Qui sont les Blancs?

Couverture du livre "Qui sont les Blancs ?" de Julien Rochedy, avec un fond jaune et une tête de sta.
2025 •  Français •  332 pages •  11 min de lecture

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Idéologiquement ancré à droite affirmée, le livre se distingue toutefois par une ambition métapolitique et civilisationnelle qui dépasse le clivage partisan classique.

Qui sont les Blancs ? propose une lecture de l’identité européenne comme une continuité historique faite d’« empreintes » successives — climatiques, mentales, culturelles et spirituelles. Julien Rochedy relie le froid, l’héritage grec du logos, la forme romaine de l’État et l’intériorité chrétienne pour expliquer la singularité européenne. Le christianisme y apparaît non comme une rupture, mais comme une transformation compatible d’un fond indo-européen. Le Moyen Âge et la Renaissance consolident l’individualisme, le travail et la science, tandis que la modernité pousse ces traits jusqu’à l’excès. Le XXᵉ siècle révèle alors une crise interne : l’Europe risque de disparaître par oubli d’elle-même. L’alternative posée est simple : déclin ou renaissance par la mémoire de sa continuité.

Résumé

Ce livre, qui a en sous-titre « Généalogie d’une identité interdite » propose une réponse globale à une question devenue socialement imprononçable : « qui sont les Blancs ? ». Rochedy traite cette identité non comme une simple étiquette politique ou une construction récente, mais comme une continuité longue, faite de couches successives, qu’il appelle des « empreintes », qui relient un présent à une source, sans rupture absolue.

Sa méthode est celle d’une archéologie civilisationnelle. Plutôt que de débattre indéfiniment de génétique ou de définitions administratives, il cherche les matrices historiques et mentales qui auraient façonné, au fil des siècles, un type humain européen. La première empreinte est le froid : contrainte matérielle qui oblige à prévoir, stocker, fabriquer, s’abriter, transformer l’environnement. De ce rapport dur à la nature découleraient, selon lui, une disposition à l’anticipation, une inventivité technique, une tendance à l’intériorité (jusqu’à l’hypothèse d’un héritage néandertalien pour certains traits psychiques), et une manière de regarder la souffrance sans l’évacuer, d’où l’importance accordée à la tragédie.

Sur ce socle, l’idéal grec occupe une position centrale. La Grèce est présentée comme l’invention décisive du logos : l’idée que le réel est intelligible, mesurable, saisissable par la raison, et que l’homme peut en tirer des lois. Cette révolution intellectuelle fonde la philosophie au sens grec, puis la science au sens moderne : observation, hypothèses, calcul, démonstration, et, in fine, maîtrise technique du monde. Elle façonne aussi une forme politique : la cité, l’autogouvernement, la capacité à se donner des lois et à s’y soumettre.

Rome, ensuite, donne la forme institutionnelle : droit, administration, ordre politique, sens de l’État et de l’universalité. La Pax Romana devient, dans cette lecture, un souvenir structurant : l’idée d’un monde unifié, organisé, pacifié par un ordre. Rochedy y voit un ressort profond de l’imaginaire européen (et de ses tentations universalistes, impériales ou mondialistes), réactivé de siècle en siècle.

L’un des points les plus polémiques du livre est la place du christianisme. Contre la thèse païenne « christianisme étranger et subversif », Rochedy soutient que le christianisme n’a pu s’enraciner aussi profondément en Europe que parce qu’il y trouvait déjà des affinités : continuité plutôt que greffe hostile. Saint Paul est décrit comme largement « grec » par culture et langue, et la morale chrétienne comme proche du stoïcisme romain. Le christianisme ne détruit pas l’Europe : il la transforme, en intensifiant l’éthique de la discipline intérieure, du sacrifice, du travail et de la responsabilité, ce qui, combiné à l’empreinte indo-européenne (propriété, indépendance), prépare le terrain d’un certain capitalisme et d’un certain individualisme.

Le Moyen Âge est interprété comme une phase de régénération plutôt que comme une simple chute. La décadence romaine provient d’abord d’une érosion interne ; les invasions germaniques en sont la conséquence, mais elles réintroduisent, selon Rochedy, une vigueur et une continuité indo-européenne qui empêchent l’Europe de basculer durablement vers l’Orient. La chrétienté médiévale se « germanise » : spiritualité plus héroïque, institutions spécifiques, et synthèse esthétique (roman/gothique) où matière et grâce se réconcilient.

Puis vient la fabrication de l’Occident moderne : épidémies de peste, solitude face à la mort, mobilité sociale, naissance d’un individu plus autonome ; imprimerie et lecture, qui produisent un homme capable de penser seul ; Réforme, qui personnalise le salut et radicalise la responsabilité individuelle ; guerres de religion, qui enfantent une modernité politique. La science se détache progressivement d’une quête religieuse de vérité : on cherche des lois naturelles parce qu’on croit à la cohérence du monde, et l’Europe se met à cartographier, mesurer, expérimenter. Cette confiance peut ensuite se retourner : l’utopie rationaliste vise à refaire l’homme et la société, matrice lointaine du constructivisme moderne.

Enfin, le livre se ferme sur un diagnostic tragique : les qualités européennes se sont emballées au XXᵉ siècle (ordre devenu totalitarisme, rationalité devenue industrialisation de la mort), entraînant culpabilisation, nihilisme et perte de la volonté d’être. Rochedy ne propose pas une utopie clé en main ni un programme d’« ethnocratie » ; il pose une alternative existentielle : ou bien l’Europe s’effondre dans l’oubli de sa continuité, ou bien elle renaît en se souvenant de ce qu’elle est, c’est-à-dire en réassumant la chaîne de ses empreintes (froid, Grèce, Rome, christianisme européen, Moyen Âge, individuation moderne) comme une cohérence historique et mentale.

Une tentative de remise en ordre civilisationnelle

Julien Rochedy part d’un constat simple mais rarement formulé aussi frontalement : le terme « Blanc » est devenu illogiquement connoté. Il ne désigne plus une réalité descriptive ou historique, mais une catégorie morale suspecte, immédiatement associée à l’idée de domination ou de suprémacisme. Cette charge symbolique est telle que, dans le monde anglo-saxon, on lui a souvent préféré le terme « caucasian », supposé plus neutre, plus technocratique, presque clinique.

La substitution est pourtant absurde. Les véritables Caucasiens — au sens géographique et ethnolinguistique contemporain — sont les peuples du Caucase (Géorgiens, Tchétchènes, Dagestanais), historiquement et culturellement bien plus proches des mondes oriental et turcique que des Européens occidentaux. Ce glissement lexical n’a donc rien de scientifique : il relève uniquement d’une stratégie d’évitement moral, destinée à contourner un mot devenu tabou.

C’est précisément ce type d’incohérence que Rochedy entreprend de démonter dans Qui sont les Blancs ?.

Un auteur déjà solidement installé intellectuellement

De Julien Rochedy, je connaissais déjà plusieurs ouvrages et à vrai dire j’attendais celui là avec impatience tant les précédents m’avaient intéressé, son essai sur Nietzsche, Philosophie de droite, Les surhommes, ou encore celui en collaboration avec Papacito. Ce nouveau livre s’inscrit clairement dans cette continuité.

Rochedy n’a jamais prétendu révolutionner la pensée je pense (ça devient compliqué en meme temps) mais sa force est ailleurs, une écriture fluide et lisible, une pensée structurée et un effort constant de mise en ordre de connaissances issues de l’histoire, de la philosophie, de l’anthropologie et de la biologie.

Il ne crée pas ex nihilo ; il articule, hiérarchise, relie. Et surtout, il ose tirer des conclusions là où beaucoup se contentent d’énumérer des faits sans jamais les interpréter.

Il est regrettable que sa réputation politique , notamment son passage à la direction des jeunes du Front national qui date d’il y a plus de 10 ans, continue de faire écran à son travail intellectuel. Cette image ne correspond plus à la réalité de l’auteur, ni à la nature de ses ouvrages, mais elle suffit encore à disqualifier toute lecture sérieuse auprès d’un large public.

Déconstruire des dogmes historiographiques

Rochedy aborde frontalement des sujets réputés offensants, en particulier pour une historiographie marquée à gauche, et s’emploie à déconstruire plusieurs idées reçues profondément ancrées :

  • Les « barbares germains » destructeurs de Rome : il les voit au contraire comme des régénérateurs d’un Empire déjà épuisé.
  • Le christianisme comme frein à la raison : il soutient qu’elle a, au contraire, fourni les conditions mentales et morales permettant l’essor de la science.
  • Le christianisme comme corps étranger à l’Europe : il en montre la continuité profonde avec l’héritage grec, romain et stoïcien, et surtout son remodelage par l’esprit européen.

Même lorsqu’il emploie le terme « Blanc », Rochedy reste fondamentalement sur un terrain civilisationnel. Il le précise d’ailleurs lui-même : il aurait tout aussi bien pu parler d’Européens ou d’Occidentaux. Le mot est choisi pour sa charge historique, pas pour une lecture strictement biologique.

D’ailleurs je dirais que Qui sont les Blancs ?, malgré sa volonté initiale de mettre les pieds dans le plat avec un titre volontairement provocateur, relève davantage de l’essai civilisationnel que du pamphlet politique. Le registre adopté par Julien Rochedy reste posé, argumentatif et structuré.

Rome, Gaule et germanisation : une continuité plus qu’une rupture

L’un des passages les plus stimulants concerne Rome. La conquête de la Gaule, puis les invasions germaniques, qui m’ont fait me rendre compte qu’elles correspondent à une réinjection massive de populations européennes occidentales, et de leurs genes, dans un Empire dont la démographie, notamment en Italie, reposait alors largement sur des esclaves grecs et orientaux.

Comme l’indique Rochedy, à plusieurs reprises, Rome a failli devenir orientale. Si Alexandre le Grand n’était pas mort prématurément, son empire, parti de Grèce et étendu à l’Orient, aurait très probablement poursuivi sa conquête vers l’Ouest. Plus tard, la bataille d’Actium voit le futur premier empereur romain Octave, soutenu par des légions largement gauloises, vaincre Marc Antoine et les forces orientales alliées à Cléopâtre. L’issue de cette guerre civile scelle définitivement le destin occidental de l’Empire romain.

Contrairement aux clichés scolaires, les envahisseurs germaniques ne sont pas des hordes primitives. Ce sont des peuples déjà romanisés, intégrés depuis des siècles par le commerce, le service militaire et le droit. Après les Gaulois, ils remplissent les légions, les commandent parfois, et finissent par restructurer l’Empire sur ses propres bases.

Ce qu’est être Blanc

Être Blanc, au sens où l’entend Rochedy, ce n’est pas une couleur de peau. C’est s’identifier spontanément aux Romains lorsqu’on pense à l’Empire romain. Et à ce titre, un Américain peut tout autant être Blanc qu’un Européen.

La filiation qu’il propose est limpide : Indo-Européens (eux-mêmes mêlés aux chasseurs-cueilleurs européens et aux fermiers anatoliens) → Grecs → Romains → Stoïcisme → Christianisme.

Rochedy, catholique revendiqué, prend ici le contrepied de Nietzsche, philosophe qu’il admire, et que j’ai personnellement également lu dans ma jeune vingtaines, galvanisé par la fougue de ses écrits. A l’anti-christianisme de Nietzsche, Rochedy oppose des arguments solides. Le christianisme ne détruit pas l’Europe : il la structure, la moralise, la démographise. Il favorise les naissances, notamment chez des élites romaines finissantes qui n’avaient plus d’enfants, et interdit la consanguinité, expliquant en partie pourquoi l’Europe affiche aujourd’hui les taux les plus bas au monde.

Germains, Francs et naissance de l’Europe médiévale

Lorsque Rochedy parle de germanisation, il évoque les fameuses invasions dites barbares. Là encore, l’enseignement scolaire a laissé une image uniquement destructrice. Or ces peuples sont aussi les Burgondes en Bourgogne, les Wisigoths dans le Sud-Ouest, et surtout les Francs, qui réunifieront l’ensemble dans un nouvel Empire sur le modèle romain.

Ils adoptent le christianisme de Rome, mais reblanchissent une culture romaine déjà très orientalisée sur sa fin. On notera d’ailleurs que les Allemands tirent leur nom des Alamans, les Anglais des Anglo-Saxons : autant de peuples germaniques — et, au fond, des Celtes au même titre que les Gaulois, simplement moins romanisés.

Le livre comme matrice de l’individu européen

J’ai également beaucoup aimé le passage du livre sur l’imprimerie. Rochedy rappelle un point essentiel : l’Occident n’invente pas l’imprimerie, mais il est le seul à en faire un usage civilisationnel total. En Chine comme dans le monde musulman, l’imprimerie reste marginale, administrative ou religieusement contrôlée. En Europe, avec Gutenberg, elle devient un vecteur de rupture anthropologique.

Au départ, on imprime la Bible, ce qui est déjà décisif, mais très vite, ce sont des milliers d’ouvrages profanes, philosophiques, scientifiques, juridiques, littéraires. Le livre cesse d’être un objet sacré ou réservé : il devient un outil individuel, manipulable, appropriable, lisible seul. C’est là que naît véritablement l’Européen moderne comme lecteur solitaire, capable de penser hors de toute médiation directe.

Je me retrouve un peu là dedans dans cette démarche avec ce site Metapolitique qui tache de donner envie de lire.

Une lecture salutaire

Qui sont les Blancs ? est don un livre que je recommande chaudement, c’est un livre facile à lire, structurant, qui oblige à penser l’histoire européenne autrement que par fragments culpabilisants ou récits moralisés.

On peut discuter certaines hypothèses, j’aurais souhiaté davantage de préhistoire ou une focalisation plus précise sur la formation du peuple français. Mais l’ensemble tient : cohérent, argumenté, et surtout rare par les temps qui courent.

Un livre à lire, non pour y chercher une vérité provocante, mais pour retrouver une vision longue, là où le présentisme domine désormais presque tout.

Extraits

Sur les empreintes:

Le grand avantage de la définition de l’identité comme étant une somme d’empreintes successives, c’est qu’elle procure l’image de traces en continu remontant à une source. Première remarque : ces différentes traces sont les nôtres, au sens où personne d’autre que nous n’a pu les laisser. Si je fais marche arrière, je ne peux que marcher « dans les traces de mes ancêtres ». Ceci est fondamental.

Deuxième remarque : certaines traces sont forcément plus importantes que d’autres, plus marquées dans le sol, plus profondes et plus visibles. Il en est de même pour notre identité.

Troisième et dernière remarque : il ne peut y avoir de véritables « ruptures » dans notre identité, car les traces forment nécessairement un fil ininterrompu. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, à la manière d’un homme se remémorant sa vie au seuil de sa mort et y trouvant bien souvent, manifestement, une cohérence malgré les événements, les choix et les vacillements divers et variés qui l’ont jalonnée, il existe, je crois, une pareille « cohérence » dans l’histoire des Blancs. Rien n’y apparaît subitement ou ne s’y enracine par hasard. Même les moments de grandes césures apparentes se révèlent être d’une parfaite logique ; rien, ou presque, n’est accidentel, fortuit, tombant du ciel.

L’empreinte du froid:

Mais ce qui nous intéresse le plus, c’est l’empreinte psychique qu’il pourrait avoir laissée sur les Blancs, même résiduelle. Des chercheurs s’interrogent sur l’origine possiblement néandertalienne de gènes associés à la dépression, à laquelle les Européens semblent plus exposés. L’idée mérite d’être creusée. Après tout, on peut concevoir que notre lointain grand-père, solitaire et impénétrable, peut-être un brin mélancolique et rêveur à la manière d’un homme du Nord, nous ait transmis un fond de sensibilité accrue et d’introversion tendanciellement persistante. Pourquoi pas ? Ces Européens si nombreux qui, au fil de l’histoire et jusque parmi nous, préfèrent la retraite à la foule, sont hypersensibles au bruit, demeurent profondément introvertis et repliés, parfois dépressifs, ou carrément autistes, explorant leur for intérieur pour en tirer parfois des trésors de poésie, de pensée ou d’art — se pourrait-il que, dans ces élans comme dans ces silences, s’exprime un très vieil ancêtre archaïque ? Nous ne pouvons évidemment pas le prouver. Mais l’idée a, reconnaissons-le, un certain charme.

Sur le christianisme:

Il est rigoureusement impossible que le christianisme ait pu s’enraciner aussi profondément en Europe sans y avoir trouvé un terrain au moins partiellement favorable — ou, à tout le moins, moins hostile qu’on ne l’imagine parfois. À moins d’adopter une lecture idéaliste, irréaliste, voire complotiste de l’Histoire — lecture selon laquelle les grands bouleversements ne seraient jamais que les conséquences de décisions prises en haut lieu, imposées d’en haut à des peuples passifs et dupes —, il faut admettre qu’une telle greffe n’a pu prendre sans affinités préalables. Imaginer que des élites auraient subitement contraint des millions d’Européens à adopter une religion radicalement étrangère à tout ce qu’ils étaient, et que ces derniers, à quelques résistances près — les Saxons sous Charlemagne, les Baltes face aux chevaliers teutoniques, etc. —, auraient docilement abandonné leurs croyances ancestrales, accepté leur aliénation et fini, en quelques générations, par vénérer ce qui les niait, ne tient pas. Ce récit contredit non seulement toute analyse sérieuse des phénomènes historiques, mais aussi une conception de l’identité pensée comme sédimentation d’empreintes successives.

Sur notre fond grec:

Le jour où il n’y aura plus rien de grec au fond de nous, le jour où nous ne pourrons plus enfanter de petits Hellènes, spirituellement et physiquement, il n’y aura plus de nous : c’est aussi simple, aussi radical que cela. S’il fallait une preuve de cette affirmation, il n’y a qu’à s’aviser que les penseurs de la déconstruction, ceux de la French Theory qui donnera le wokisme, avaient pour programme d’abattre le Grec en nous¹, ce qui est, d’un point de vue purement stratégique, tout à fait pertinent. Car, démolir la part grecque en nous, c’est définitivement tuer le Blanc. N’importe quel contempteur de la civilisation européenne doit prioritairement s’atteler à relativiser, à critiquer, à faire oublier la Grèce s’il veut voir son projet de haine aboutir. Il suffit cependant qu’un tel projet soit pulvérisé pour qu’un Blanc s’en remémore.

Sur l’imprimerie:

C’est là un élément au moins aussi important que la diffusion des savoirs permise par l’imprimerie : le simple fait que l’homme puisse désormais apprendre et penser seul est, peut-être, le véritable et plus grand bouleversement intellectuel de la Renaissance. Car le livre ne se contente pas de transmettre des idées : il engendre aussi un nouveau type d’homme, l’individu, né du retrait, du silence, de l’appropriation intérieure qu’exige inévitablement la lecture.

Par son goût du livre qui naît à cette époque, je crois que l’homme blanc accentue le léger autisme qu’il tient déjà du froid. Il nourrit ce goût justement parce qu’il possède déjà cette disposition. Ensemble en tout cas, ils contribuent puissamment à son individualisme.

Discussion membre

Discussion et réponses

Connectez-vous pour lire la discussion membre et participer à la conversation autour de ce contenu.

Conversation réservée aux membres

La discussion autour de ce contenu est réservée aux membres connectés. Utilisez l'accès par e-mail sans mot de passe pour lire le fil et publier votre réponse.

Se connecter pour participer