Vies parallèles – De Gaulle – Mitterrand

Positionnement idéologique

Gauche affirmée
Gauche modérée
Centre / Transversal
Droite modérée
Droite affirmée
Étude comparative historique et biographique de deux figures politiques appartenant à des traditions opposées, dans une approche analytique plutôt que polémique.

L'opposition entre de Gaulle et Mitterrand met dos à dos un homme qui lutte contre l'effondrement d'une civilisation et un individu qui se moque que celle-ci disparaisse pourvu qu'il puisse vivre dans ses ruines à la façon d'un satrape. Le premier donne sa vie pour sauver la France ; le second donne la France pour sauver sa vie. L'un veut une France forte, grande et puissante, à même d'inspirer une Europe des patries ; l'autre la veut faible, petite et impuissante, digérée par l'Europe du capitalisme. L'un ressuscite Caton ; l'autre réincarne Néron. De Gaulle se sait et se veut au service de la France ; Mitterrand veut une France à son service. L'un sait avoir un destin ; l'autre se veut une carrière. De Gaulle n'ignore pas qu'il est plus petit que la France ; Mitterrand se croit plus grand que tout. Le Général sait que le corps du roi prime et assujettit le corps privé ; l'homme de Jarnac croit que son corps privé est un corps royal. L'un écoute le peuple et lui obéit quand il lui demande de partir ; l'autre reste quand le même peuple lui signifie deux fois son congé. L'homme de Colombey était une ligne droite ; celui de Jarnac un nœud de vipères. L'un a laissé une trace dans l'Histoire ; l'autre pèse désormais autant qu'un obscur président du Conseil de la IVeRépublique. L'un a fait la France ; l'autre a largement contribué à la défaire... Ce portrait croisé se lit comme une contre-histoire du XXe siècle qui nous explique où nous en sommes en même temps qu'elle propose une politique alternative qui laisse sa juste place au peuple : la première. M.O.

Michel Onfray est un philosophe français né en 1959, auteur de nombreux essais politiques qui revisitent l’histoire française à travers le prisme de sa philosophie matérialiste et hédoniste. Lecteur de Plutarque et de Machiavel, il porte sur les grands hommes un regard à la fois philosophique et moral, attentif aux contradictions entre le discours et l’acte.

À propos de ce livre

Calqué sur le modèle des Vies parallèles de Plutarque, cet essai met en regard De Gaulle et Mitterrand à travers dix-huit chapitres thématiques. La thèse d’Onfray est nette : De Gaulle a œuvré toute sa vie au service de la grandeur de la France, transcendant les clivages droite/gauche ; Mitterrand, en revanche, n’a eu d’autre projet que l’accession au pouvoir suprême, recourant au cynisme, à la malhonnêteté et à un compagnonnage durable avec l’extrême droite. L’ouvrage est une réhabilitation gaulliste autant qu’une charge mitterrandiste.

Résumé chapitre par chapitre

Enfances et formations : deux France en miroir

Onfray compare les enfances, les familles et les formations intellectuelles des deux hommes. D’un côté, De Gaulle, fils d’une famille catholique provinciale, nourri du sentiment du sacré patriotique. De l’autre, Mitterrand, bourgeois charentais formé dans des milieux proches de l’extrême droite des années 1930, marqué par une ambition précoce et froide.

La Résistance : le vrai et le faux

De Gaulle incarne la Résistance depuis Londres, au risque de sa vie. Mitterrand, lui, a servi Vichy avant de rejoindre tardivement la Résistance — un passé que le mythe mitterrandiste a longtemps dissimulé. Cette comparaison révèle deux rapports opposés à la vérité et à l’honneur.

L’extrême droite : fascination versus rupture

De Gaulle a toujours combattu l’extrême droite, y compris au risque de sa propre vie lors des attentats de l’OAS. Mitterrand, au contraire, a entretenu des liens durables avec des figures de la droite vichyste et collaborationniste. Cette différence structurelle illustre la thèse centrale d’Onfray sur l’imposture mitterrandiste.

L’Europe et la Nation : deux visions incompatibles

De Gaulle défend une Europe des nations souveraines, refusant la supranationalité qui diluerait la France dans un ensemble anonyme. Mitterrand, au contraire, accélère la construction maastrichtienne et l’abandon de souveraineté nationale. Pour Onfray, ce choix résume l’opposition fondamentale entre les deux hommes.

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