Contre-histoire de la philosophie tome 9 : Les consciences réfractaires
Positionnement idéologique
Michel Onfray poursuit dans ce neuvième volume de sa contre-histoire de la philosophie l'exploration des figures de la pensée libertaire et matérialiste que l'histoire officielle de la philosophie académique a marginalisées ou ignorées. Fidèle à sa méthode généalogique, Onfray met en lumière des penseurs qui ont proposé des alternatives radicales à la métaphysique platonico-chrétienne dominante. Ce volume se concentre sur des figures du XIXe siècle qui ont développé des philosophies de l'immanence, du corps et de la jouissance en rupture avec les idéalismes dominants. Onfray fait le pari de la réhabilitation : ces philosophes mineurs, oubliés ou méprisés, portent des insights précieux pour penser notre présent. Sa démarche pédagogique rend accessibles des textes souvent ardus, sans sacrifier la rigueur de l'analyse philosophique. La contre-histoire d'Onfray est aussi un acte politique : en réhabilitant les matérialistes, les épicuriens, les cyniques et les libertins, il construit une généalogie alternative de la modernité, opposée à la version officielle dominée par les idéalismes platoniciens et chrétiens. Ce volume témoigne de la cohérence et de l'ambition du projet encyclopédique d'Onfray, qui vise rien moins qu'une réécriture complète de l'histoire de la pensée occidentale depuis ses marges oubliées.
Michel Onfray (né en 1959) est philosophe, essayiste et fondateur de l’Université populaire de Caen. Sa pensée hédoniste, matérialiste et athée s’est progressivement enrichie d’une critique du conformisme intellectuel français. Dans ce dernier tome de la Contre-histoire, il clôt son entreprise par un examen des résistances philosophiques du XXe siècle français.
À propos de ce livre
Le neuvième et dernier tome de la Contre-histoire de la philosophie (2013) examine les « consciences réfractaires » du XXe siècle : ces penseurs qui ont refusé les deux grands totalitarismes — fascisme et stalinisme — en préservant leur intégrité intellectuelle. Onfray y valorise ceux qui ont su dire non aux séductions du pouvoir au risque de leur marginalisation.
Résumé chapitre par chapitre
Georges Politzer : le marxisme des Lumières
Politzer synthétise le marxisme et la rigueur scientifique des Lumières, combattant le bergsonisme idéaliste dans ses Principes élémentaires de philosophie. Résistant communiste, il est arrêté par la Gestapo et fusillé en 1942. Onfray y voit le philosophe engagé jusqu’au sacrifice, martyr d’une pensée ayant refusé tout compromis avec l’occupant.
Paul Nizan : le marxiste épicurien
Ami de Sartre et militant communiste, Nizan rompt avec le PCF au moment du pacte germano-soviétique de 1939, refusant de cautionner la politique stalinienne. Tué à Dunkerque en 1940, il laisse une œuvre brève mais intense — Aden Arabie, Les Chiens de garde — conjuguant critique marxiste et désir épicurien de vivre pleinement.
Albert Camus : la révolte contre les totalitarismes
Camus incarne pour Onfray la conscience réfractaire majeure du siècle. Refusant fascisme et communisme totalitaire, il développe dans L’Homme révolté (1951) une philosophie qui refuse toutes les justifications de la terreur au nom de l’Histoire. Sa rupture avec Sartre symbolise le choix de l’éthique contre l’idéologie.
Sartre et Beauvoir : les compromissions de l’existentialisme
Onfray traite les existentialistes avec réserve critique : leurs compromissions avec le stalinisme — notamment le silence de Sartre sur le Goulag — constituent l’exemple de l’intellectuel séduit par le pouvoir au détriment de la vérité. Malgré l’apport décisif du Deuxième Sexe, Beauvoir partage cette ambiguïté.
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