Vers la Féminisation ?
Positionnement idéologique
Cet ouvrage propose une critique acerbe de la féminisation de la société, qu'il perçoit comme une dérive orchestrée par le néo-libéralisme. L'auteur soutient que l'effacement de l'autorité du père et des valeurs viriles au profit d'un psychologisme féminin favorise le consumérisme et la passivité politique. Il analyse le féminisme non pas comme une libération, mais comme une idéologie servant les intérêts de la bourgeoisie et de la production de masse. En s'appuyant sur la psychanalyse et la sociologie, Soral affirme que cette mutation culturelle conduit à un appauvrissement intérieur et à une perte du sens moral. Selon lui, seule une conscience globale réhabilitant le rôle social de l'homme peut contrer ce chaos social-démocrate.
Dans ce livre, Alain Soral développe une thèse radicale selon laquelle la féminisation de la société n’est pas un progrès humaniste, mais une manipulation orchestrée par l’oligarchie néo-libérale pour affaiblir la résistance politique du peuple. S’appuyant sur une dialectique marxiste et les théories structuralistes, l’auteur affirme que la femme est privilégiée par le pouvoir actuel précisément parce qu’elle serait, par sa structure psychique, un être du désintérêt politique et de la gestion immédiate, dépourvue de vision collective d’avenir.
Le cœur de sa réflexion repose sur la différence des structures mentales issues de l’évolution du complexe d’Œdipe. Selon Soral, le garçon accède à la sphère économico-sociale et à la loi morale par le « meurtre du père », une rupture qui lui permet de concevoir le monde en termes de lutte et de projet politique. À l’inverse, la femme resterait enfermée dans une catégorie psychologico-affective, appréhendant le monde à travers le prisme de la séduction, du sentiment et de la consommation.
L’auteur dénonce ce qu’il appelle le « totalitarisme du féminisme », qu’il considère comme un mouvement de la bourgeoisie de gauche déconnecté des réalités sociales des femmes travailleuses. Pour lui, la féminisation des esprits complète la « maastrichtisation » des institutions : en remplaçant l’opposition virile des idées par une compétition des pathos et un narcissisme de la jouissance immédiate, le système neutralise toute velléité de citoyenneté souveraine. Cette mutation serait indissociable de l’extension du secteur tertiaire et de l’affaiblissement de la figure paternelle, transformant le citoyen en un pur consommateur immature au service du marché.
En somme, Soral voit dans la féminisation un processus d’abêtissement et de division sociale qui, sous couvert d’égalité, sert les intérêts de la rentabilité et de la domination oligarchique.
Introduction : La femme est l’avenir de l’homme
L’introduction de cet ouvrage, intitulée « La femme est l’avenir de l’homme », pose les jalons d’une critique radicale de ce que l’auteur appelle l’idéologie dominante de notre époque. Voici un résumé détaillé des points clés abordés dans ce chapitre :
1. La déconstruction d’un slogan publicitaire
L’auteur commence par s’attaquer à la célèbre sentence d’Aragon, « La femme est l’avenir de l’homme », qu’il considère comme le credo idéologique contemporain. Il souligne avec ironie que ce slogan a fini par se transformer en argument de vente (comme dans les catalogues de vente par correspondance), visant à couper court à toute réflexion sérieuse au profit d’une prétendue « intuition » ou « sensibilité » féminine. Pour Soral, le fait que cette phrase soit devenue intouchable doit précisément inciter à la méfiance et à l’analyse critique.
Cette célèbre phrase provient du recueil de poèmes Le Fou d’Elsa de Louis Aragon, publié en 1963. Elle a été popularisée notamment par la chanson de Jean Ferrat portant le même titre, et est devenue un symbole récurrent du féminisme, de l’émancipation des femmes et d’une vision progressiste de la société
2. Une asymétrie de la critique sociale
Soral note une contradiction frappante dans la société libérale actuelle : alors qu’il est permis, voire encouragé, de critiquer les fondements traditionnels (la chrétienté, la science, la république, la famille ou le père), il est devenu quasiment interdit de ne pas dire du bien des femmes. Il dénonce une pression médiatique croissante qui impose la féminité comme la « sensibilité modèle ».
3. La thèse centrale : La femme comme alliée du néo-libéralisme
L’argument le plus profond de cette introduction est que la promotion de la femme au pouvoir n’est pas un hasard, mais un choix stratégique de l’oligarchie. L’auteur suggère que la femme est privilégiée par les tenants du système néo-libéral car elle serait fondamentalement sans vision politique et sans projet social collectif.
- Désintérêt politique : Soral définit ici la femme comme un être acceptant le système en vigueur comme « naturel » ou « indépassable ».
- Relais du pouvoir : L’oligarchie l’utiliserait donc comme un relais privilégié pour la gestion et le commentaire journalistique afin de conforter sa propre domination.
4. La « maastrichtisation » des esprits
Pour l’auteur, ce processus de féminisation des esprits est le complément psychologique de la « maastrichtisation » des institutions. L’objectif serait de réduire, jusque dans la conscience des citoyens, toute aspiration au pouvoir politique réel. En remplaçant le débat politique viril par une sensiblerie féminine, le système neutraliserait le contenu sérieux de la démocratie, définie comme le pouvoir de décision du peuple.
5. Objectif de l’ouvrage
Cette introduction présente le livre comme un outil pour aider l’« honnête homme » à se défendre contre l’arrogance des élites. Soral annonce qu’il va répondre à quatre questions préalables pour étayer sa thèse :
- Qu’est-ce que la femme ?
- Qu’est-ce que la féminité ?
- Qu’est-ce que le féminisme ?
- Comment s’est mis en place ce processus de féminisation ?
En résumé, pour l’auteur, la féminisation n’est pas une libération, mais une manipulation anti-démocratique dont la majorité des femmes (ouvrières et employées) sont, selon lui, les premières victimes et les jouets.
Chapitre 1 : La femme existe-t-elle ?
Dans ce premier chapitre, l’auteur s’interroge sur l’existence d’une nature féminine commune qui dépasserait la diversité des individus. Il structure son analyse autour de la biologie et de la psychanalyse pour définir ce qui constitue l’essence de la femme selon sa perspective.
1. Une misogynie historique constante
L’auteur souligne que, contrairement aux révolutions scientifiques (comme en physique), l’idée de la femme est restée d’une stabilité remarquable dans la misogynie à travers les âges. Il cite de grands penseurs (Aristote, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Freud) qui, tous, s’accordent sur une certaine « infériorité » ou « incapacité » politique et sociale de la femme. Pour l’auteur, cette difficulté de l’homme à penser la femme objectivement vient de son lien originel à la Mère, figure oscillant entre fascination (nostalgie du paradis perdu) et haine (déception face à la femme réelle).
2. Le corps comme origine de l’esprit
Rejetant le dualisme qui séparerait l’esprit du corps, l’auteur affirme que « l’esprit vient d’abord du corps ». Il prend l’exemple de l’anorexie mentale chez la jeune fille, qu’il interprète comme un refus pathologique de devenir une « femme biologique ». Selon lui, ce refus de se nourrir est un refus de la passivité, des formes sexuelles et de la fonction de maternité, perçues par l’anorexique comme une régression dévalorisante par rapport aux activités « masculines » (études, sport).
3. Les déterminations biologiques et leurs conséquences psychiques
L’auteur dresse une liste de différences biologiques fondamentales qui, selon lui, façonnent la psyché féminine :
- La cavité intérieure : Contrairement à l’homme dont le sexe est extérieur, la femme possède une cavité, induisant l’idée que sa plénitude vient de l’extérieur.
- Les rythmes naturels : Les règles rappellent périodiquement à la femme son lien à la nature, favorisant une sensibilité au concret et au quotidien plutôt qu’aux abstractions.
- La séduction comme stratégie : Disposant de moins de masse musculaire, la femme utiliserait la séduction et la psychologie (manipulation) plutôt que la force brute pour obtenir ce qu’elle veut.
- La maternité : Sa constitution physique (réserves de graisse, endurance) est orientée vers la gestion du quotidien et la survie de la progéniture, ce qui l’éloignerait des projets spectaculaires ou politiques.
4. La dissymétrie de l’Œdipe
C’est le point pivot du chapitre. L’auteur explique que la structure mentale de l’homme et de la femme diffère radicalement à cause de l’évolution du complexe d’Œdipe :
- Chez le garçon : L’irruption du père brise le duo fusionnel avec la mère. Le « meurtre du père » est l’acte fondateur qui permet au garçon d’accéder à la loi morale et à la sphère économico-sociale (le monde du travail et de la lutte politique).
- Chez la fille : Il n’y aurait pas de meurtre du père car la fille passe de l’amour de la mère à la séduction du père. Elle reste donc enfermée dans une seule catégorie mentale : le psychologico-affectif.
L’auteur conclut que l’esprit féminin souffre d’une « réduction psychologiste ». Faute d’avoir vécu la rupture œdipienne du meurtre du père, la femme tendrait à ramener tous les problèmes du monde (même politiques ou économiques) à des questions de sentiments, de relations individuelles ou de séduction.
Pour illustrer ce concept, on peut considérer que le garçon, par son conflit avec le père, est forcé de sortir de la maison – la sphère privée affective – pour comprendre comment fonctionne la cité – la sphère publique politique. La fille, quant à elle, resterait à l’intérieur de la maison, cherchant à aménager et à embellir l’espace privé, convaincue que les lois de la maison – les sentiments – sont les seules qui régissent le monde extérieur.
Chapitre 2 : Qu’est-ce que la féminité ?
1. La double détermination de la réalité humaine
Pour Soral, tout phénomène humain résulte d’une double influence : le psychologico-affectif (les relations intimes, l’individu) et l’économico-social (les rapports de force entre groupes, les intérêts financiers). L’auteur affirme que la « pensée » véritable nécessite une « virilité intellectuelle » capable de faire la synthèse entre ces deux niveaux. Selon lui, le social est le moyen par lequel l’affectif peut se réaliser historiquement.
2. La « réduction psychologiste »
Le concept central de ce chapitre est que l’esprit féminin souffre d’une tendance à réduire la marche du monde aux seules déterminations affectives.
- Incapacité politique : Faute de saisir les mécanismes économiques (comme la concurrence mondiale ou les luttes de classes), la femme ramènerait les conflits collectifs à des questions d’humeur ou de sentiments individuels.
- Intuition vs Raison : Ce que l’on appelle « intuition féminine » ne serait qu’une sensibilité accrue aux origines affectives des actes, mais qui échouerait à comprendre la spécificité des phénomènes politiques.
3. Exemples de « féminité intellectuelle »
L’auteur critique deux grandes figures intellectuelles pour illustrer ce qu’il considère comme une faillite de la pensée due au psychologisme :
- Hannah Arendt : Soral accuse son analyse du totalitarisme de mépriser le peuple et d’ignorer totalement les causes économiques. Il qualifie sa prose de « totalitarisme psychologiste », affirmant qu’elle réduit des mouvements historiques complexes à des termes biologiques ou magiques comme des « virus » ou des « obsessions ».
- Élisabeth Badinter : Elle est critiquée pour son « psychologisme réactionnaire ». Soral lui reproche d’analyser l’histoire (notamment les Lumières et la Révolution) à travers le prisme des valeurs de boudoir et de la « délicatesse », ignorant la réalité sociale de 99 % de la population de l’époque.
4. Morale, conformisme et absence de « meurtre du père »
La structure mentale féminine, n’ayant pas vécu la rupture du meurtre du père, aurait des conséquences éthiques majeures :
- Amoralisme familial : L’idée du bien se limiterait chez la femme à l’amour instinctif de sa propre famille (clanisme), l’empêchant d’accéder à la morale universelle qui exige de dépasser les préférences affectives pour la loi commune.
- Soumission au pouvoir : L’absence de conflit œdipien avec le père conduirait les femmes à considérer l’ordre dominant (le système actuel) comme indiscutable et naturel.
5. Épistémologie : le désir de plénitude contre la conquête
Soral oppose la structure biologique et mentale des sexes :
- Logique du « peut-être » : Contrairement à l’homme dont le désir est binaire (oui/non, vrai/faux), la femme se mouvrait dans une indétermination propice à la séduction et à la pensée magique (comme l’astrologie).
- Analyse vs Plénitude : L’homme serait poussé à la conquête et au démontage analytique de l’objet (pénétration sublimée), tandis que la femme chercherait la plénitude et le sentiment d’être investie par une puissance extérieure.
L’auteur précise que la féminité n’est pas une essence fixe, mais une tendance. Elle résulte du mélange entre les aspirations du corps (être) et les pratiques sociales (faire). Il note cependant que dans la société actuelle, les accidents œdipiens ou les mutations du travail poussent de plus en plus d’hommes à penser et à se comporter comme des femmes, c’est-à-dire à perdre toute vision politique globale au profit du seul narcissisme de la jouissance.
Pour illustrer cette « réduction psychologiste », Soral suggère que si un petit patron doit licencier, une vision « féminine » y verra une preuve de méchanceté personnelle ou de mauvaise humeur, là où une vision « virile » (au sens intellectuel) comprendra que c’est la pression du marché mondial et des coûts salariaux qui impose cette décision au patron, quelle que soit sa gentillesse.
Chapitre 3 : Pour en finir avec le féminisme
Alain Soral y déconstruit le mouvement féministe en le présentant non pas comme une libération, mais comme une idéologie de classe et une pathologie psychologique.
1. La substitution du prolétaire par la femme opprimée
L’auteur affirme que dans l’imaginaire collectif moderne, la figure de la femme sexuellement opprimée a remplacé celle du prolétaire comme figure centrale de la victime. Il rejette la vision « fantasmatique » d’une histoire coupée en deux : un passé de soumission totale et un présent de libération par la consommation. Soral rappelle que l’histoire regorge de « maîtresses-femmes » (reines, courtisanes, intellectuelles) qui n’ont jamais attendu Mai 68 pour exercer un pouvoir réel.
2. Le déni des classes sociales
Pour l’auteur, le féminisme commet une erreur fondamentale en traitant « la femme » comme une catégorie sociale homogène.
- Intérêts divergents : Il n’existe pas de « condition féminine » unique ; la femme bourgeoise (souvent féministe) exploite la femme travailleuse (caissière, employée) sans aucune solidarité réelle.
- Réduction psychologiste : Le féminisme permet aux femmes privilégiées de se croire opprimées, spoliant ainsi le travailleur de son seul prestige : celui de l’opprimé réel.
3. La masculinité de la création culturelle
Soral soutient que la création culturelle (musique, mathématiques, philosophie) a été, à travers les âges, le fait quasi exclusif des hommes.
- Réfutation de l’inhibition : Il rejette l’argument selon lequel les femmes auraient été « empêchées » de créer par les hommes. Il souligne que les génies masculins (Socrate, Galilée, Marx) ont eux aussi été persécutés par le pouvoir, mais qu’ils ont produit leurs œuvres malgré tout.
- Le rôle des femmes d’élite : Historiquement, les femmes de la classe dominante, qui avaient le loisir de créer, se sont contentées d’être des muses, des salonnières ou de pratiquer un « maniérisme » consistant à copier les œuvres masculines.
4. Les deux visages du féminisme : « La Flippée » et « La Pétasse »
L’auteur distingue deux courants qu’il juge pathologiques :
- Le féminisme masculinisant (Simone de Beauvoir, « la flippée ») : Issu d’un refus du corps féminin et de la maternité, perçus comme une aliénation ou un dégoût. C’est une tentative d’atteindre l’esprit masculin en niant sa propre nature biologique.
- Le féminisme féminisant (Élisabeth Badinter, « la pétasse ») : Plus moderne, il revendique la « différence » féminine et le psychologisme comme une force. Il sert surtout à justifier l’arrivisme des femmes dans les nouveaux métiers du secteur tertiaire (communication, médias).
5. La dévalorisation de la maternité
Soral accuse le féminisme d’être profondément machiste car il méprise le travail de la maternité et du maternage, le seul authentiquement féminin. En poussant les femmes vers le salariat, le féminisme les a condamnées à la « double journée » : servir un patron qu’elles n’ont pas choisi pendant huit heures avant de s’occuper de leur foyer. Ce processus servirait avant tout la rentabilité du capitalisme néo-libéral.
6. L’appauvrissement culturel par le féminin
L’auteur critique la culture « efféminée » actuelle :
- La presse féminine : Des magazines comme ELLE réduisent le monde à la consommation, au maquillage et à l’astrologie.
- La littérature et le cinéma : Soral dénonce la prolifération de « romans tartignols » et d’un cinéma intimiste geignard qui évacue les véritables enjeux politiques et sociaux au profit du seul pathos sentimental.
- Les arts « authentiques » : Selon lui, la comédie et la danse sont les seuls arts où la femme excelle car ils reposent sur la séduction et le corps.
Pour illustrer cette critique du féminisme, l’auteur semble suggérer que le mouvement agit comme un miroir déformant : il convainc la châtelaine qu’elle partage les mêmes chaînes que sa servante parce qu’elles portent toutes deux une jupe, tout en jetant aux orties les clés de la maison (la maternité) pour aller mendier une place de subalterne dans l’usine du voisin.
Chapitre 4 : La féminisation en marche
L’auteur analyse les mécanismes économiques, affectifs et stratégiques qui imposent, selon lui, la féminisation à l’ensemble de la société.
1. L’origine économique : L’évolution du travail
L’auteur affirme que la féminisation commence par une transformation radicale du monde productif.
- Extension du secteur tertiaire : Le passage d’une économie industrielle (mines, agriculture) à une économie de services a rendu la force physique masculine caduque, facilitant l’accès des femmes au travail de bureau.
- Parcellisation et Taylorisme : La division extrême des tâches (tant à l’usine qu’au bureau) a réduit le champ de responsabilité et de conscience du travailleur. Ne comprenant plus son rôle dans le projet collectif, l’homme moderne perd sa vision politique globale pour ne plus percevoir le monde qu’à travers des variations psychologico-affectives, rejoignant ainsi la structure mentale qu’Alain Soral attribue aux femmes.
2. L’origine affective : L’affaiblissement de la figure paternelle
Cette mutation économique bouleverse la structure familiale et, par extension, la formation des consciences.
- Le « père faible » : Féminisé par son travail subalterne dans le tertiaire, le père ne joue plus son rôle d’initiateur à la loi morale et à l’effort.
- Carence morale et narcissisme : L’enfant éduqué sans cette autorité paternelle (ou avec un père déresponsabilisé) tend à voir le monde comme un prolongement de la mère, fondé sur la séduction et le charme immédiat. Il devient un adulte immature, incapable de jugement moral universel et de sens civique, dont l’unique horizon est la jouissance et la consommation.
3. L’origine stratégique : Un outil pour le néo-libéralisme
Pour l’auteur, la féminisation est activement encouragée par l’oligarchie néo-libérale car elle garantit profit et obéissance.
- Neutralisation de l’opposition : Le système préfère des individus (hommes ou femmes) « adolescents » qui ne se préoccupent pas de politique.
- La femme comme relais du marché : L’oligarchie utilise la femme pour relancer la consommation (nouveau marché) et pour occuper des postes de communication ou de gestion subalterne. Selon l’auteur, son prétendu désintérêt pour les enjeux politiques profonds en fait une exécutante plus zélée et moins corruptible pour appliquer les restructurations sociales décidées par le pouvoir financier.
4. La figure de la « jeune fille bourgeoise de gauche »
L’auteur consacre une critique acerbe à cette figure qu’il considère comme le sommet de l’inconscience promue par le système.
- Éloignée des réalités du travail et de la maternité, elle incarne un psychologisme sentimental et parasite.
- La social-démocratie néo-libérale utiliserait sa vision du monde comme un modèle universel pour empêcher toute réflexion sérieuse sur la crise économique et sociale, préférant que le peuple regarde le monde à travers ses yeux plutôt que d’affronter la réalité des rapports de force.
Pour illustrer ce processus de féminisation mentale lié au travail, l’auteur semble suggérer que si l’ancien mineur (viril) comprenait la structure de la montagne pour en extraire le charbon, l’employé de bureau moderne (féminisé) ne voit plus que la décoration de son bureau et l’humeur de ses collègues, oubliant qu’il appartient à une machine économique dont il ne maîtrise plus aucun levier.
Chapitre 5 : Émancipation et progressisme
La synthèse philosophique et politique de l’ouvrage. Alain Soral y explore les racines de ce qu’il nomme le « parasitisme » et la crise de la conscience moderne.
1. Le lien entre désir et travail
L’auteur pose comme préalable que la compréhension du monde exige de rétablir le lien entre le désir (qui s’assouvit par la consommation) et le travail (nécessaire à la production). Il affirme que l’esprit humain est devenu perméable à une vision partielle de la réalité, où l’économico-social est perçu comme une donnée naturelle immuable plutôt que comme une création humaine.
2. Le « Péché originel » : Le parasitisme infantile
Soral développe une théorie du comportement humain basée sur le stade du nourrisson :
- L’état de nature : Le nourrisson reçoit tout et ne donne rien, vivant dans un pur don de la mère.
- La nostalgie du paradis perdu : Cette période crée une aspiration permanente à jouir sans contrepartie, ce qui constitue le fondement psychologique du parasitisme.
- L’école de l’assumation : La famille, et plus spécifiquement le père, doit arracher l’enfant à ce parasitisme pour l’élever vers la réciprocité du travail adulte. Sortir de l’enfance, c’est accepter l’exigence morale d’assumer sa part de l’effort collectif.
3. L’Inassumé et l’origine de l’exploitation
Le concept de l’« inassumé » est central ici : c’est le désir de vivre du travail des autres.
- Pour Soral, l’exploitation de l’homme par l’homme n’est que l’expression sociale du désir nostalgique de retrouver le parasitisme du nourrisson.
- Il distingue le travail authentique (contribution au projet collectif) du travail parasitaire (effort visant à optimiser son propre parasitisme, comme dans certaines élites financières ou intellectuelles).
4. La psychanalyse comme idéologie du parasitisme bourgeois
L’auteur consacre une critique virulente à la psychanalyse freudienne :
- L’occultation du père social : En réduisant le père à un simple rival affectif, la psychanalyse occulte son rôle d’éducateur à la réalité économique.
- Le droit au désir : Elle transformerait le parasitisme en « droit au désir » émancipateur, permettant à la bourgeoisie de masquer son exploitation sous des vertus de libération psychologique.
- C’est ce passage du « droit naturel » au « droit au désir » qui marquerait la féminisation actuelle du psychisme humain.
5. La social-démocratie néo-libérale : Un « Œdipe sans père »
Soral décrit la société actuelle comme un système où l’autorité morale a disparu au profit de la consommation de masse :
- L’appauvrissement intérieur : L’enrichissement matériel s’est accompagné d’une régression de la conscience et du sens civique.
- La division du travailleur : Le système oppose le travailleur au consommateur au sein d’un même individu, créant une « schizophrénie objective ».
- La féminisation stratégique : L’oligarchie encourage la passivité et l’immaturité pour transformer le citoyen en un pur consommateur, incapable de résistance politique.
Ce chapitre se conclut sur l’idée que la crise actuelle est le révélateur des contradictions d’une bourgeoisie qui préfère mener le monde au chaos plutôt que de renoncer à son parasitisme. Le seul remède serait une prise de conscience collective de la nécessité morale du travail et de son partage, pour aboutir à une collectivité humaine enfin réconciliée.
Conclusion : Ni le corps ni l’Œdipe ne sont des démocrates
1. La critique de l’individualisme et de l’égalitarisme abstrait
L’auteur affirme que l’homme et la femme ne sont pas des entités séparées, mais qu’ils doivent s’unir pour que l’humanité existe. Il dénonce la vision moderne qui oppose l’homme à la femme comme une dissociation abstraite issue de l’individualisme et d’une logique industrielle de standardisation. Pour lui, cet égalitarisme systématique ignore les réalités fondamentales de la nature humaine.
2. Le refus de la « démocratie » biologique et psychique
Le titre de la conclusion souligne l’idée que certaines structures ne sont pas soumises au vote ou au contrat social :
- La nature : Le fait que les femmes portent les enfants n’est pas le résultat d’une oppression sociale masculine, mais une donnée de la nature.
- L’Œdipe : Le respect du père n’est pas une aliénation, mais une structure de représentation nécessaire découlant de la binarité des sexes.
3. L’ennemi réel : L’horreur économique
Soral déplace le débat du terrain des sexes vers celui des classes sociales. Il soutient que :
- Le véritable oppresseur de la femme n’est pas l’homme, mais « l’horreur économique », c’est-à-dire la loi du Capital.
- L’inégalité salariale est une réalité économique (le Capital emploie les femmes car elles sont moins payées), mais les femmes riches (rentières) profitent autant du système que les hommes riches.
- Le féminisme est un « psychologisme » qui sert d’outil de manipulation pour empêcher la femme d’identifier son véritable oppresseur économique.
4. La voie de l’émancipation
Pour l’auteur, une véritable perspective progressiste exige que la femme s’émancipe non seulement de l’oppression économique, mais aussi d’elle-même, c’est-à-dire de son propre psychologisme. Il conclut que :
- Le progrès social et la connaissance sont historiquement dus au combat des « hommes de bonne volonté ».
- Les femmes qui ont réellement marqué l’histoire politique (comme Louise Michel) sont celles qui ont su dépasser leur condition de « séductrice » pour accéder à une conscience politique moins narcissique.
Conclusion de l’auteur
La féminisation n’est pas un progrès vers la démocratie, mais une ruse du système libéral qui utilise la sentimentalité féminine pour masquer la brutalité des rapports de force économiques. Soral appelle à une collectivité humaine réconciliée, fondée sur la conscience de la nécessité morale du travail et sur l’amour, perçu comme la finalité supérieure de l’humanité.
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