Contre-histoire de la philosophie tome 3 : Les libertins baroques
Positionnement idéologique
Ce 3ème volume de la Contre-Histoire de la philosophie (consacré au XVIIe siècle) propose l’« envers » du Grand Siècle officiel enseigné à l’université. Michel Onfray y met en lumière une constellation d’auteurs marginalisés par le canon (au-delà de Descartes, Pascal ou Fénelon) : les « libertins baroques », encore chrétiens pour certains, mais nourris de Montaigne, des récits de voyage du Nouveau Monde, des cabinets de curiosité, des découvertes scientifiques (astronomie), et d’une sensibilité baroque (anamorphoses, art). Le fil conducteur est une philosophie hédoniste, pratique, tournée vers la volupté, la jouissance, la joie, et une forme de liberté intellectuelle face à la morale religieuse. Onfray y traite notamment Charron, La Mothe Le Vayer, Saint-Évremond, Gassendi, Cyrano de Bergerac, et Spinoza (relus sous un angle hédoniste).
Michel Onfray (né en 1959) est philosophe et fondateur de l’Université populaire de Caen. Sa démarche de « contre-histoire » révèle, à chaque époque, la tradition matérialiste et hédoniste occultée par l’historiographie officielle. Sa philosophie est athée, hédoniste et ancrée dans une critique radicale du platonisme et du christianisme.
À propos de ce livre
Le troisième tome de la Contre-histoire de la philosophie (2007) explore la pensée libertine française du XVIIe siècle baroque. Onfray y distingue deux courants : les libertins fidéistes (Charron, La Mothe Le Vayer, Saint-Évremond, Gassendi), qui conservent les apparences religieuses tout en professant un épicurisme intérieur, et les libertins panthéistes (Cyrano de Bergerac, Spinoza), qui rompent plus franchement avec le catholicisme dominant.
Résumé chapitre par chapitre
Pierre Charron : la sagesse tempérée
Disciple de Montaigne, Charron développe une philosophie du juste milieu articulant doute méthodique et jouissance mesurée. Il distingue la sagesse humaine de la foi religieuse, permettant une liberté intellectuelle sous couvert de catholicisme : croire ostensiblement, jouir discrètement.
La Mothe Le Vayer : la jouissance de soi-même
Précepteur royal et libertin raffiné, La Mothe Le Vayer développe un épicurisme intellectuel sous les apparences de la dévotion. Son droit au doute pyrrhonien et à la retraite philosophique constitue pour Onfray une résistance subtile à l’absolutisme moral du Grand Siècle.
Saint-Évremond : l’amour de la volupté
Exilé volontaire en Angleterre, Saint-Évremond célèbre la volupté comme expression suprême de la liberté. Épicurien convaincu, il voit dans le plaisir mesuré et l’amitié l’accomplissement d’une vie réussie, contre l’ascétisme jésuitique.
Pierre Gassendi : Épicure ressuscité
Prêtre et philosophe, Gassendi réhabilite Épicure en présentant l’atomisme épicurien comme compatible avec le christianisme. Il joue un rôle de passeur décisif entre l’Antiquité matérialiste et les Lumières à venir.
Cyrano de Bergerac : librement vivre
Dans ses romans utopiques (L’Autre Monde), Cyrano imagine des sociétés gouvernées par la liberté de pensée et le matérialisme. Onfray le présente comme le libertin le plus authentiquement subversif, refusant toute compromission avec le pouvoir religieux ou politique.
Spinoza et le panthéisme
En substituant à Dieu une substance unique et immanente dont tout procède, Spinoza dépasse le fidéisme pour fonder un panthéisme matérialiste cohérent. Sa philosophie de l’immanence et de la joie constitue pour Onfray la forme la plus accomplie de la pensée baroque contre-chrétienne.
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