Théorie de Jésus – Biographie d’une idée
Positionnement idéologique
Michel Onfray réexamine la figure de Jésus à travers la thèse mythiste, largement ignorée par les théologiens. Il soutient que Jésus n’a pas existé historiquement et qu’il s’agit d’un “Logos” façonné à partir de traditions religieuses antérieures, surtout celles de l’Ancien Testament. Les récits évangéliques — nativité, miracles, paraboles, résurrection — sont analysés comme des constructions symboliques et non des faits. L’auteur critique aussi la formation du judéo-christianisme et les tentatives jugées frauduleuses d’étayer l’existence physique de Jésus par des reliques comme le Suaire de Turin. Il conclut que la force de Jésus tient à sa postérité textuelle et esthétique plutôt qu’à une réalité historique.
Le texte de Michel Onfray propose une relecture radicale de la figure de Jésus : il n’est pas un homme historique, mais un Logos, un concept créé par l’agrégation et la réalisation allégorique de prophéties de l’Ancien Testament. Ce Jésus est un Juif judéocide qui, par ses actions et sa morale de la violence, abolit la Loi juive au lieu de l’accomplir, préparant ainsi la naissance du judéo-christianisme. La véritable Résurrection se manifeste par l’immortalité de cette idée textuelle, qui est ensuite diffusée par l’image et le concept dans la civilisation occidentale.
La couverture présente la fresque de Fra Angelico, La Moquerie du Christ avec Marie et saint Dominique.
Voici un résumé, organisé selon la structure de l’ouvrage :
Préface – D’où Jésus ?
Onfray commence en comparant la foi en Dieu et Jésus à la croyance au Père Noël, notant que l’abandon de cette dernière est signe de santé mentale, alors que l’abandon de la première est souvent fustigé comme de l’athéisme répréhensible. L’éducation catholique de son enfance lui a transmis des histoires, comme celle de la naissance de Jésus le 25 décembre à Bethléem, visité par les Rois mages. Il découvre plus tard que ces récits sont des fictions.
Sa conviction que Dieu et Jésus sont des créations de l’homme est née de l’intuition que l’homme a fait Dieu à son image, et non l’inverse. S’appuyant sur Feuerbach, il explique que l’homme inverse ses propres impuissances (la souffrance, la mortalité, l’ignorance) pour construire une puissance éternelle et omnisciente—Dieu, qui existe donc comme une fiction.
Concernant Jésus, l’auteur a compris que les récits de miracles, comme la résurrection de Lazare, sont des allégories. Les guérisons symbolisent le passage d’une vie mutilée à une vie accomplie grâce à la parole de Jésus (le Logos).
L’auteur révèle que son maître, Lucien Jerphagnon, l’a encouragé à écrire un livre sur Jésus, en le présentant comme un « Christ en pointe sèche, dégagé de tous ces enduits couleur étron-passé ». Ce livre est donc écrit en adoptant la thèse des mythistes, selon laquelle Jésus n’a pas eu d’existence historique, mais est une figure conceptuelle.
Préambule – « AU PRINCIPE ÉTAIT LE LOGOS » – Figurer Jésus
Ce préambule expose la thèse centrale : Jésus est une figure conceptuelle, une cristallisation d’idées, et n’a d’existence que dans le monde des idées.
L’auteur utilise la fresque de Fra Angelico, La Moquerie du Christ, pour illustrer cette nature. La fresque mélange le vériste (Jésus, Marie, Saint Dominique) et l’allégorique (des mains coupées de bourreaux, une tête crachant, la coexistence de personnages séparés par un millénaire). Le fond vert de la fresque est symbolique, représentant l’espérance (viridité), annonçant le salut.
Le corps du Christ forme un triptyque avec Marie (affliction) et Saint Dominique (méditation), le tout étant organisé autour de la couronne d’épines. La fresque représente une réalité intemporelle, prouvant que Jésus est une idéalité.
Introduction – Vérité mythiste
L’auteur défend la thèse mythiste de l’inexistence historique de Jésus. Il affirme que la charge de la preuve revient à ceux qui soutiennent l’existence historique, et qu’aucune preuve tangible n’existe pour l’heure. Les sources chrétiennes (les Évangiles) ne sont pas historiques mais apologétiques. Les historiens païens ou juifs contemporains (Flavius Josèphe, Tacite, Pline le Jeune) ne témoignent que de l’existence de chrétiens, pas d’un Jésus historique.
Jésus est donc un hypertexte, issu d’une relation textuelle. Les prétendues preuves matérielles de son existence historique (reliques, lieux saints) ont été en grande partie inventées par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, au IVe siècle. L’auteur cite l’exemple du linceul de Turin, dont la datation au carbone 14 prouve qu’il est médiéval, mais que les croyants refusent. En conclusion, il est dit que l’histoire de Jésus (la mère vierge, le bœuf, l’âne, les mages, la crucifixion sous Pilate, la résurrection) n’a aucune réalité factuelle, mais fait sens comme une création textuelle.
Première partie – HEURS & MALHEURS D’UNE FAMILLE REDÉCOMPOSÉE
Chapitre 1.1 – GÉNÉALOGIE: Naître d’une relation textuelle
Jésus est le produit d’une relation textuelle qui réalise les prophéties de l’Ancien Testament. Sa conception est spirituelle (Esprit saint), non gynécologique, et Jean l’énonce clairement : « Au commencement était le Verbe ».
La notion de la virginité perpétuelle de Marie est tardive (Concile de Constantinople, 553) et va à l’encontre des Évangiles qui mentionnent des frères et sœurs de Jésus. Joseph, le charpentier, est un figurant muet.
La nécessité de faire naître Jésus à Bethléem (ville de David) pousse Luc à inventer le recensement. Le bœuf et l’âne ne sont pas historiques, mais symbolisent la fidélité, citant Isaïe. La date du 25 décembre (solstice d’hiver) est choisie tardivement pour substituer la fête chrétienne au culte païen de Sol Invictus, assimilant Jésus à la lumière qui triomphe des ténèbres (référence à Isaïe). Les mages, dont les couleurs (blanc, jaune, noir) symbolisent l’universalité du message, sont guidés par une étoile allégorique.
Jésus manifeste une aversion pour sa famille de sang, affirmant que ses vrais proches sont ceux qui font la volonté de Dieu. Il invite même ses disciples à haïr leur père, mère, et autres membres de leur famille pour le suivre.
Chapitre 1.2 – PROMESSES: Le haut potentiel intellectuel d’un enfant roi
La fuite en Égypte, racontée par Matthieu pour échapper au massacre des Innocents par Hérode, est une relecture des événements de l’Ancien Testament (Moïse échappant au Pharaon) et réalise une prophétie de Jérémie.
Les évangiles apocryphes (comme l’Évangile du pseudo-Thomas) présentent Jésus enfant comme un enfant-roi capricieux et violent qui transgresse le sabbat et tue ceux qui lui déplaisent (même s’il les ressuscite). Ces récits sont vus comme des allégories montrant que désobéir au Messie entraîne la mort spirituelle.
L’épisode où Jésus, à douze ans, enseigne aux rabbins dans le Temple, est présent dans Luc (canonique) et Thomas (apocryphe). Le chiffre douze est symbolique (les tribus d’Israël, les apôtres). Le fait qu’il faille trois jours à ses parents pour le retrouver préfigure les trois jours entre sa mort et sa résurrection.
Deuxième partie – VIVRE UN MINISTÈRE MERVEILLEUX
Chapitre 2.1 – INITIATION: L’espace vital du désert messianique
Le corps de Jésus est textuel, idéel, et non charnel. L’auteur note que les auteurs du corpus vétérotestamentaire (les « vrais pères » de Jésus) ont construit un concept.
Le baptême de Jésus par Jean le Baptiste est un moment étrange, puisque Jésus n’a pas de péché à se faire pardonner. Il s’agit d’un combat pour la domination spirituelle, où Jean (l’ascète du désert) reconnaît la supériorité de Jésus (l’idéal pneumatique).
L’épreuve de la tentation dans le désert dure quarante jours et quarante nuits, ce chiffre étant hautement symbolique (Déluge, séjour de Moïse au Sinaï, errance des Hébreux). En citant l’Ancien Testament pour repousser Satan, Jésus prouve qu’il est destiné à effacer le Mal.
Chapitre 2.2 – MAGISTÈRE: Les poissons dans l’eau de Jean-Baptiste
Le ministère de Jésus commence après l’emprisonnement et la décapitation de Jean le Baptiste. La durée de ce ministère (un an et demi ou trois ans et demi) est elle-même symbolique, liée à des prophéties vétérotestamentaires (Daniel). Les moments biographiques majeurs de Jésus correspondent aux quatre temps cosmologiques (solstices et équinoxes).
À Nazareth, Jésus s’appuie sur le prophète Isaïe pour affirmer qu’il est le Messie attendu. Cependant, les habitants, le reconnaissant comme le simple fils de Joseph, veulent le précipiter du haut de la montagne, illustrant que nul n’est prophète en son pays.
Son programme est éthique : s’adresser aux pauvres, annoncer la délivrance aux captifs et rendre la vue aux aveugles, ce qui est une évangélisation (guérison spirituelle) qui accomplit Isaïe.
Le miracle de la pêche miraculeuse est l’un des premiers signes de sa puissance. Ce miracle est une allégorie : le mot grec pour « poisson » (ichthus) est l’acrostiche de « Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur ». La pêche annonce l’arrivée massive de disciples. De plus, le poisson est un animal thérapeute dans le Livre de Tobie, qui éloigne les démons et rend la vue aux aveugles spirituellement.
Chapitre 2.3 – MIRACLES: Jarres lépreuses & petits pains paralytiques
Le miracle n’est pas propre au christianisme (présent dans le paganisme et l’Ancien Testament). Les miracles de Jésus, comme la résurrection de Lazare (dont le nom signifie « Dieu a sauvé »), sont des affirmations performatives de la vérité conceptuelle, prouvant que l’évangélisation est la guérison.
Tous les miracles néotestamentaires (pouvoir sur l’ordre des choses, sur les éléments, sur les corps) citent des précédents vétérotestamentaires (Moïse ouvrant la mer, Élisée multipliant le pain/guérissant les lépreux).
Le seul miracle nouveau est celui des noces de Cana (transformer l’eau en vin), qui est spécifiquement chrétien. Il symbolise la Nouvelle Alliance : l’eau lustrale du judaïsme est remplacée par le vin, qui annonce le sang du Christ versé pour le Salut, préparant ainsi l’Eucharistie.
L’auteur rappelle que le miracle est un signe de Dieu qui prouve la vérité de la parole biblique et distingue la misère de l’homme sans Dieu (condition humaine terrestre) de la béatitude de l’homme avec Dieu (nature angélique/divine). Les apôtres eux-mêmes sont appelés à accomplir les mêmes miracles.
Troisième partie – FORGER LE JUDÉO-CHRISTIANISME
Chapitre 3.1 – THÉOLOGIE: L’au-delà ici et maintenant
Jésus enseigne en compagnie de douze apôtres (symbole des douze tribus d’Israël). Son enseignement est double (ésotérique pour les disciples, exotérique pour la foule).
La parabole du semeur est un exemple analysé: le grain est la Parole (Logos), la semaille est la Bonne Nouvelle, et la « bonne terre » est l’individu disposé à la recevoir. Les paraboles ont un sens littéral, un sens allégorique (ex. : blé = Parole), et un sens généalogique (citer l’Ancien Testament pour valider le message néotestamentaire).
L’auteur isole la question de la parousie (le retour du Christ sur Terre du vivant de ses contemporains) comme la clé de voûte de la doctrine chrétienne. Les paraboles invitent à la patience pour le Jugement dernier, mais saint Paul (et Marc) affirment que cet événement devait arriver très prochainement. Puisque deux mille ans se sont écoulés, ce retard est incompréhensible, sauf si Jésus est un concept, ayant dès lors l’éternité devant lui.
Chapitre 3.2 – ÉTHIQUE: Le fouet & les Béatitudes
L’auteur souligne la contradiction de Jésus : comment concilier celui qui invite à tendre l’autre joue avec celui qui utilise un fouet pour chasser les marchands du Temple (des Juifs vendant des animaux pour les sacrifices). L’expulsion symbolise l’abolition de la Loi juive par la foi nouvelle.
Le Sermon sur la montagne (Béatitudes) est un éloge des opprimés et des accidentés de la vie. Bien que Jésus affirme ne pas être venu abolir mais « compléter » la Loi, son action (le fouet) et sa parole prouvent qu’il vient pour la renverser. La destruction du Temple, qu’il promet de reconstruire en trois jours, est l’annonce codée de sa mort et résurrection, marquant le remplacement du judaïsme par le christianisme.
La parabole des vignerons homicides illustre cette violence. Le propriétaire, irrité par les locataires (les Juifs) qui tuent ses envoyés (les prophètes), fait périr les vignerons (le mot étant parfois traduit par exterminer).
La parabole des mines pose un problème éthique encore plus aigu. L’homme de haute naissance (Jésus) revient et ordonne de faire égorger devant lui ses ennemis qui n’ont pas voulu qu’il règne sur eux. Cette sentence est une morale de la violence qui contredit l’éthique de la douceur des Béatitudes, ciblant encore une fois les Juifs qui refusent de croire.
Chapitre 3.3 – MORALE: Un Juif contre les Juifs au nom des Juifs
Jésus met en garde les villes qui refusent sa Bonne Nouvelle (ex: Chorazin, Bethsaïde) de subir un châtiment pire que Sodome.
Il utilise des paraboles violentes, comme celle du serviteur impitoyable, où le roi livre le débiteur qui n’a pas fait preuve de clémence aux « bourreaux ». La parabole des noces raconte comment le roi punit ceux qui refusent son invitation (les Juifs) et même ceux qui sont raflés dans la rue sans vêtement de noces (les nouveaux convertis mal préparés), les condamnant à la géhenne. Ces histoires justifient l’arbitraire punitif contre les Juifs qui s’accrochent à la Loi ancienne.
Jésus se moque de la Torah en transgressant le sabbat. Il affirme être le maître du sabbat, se plaçant au-dessus de la Loi. De même, il ne respecte pas les commandements concernant l’adultère (qu’il pardonne à la femme pécheresse) ou l’honneur des parents (qu’il invite à haïr).
Il transgresse aussi l’interdit de l’Ancien Testament contre le vol en valorisant la ruse dans la parabole de l’intendant infidèle. L’intendant (Jésus) est loué pour sa prudence après avoir fraudé son patron (le Juif). L’auteur conclut que Jésus ne vient pas pour compléter la Loi, mais pour l’abolir et la remplacer par la sienne, ce qui offense profondément les Juifs.
Chapitre 3.4 – NIHILISME: Mener une vie non juive
Jésus ne parle pas de la circoncision de la chair, la considérant comme accessoire par rapport à la circoncision du cœur (une idée que Saint Paul théorisera). Son silence équivaut à une déclaration de caducité de cette pratique juive fondamentale.
Il tourne le dos à l’impératif judaïque de se marier et se multiplier. Bien qu’il célèbre le mariage, il déclare que l’idéal est la stérilité (ceux qui se sont rendus « eunuques à cause du Royaume des Cieux »). Il promet d’immenses bénéfices à quiconque quitte femme et famille pour lui.
De plus, Jésus, qui ne travaille pas (charpentier), vit de mendicité et d’aumônes. L’Évangile de Luc révèle qu’il est assisté financièrement par des femmes mécènes qui l’aident, lui et ses douze apôtres, dans leurs pérégrinations. Le comptable de cette communauté est Judas l’Iscariote.
L’ensemble des transgressions de Jésus (non-respect du sabbat, abolition de la cacherout, éloge de la haine familiale, incitation à la stérilité, remise en question de la Loi) constitue une offense maximale pour les Juifs, dont la Loi mosaïque prévoit la peine de mort pour la violation du sabbat et la fausse prophétie.
Quatrième partie – MOURIR SANS DIEU
Chapitre 4.1 – DIALECTIQUE: Judas pendu par Jésus
L’auteur note les terribles imprécations de Jésus contre les Juifs, notamment chez Jean, où les Juifs persécutent Jésus parce qu’il viole le sabbat et se fait l’égal de Dieu. Jésus leur signifie que le salut viendra d’eux seulement s’ils cessent d’être juifs pour devenir chrétiens, les insultant en affirmant qu’ils adorent ce qu’ils ne connaissent pas.
Jésus commet sept infractions passibles de la peine de mort selon la Loi juive (profanation du nom de Dieu, fausse prophétie, violation du sabbat, etc.).
Judas n’est pas un traître par libre arbitre, mais un personnage conceptuel qui obéit au plan mythique pour que les Écritures s’accomplissent. Jésus sait qu’il est en train de le livrer. La trahison n’est pas celle de Judas envers Jésus, mais celle de Jésus qui trahit Judas en l’instrumentalisant pour sa mort, l’envoyant au diable et à la pendaison.
Chapitre 4.2 – PASSION: Pourquoi l’a-t-il abandonné ?
Jésus continue d’attaquer les Juifs, les associant aux riches et aux puissants. Il promet la destruction totale du Temple de Jérusalem.
Lors de la Cène (Nouvelle Pâque), Jésus remplace les rituels juifs par les siens (le vin = sang, le pain = chair), signifiant l’abolition de l’Ancienne Alliance. La mort de Jésus est nécessaire pour le roman de sa vie.
La nuit de sa mort, Jésus exprime le doute et l’agonie, transpirant des caillots de sang et demandant à Dieu d’éloigner « cette coupe ». L’auteur s’étonne de cette peur chez un homme qui connaît son futur (résurrection). Les apôtres l’abandonnent.
Lors de son procès, Pilate ne trouve rien à reprocher à Jésus, qui n’est pas un ennemi de Rome. Ce sont les Juifs qui exigent sa mort (parce qu’il a ruiné leur religion et leur identité).
Sur la Croix, Jésus crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Cette phrase n’est pas un fait historique mais une citation textuelle du Psaume XXII.
Chapitre 4.3 – RÉSURRECTION: Jésus revient
Au moment de sa mort, l’évangéliste Matthieu rapporte des prodiges cosmiques (ténèbres en plein jour, tremblement de terre, morts sortant de leurs tombeaux) qui n’auraient pu passer inaperçus aux yeux des historiens.
Les quarante jours entre la Résurrection et l’Ascension sont symboliques, quarante étant le chiffre du passage et de l’accomplissement d’un cycle. Le récit de la Résurrection varie selon les évangiles (nombre de femmes, d’anges).
Jésus apparaît à ses disciples, prouvant qu’il n’est pas un esprit, mais un corps de chair et d’os qui mange du poisson (un symbole). Il explique que sa vie et son œuvre ne se comprennent qu’à travers la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.
La vie post mortem de Jésus montre un corps à la fois charnel (avec des os et des plaies visibles) et surnaturel (capable d’apparaître et de disparaître au travers de murs barricadés).
Conclusion – DANS LES PLIS DU LINCEUL: LA VIE POST MORTEM DE JÉSUS
L’auteur affirme que l’on n’en finit jamais avec un corps textuel, et que l’étude de Jésus doit se concentrer sur les productions du jésuchristisme (notamment l’islam, le Talmud, le platonisme).
Les Évangiles sont des copies de copies, dans des langues traduites, ce qui rend leur fiabilité historique très faible.
Concernant les reliques, l’auteur note que la Bible parle de bandelettes pour envelopper le corps et le visage du Christ, et non d’un long linceul de 4,42 mètres. Le linceul de Turin et le voile de Manoppello sont donc considérés comme des faux, le pape Clément VII ayant même reconnu en 1390 que le suaire était une « peinture ou tableau ».
L’absence de description physique de Jésus dans les textes a été comblée par l’art (la force esthétique). L’autorisation des images par le deuxième concile de Nicée (787) fut un tournant majeur, permettant à la civilisation occidentale de s’émanciper de l’interdit iconoclaste juif. Le Jésus textuel et conceptuel est devenu le Jésus iconique et figuré, assurant ainsi sa survie.
La Résurrection de Jésus est sa survie conceptuelle, menant à l’avènement d’une civilisation du virtuel qui efface le réel (le projet transhumaniste), ce qui pourrait être vu comme l’aboutissement de la parousie.
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