarisme de la transparence
L’auteur dénonce l’exigence de transparence absolue au sein du couple (« plus de secrets »), qu’il compare aux méthodes staliniennes. Pour lui :
- Le patriarcat reposait sur le secret pour se forger en dehors de la mère.
- Le matriarcat actuel impose la transparence et la fusion, rompant la chaîne de transmission entre père et fils pour « changer l’homme » et le forcer à devenir une femme.
3. L’échec de la « femme-homme » et la revanche romantique
Zemmour note que les femmes ont un temps essayé de se comporter comme des hommes (séparer désir et amour), mais qu’elles ont fini par renoncer à ce modèle libertaire. Puisqu’elles n’ont pas réussi à devenir des hommes, elles ont entrepris de transformer les hommes en femmes, exigeant d’eux qu’ils lient systématiquement désir et sentiment.
4. La guerre contre la séduction et le client
Le chapitre analyse la stigmatisation du « client » de la prostitution, désormais décrit comme un « inadapté » ou un « macho infâme ». Zemmour étend cette critique aux lois sur le harcèlement sexuel, affirmant que toute tentative de séduction est désormais assimilée à une violence ou une manipulation. Il cite Rousseau pour rappeler que le « moral de l’amour » est une invention féminine destinée à rendre dominant le sexe qui devrait obéir.
5. Le syndrome du « fiasco » et le complexe de la mère
S’appuyant sur Stendhal (De l’amour), l’auteur explique le paradoxe du désir masculin : plus un homme aime et respecte une femme, moins il parvient à la désirer physiquement (le « fiasco »).
- Autrefois, la distinction entre « maman » (respect) et « putain » (désir) protégeait l’équilibre sexuel.
- Aujourd’hui, en exigeant d’être les deux à la fois, les femmes provoquent une panne du désir et une explosion de l’impuissance masculine.
6. Le désir triangulaire et la porno-vengeance
Zemmour utilise la thèse de René Girard sur le désir mimétique : l’homme a besoin d’un tiers (un rival ou un modèle) pour légitimer son désir. Dans notre société, ce tiers serait devenu l’homosexuel, dont les goûts dictent désormais ce que l’homme doit désirer. Enfin, il interprète la violence croissante de la pornographie moderne (« gonzo ») comme une réaction rageuse et désespérée d’hommes qui se sentent castrés et dominés dans la réalité sociale.
Chapitre 3 : L’homme est une mère comme les autres
Dans cette partie, l’auteur explore les racines historiques du renoncement masculin à la virilité, qu’il voit comme un processus de longue durée ayant abouti à la figure contemporaine du « papa poule ».
1. Le symbole de « Trois hommes et un couffin »
Zemmour prend pour point de départ le succès massif du film Trois hommes et un couffin. Selon lui, ce film illustre un message idéologique central de notre époque : les hommes sont des mères comme les autres. Le film montre des célibataires endurcis se transformant en nourrices dévouées, suggérant que s’occuper d’un nouveau-né rend l’homme bien plus heureux que le travail ou la conquête amoureuse.
2. Le traumatisme de la Grande Guerre
L’auteur fait remonter le déclin de la virilité à la Première Guerre mondiale.
- Humiliation mécanique : Dans les tranchées, la virilité n’est plus héroïsée mais « humiliée, meurtrie, avilie » par la boue, les gaz et les ordres absurdes.
- Renoncement au sceptre : Face à l’horreur, les hommes auraient commencé à renoncer à eux-mêmes, trouvant le « sceptre trop lourd » à porter.
- Subversion au théâtre : Zemmour cite Sacha Guitry (Faisons un rêve, 1916) comme le premier signe où l’homme accepte la vision féminine de l’amour (dormir ensemble, lier désir et mariage).
3. Les réactions extrêmes : Fascisme et Communisme
Pour Zemmour, les régimes totalitaires de l’entre-deux-guerres ont été une tentative désespérée et « démesurée » de surjouer une virilité perdue. Il qualifie cette virilité fasciste ou communiste de « fantasme d’homosexuels » (citant Brasillach ou Gide), une parade excessive pour masquer une faiblesse réelle.
4. La rupture de Mai 68 et les « papas Pampers »
La génération de 68 marque le rejet définitif de l’image guerrière du père au profit du camp de la « paix » et de la « vie ».
- La « mamanisation » : Les hommes commencent à assister aux accouchements, à donner le biberon et à « materner ». Ils veulent être porteurs de l’Amour et non plus de la Loi.
- Désenchantement féminin : Zemmour note qu’après avoir applaudi ce changement, les femmes finissent par être déçues par ces « papas Pampers » qui ne les attirent plus sexuellement.
5. L’Instruction contre l’Éducation
Un point clé du chapitre est la transformation sémantique des institutions :
- Instruction publique : Autrefois, le but était d’armer l’esprit pour la bataille (du latin instruere).
- Éducation nationale : Aujourd’hui, le projet est devenu « maternel » (du latin educare : nourrir), privilégiant l’épanouissement affectif sur les capacités rationnelles.
6. Perspective historique : La haine du Roi-Père
L’auteur rappelle que la Révolution française a guillotiné le roi car il n’avait pas été le « père » ou l’homme viril attendu. La République s’est ensuite construite sur une virilité « austère et puritaine », renvoyant les femmes au foyer précisément parce que la monarchie (via les salons et les favorites comme la Pompadour) leur avait donné trop de pouvoir politique.
Chapitre 4 : La démission du Père et le vide démographique
Dans cette partie, l’auteur analyse comment le renoncement des hommes à leurs prérogatives viriles a bouleversé la structure familiale et, par extension, l’équilibre des nations européennes.
1. La fragilité de la paternité
Zemmour s’appuie sur les travaux de l’ethnologue Margaret Mead pour affirmer que la paternité est une « invention sociale » fragile. Contrairement au lien biologique mère-enfant, le rôle du père doit être laborieusement appris et soutenu par des contraintes sociales. L’auteur soutient qu’en se libérant du « joug » masculin, les femmes ont permis aux hommes de rejeter leurs devoirs de protection et de subsistance, les ramenant à un état proche de celui des primates où le mâle ne pourvoit plus aux besoins de la femelle.
2. Le règne du « Couple » contre le Mariage
L’auteur observe une mutation du divorce. Autrefois arrangement commercial stable, le mariage est devenu un « mariage d’amour », centré sur le couple romantique et donc structurellement fragile.
- L’aliénation du discours : Les hommes ont tellement intégré le langage féminin qu’ils justifient désormais leurs ruptures ou leurs infidélités par des « coups de foudre » ou des « besoins d’épanouissement sentimental ».
- La démission : Beaucoup d’hommes, lassés de jouer les « papas poules » (langage, biberons), finissent par déserter totalement leurs responsabilités, laissant les mères seules et souvent pauvres.
3. La judiciarisation de la filiation
Face à cette fuite masculine, la société réagit par la contrainte légale. Zemmour note que les juges (souvent des femmes) doivent désormais forcer les hommes à être pères par des saisies de comptes ou des actions en recherche de paternité. Les femmes, de leur côté, utiliseraient parfois la « fourberie » (oubli volontaire de pilule) pour lier un homme qui se défile, créant un climat de suspicion généralisée.
4. L’avortement et le suicide démographique
Zemmour interprète l’avortement comme une étape où les femmes déclarent que « les enfants leur appartiennent », s’octroyant un droit de vie ou de mort symbolique.
- Conséquence funeste : Cette maîtrise totale de la fécondité se traduit par un effondrement démographique des peuples européens, menacés de disparition.
- L’appel à l’immigration : Pour les technocrates, l’immigration est la solution à ce vide. L’auteur dresse une métaphore audacieuse : la France, devenue « femme » et ayant posé son phallus à terre, attend d’être fécondée par une virilité venue du dehors.
5. Les nouveaux archétypes : le « jeune Arabe » et le « Black »
Dans cette société féminisée qui vomit la violence, le jeune issu de l’immigration devient un objet de haine et de fantasme. Il est perçu comme le dernier homme « pré-civilisationnel », réagissant de manière binaire (pute ou sainte) et assumant une virilité pulsionnelle que les petits Français, « si bien élevés », n’osent plus exprimer.
6. La réaction politique : le phallus par procuration
Le chapitre se ferme sur la montée de figures politiques « viriles » en réaction à ce désordre. En France, le vote Le Pen est analysé comme une quête de « phallus par procuration » pour des hommes blancs humiliés par la concurrence de la virilité désinhibée des banlieues. Aux États-Unis, George Bush, avec ses bottes et son chapeau de cow-boy, a su capter cet électorat masculin en jouant le rôle de l’héritier de John Wayne face aux manières « féminines » des élites de la côte Est.
Chapitre 5 : L’armée de réserve du capitalisme
Voici le résumé détaillé du Chapitre 5 (Partie 5) de l’ouvrage d’Éric Zemmour, intitulé « L’armée de réserve du capitalisme », qui analyse les dimensions économiques et politiques de la féminisation.
1. La femme comme outil du capitalisme
Zemmour affirme que le capitalisme a utilisé les femmes comme une « seconde armée de réserve » (après les immigrés) pour briser le pouvoir de négociation des travailleurs masculins après Mai 68.
- Pression sur les salaires : L’entrée massive des femmes sur le marché du travail a permis de peser à la baisse sur les salaires, car leurs revenus ont longtemps été considérés comme un second salaire d’appoint.
- Un piège idéologique : L’auteur considère que l’accès des femmes au salariat n’est pas une conquête, mais un piège tendu par le capitalisme pour détruire le dernier bastion de résistance à la marchandisation du monde : la famille patriarcale.
2. Le jeu des chaises musicales du pouvoir
Un point central de ce chapitre est que les femmes investissent massivement les professions que le pouvoir réel et l’argent désertent.
- Professions féminisées : La magistrature, l’éducation, la médecine et le journalisme subiraient un duo ravageur de « féminisation et prolétarisation ».
- Le bastion masculin : En revanche, les hautes sphères de la finance et de l’industrie, où réside le pouvoir effectif, resteraient quasi exclusivement masculines. L’argent et le pouvoir demeurent liés, dans l’inconscient, au phallus.
3. La politique devenue « compassionnelle »
Zemmour soutient que la politique s’est féminisée au moment précis où elle a perdu sa souveraineté face aux marchés mondiaux.
- Gouvernance vs Pouvoir : On ne parle plus de « gouvernement » mais de « gouvernance », un terme qui désigne l’adaptation aux exigences de la mondialisation.
- L’élu-assistante sociale : Le rôle de l’homme politique s’est réduit à de la politique compassionnelle (sécurité routière, lutte contre le cancer), transformant le président en une sorte d’« assistante sociale » d’un capitalisme nomade.
4. Conservation contre Création
L’auteur attribue à la féminisation la stagnation de l’Europe. Selon lui, les femmes possèdent des vertus de protection, d’entretien et de préservation, mais elles n’inventent pas et ne transgressent pas. En se féminisant, les hommes se stériliseraient, s’interdisant toute audace ou innovation intellectuelle.
5. Le choc des civilisations viriles
Pendant que l’Europe « enjuponne » son pouvoir, le reste du monde (États-Unis, Chine, Russie, monde musulman) continuerait d’assumer la force, la guerre et la virilité.
- L’Islam comme refuge : Zemmour cite Malek Chebel pour expliquer que certains se tournent vers l’Islam car ils y trouvent une virilité et une sécurité disparues du christianisme compassionnel.
- La réaction américaine : Les États-Unis de George Bush marqueraient une réaction masculiniste face à l’homme castré des élites libérales.
6. Conclusion de l’auteur
L’ouvrage se termine sur un constat pessimiste : la féminisation des hommes provoque un immense désarroi chez les femmes et un malheur pour les enfants. Si certaines femmes tentent de revenir vers le foyer, la plus grande résistance viendrait des hommes eux-mêmes, trop contents de s’être débarrassés du fardeau de la virilité (autorité, combat, responsabilité), même si cela signifie leur soumission et leur humiliation.
Conclusion
Voici la synthèse des conclusions finales de l’ouvrage :
1. Le constat d’une « abdication » masculine
L’auteur conclut que la crise de la société vient d’un déséquilibre historique : l’abdication des hommes blancs du XXe siècle qui ont abandonné leur « sceptre patriarcal ». Zemmour affirme que cet équilibre subtil, propre à la tradition française (virilité dominante mais ouverte à l’influence féminine), a été brisé.
2. Le paradoxe de la résistance féminine
Contrairement aux idées reçues, l’auteur soutient que les femmes ne s’opposeront pas fermement à un retour de l’ordre viril. Selon lui :
- Les femmes souffrent de leur rôle de « régentes d’une société sans roi ».
- La féminisation des hommes provoquerait chez elles un « immense désarroi » et une « frustration insupportable ».
- Face à ce qu’il appelle le « piège du capitalisme », certaines tentent déjà un « rétropédalage désespéré » en se retirant du marché du travail dès le premier enfant.
3. L’obstacle majeur : la complaisance des hommes
Pour Zemmour, la plus grande résistance ne viendra pas des femmes, mais des hommes eux-mêmes. Il estime que beaucoup sont « trop contents de s’être enfin débarrassés du fardeau » de la virilité (autorité, combat, responsabilité), même si cela doit mener à leur soumission ou à leur malheur.
4. L’appel à la reconquête de l’identité
Le texte final du livre présente l’ouvrage comme un avertissement pour les générations futures. Zemmour appelle les hommes à :
- Reprendre leur identité et conquérir une nouvelle place.
- Cesser de considérer tout ce qui est masculin comme une « tare ».
- Agir pour ne plus jamais avoir à dire à leur enfant : « Tu seras une femme, mon fils ».
En résumé, l’auteur termine sur une note sombre, décrivant une société où l’anarchie de la féminisation risque de mener à la « tyrannie » d’ordres virils étrangers (américain ou islamique), à moins que l’homme occidental ne décide de redevenir un « garçon ».
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