Cela fait désormais plusieurs années que Michel Onfray occupe une place à part dans le paysage intellectuel français — une place de plus en plus inconfortable pour ceux qui voudraient le faire taire.

Une nouvelle preuve depuis quelques jours. Pour avoir qualifié de « tribal » le comportement du nouveau maire de Saint-Denis sur le plateau de CNews, Onfray se retrouve accusé de racisme par LFI et une partie de la classe médiatique. Nous verrons dans cet article pourquoi cette accusation est non seulement infondée, mais révélatrice d’une mécanique de destruction rodée depuis des années.

Depuis l’époque où il donnait ses cours sur la Contre-histoire de la philosophie, diffusés sur France Culture, et surtout depuis qu’il s’est fait virer de cette même France Culture, on a retrouvé un Onfray différent — plus libre, plus tranchant, plus controversé. À partir de ce moment-là, Michel Onfray, qui était plutôt considéré comme un philosophe de gauche, est devenu une figure de plus en plus clivante. Il a commencé à s’opposer à l’establishment culturel parisien et s’est fait, petit à petit, bannir des radios du service public. Ce qui est affligeant, ce n’est pas lui. C’est la mécanique qui s’acharne à le détruire

I. Un philosophe hors système

Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui, il faut rappeler qui est Michel Onfray et d’où il vient. Né en 1959 à Argentan, fils de paysans normands, il n’est pas un produit des grandes écoles parisiennes ni un mandarin de la Sorbonne. Professeur de philosophie dans un lycée technique de Caen pendant vingt ans, il démissionne en 2002 pour fonder l’Université Populaire de Caen — une initiative entièrement gratuite, financée sur ses droits d’auteur, ouverte à tous ceux que l’université d’État ne peut ou ne veut pas accueillir.

C’est grâce à lui, grâce à ces cours enregistrés en audio puis en vidéo, diffusés sur France Culture, que des milliers de gens ont pu aborder tous les auteurs majeurs de la philosophie — en tout cas ceux que présentait sa contre-histoire. Une contre-histoire délibérément orientée vers les oubliés, les marginaux, les matérialistes, les hédonistes : Épicure contre Platon, les Cyniques contre les Stoïciens, les Lumières radicales contre les Lumières modérées. Une philosophie de la résistance contre une philosophie du pouvoir.

À cette époque, Onfray est une star des médias de gauche. Certains le voient comme le plus grand philosophe français du début du XXIème siècle, d’autres n’acceptent même pas le terme philosophe et préfèrent le qualifier de professeur. Il publie à un rythme prodigieux — plus de cent livres à ce jour — et chaque parution est un événement. Sa pensée est celle d’un athée revendiqué, d’un hédoniste matérialiste, d’un libertaire de gauche critique du capitalisme autant que des religions. Rien, en apparence, qui puisse le conduire là où il est aujourd’hui.

Et pourtant.

II. La trajectoire : de France Culture à CNews

Il faut avouer qu’Onfray a eu un parcours atypique. Et clairement, il s’est droitisé — ce serait mentir que d’affirmer le contraire, ce serait mentir que de considérer qu’il est toujours autant de gauche qu’avant. Mais en fait, la question n’est pas là.

Ce que l’on peut remarquer, c’est qu’il ne peut pratiquement plus s’exprimer aujourd’hui sur les antennes de ces chaînes qui se réclament de la liberté d’expression mais l’exercent de manière sélective. Il se retrouve sur CNews — une chaîne qui, quoi qu’on en pense, reste un espace où la liberté d’expression est encore possible, une chaîne qui invite des avis contradictoires, ce qui n’est pas le cas de toutes les chaînes, et en particulier pas de beaucoup de radios aujourd’hui.

Ce passage de France Culture à CNews n’a pas été une conversion idéologique mais une exclusion progressive. La fin totale de son accès aux antennes du service public n’est pas intervenue par une interdiction officielle — il n’y a jamais eu de réunion de crise, pas de décision formelle. Dans les faits, il est passé de sa propre émission sur le service public à une situation où il n’était plus jamais invité. À chaque fois qu’il écrivait un livre — et on sait qu’il en écrit beaucoup — il n’était plus jamais convié pour en parler. Il est passé de la situation d’être carrément payé par le service public à une situation où il n’était plus jamais invité nulle part.

Certains de ses anciens soutiens ont vu dans son arrivée chez CNews une preuve de dérive droitière. Mais c’est confondre la cause et l’effet. Ce n’est pas CNews qui a attiré Onfray vers la droite — c’est l’establishment médiatique de gauche qui l’a expulsé, ne lui laissant plus qu’une seule tribune. Toucher à CNews, même en tant que simple invité, est aujourd’hui suffisant, pour certains commentateurs, pour vous qualifier d’extrême droite. C’est le niveau où en est le débat.

III. L’affaire Bagayoko : les faits, rien que les faits

L’extrait intégral: https://www.youtubetrimmer.com/view/?v=VkYawF26vAs&start=606&end=732&loop=0

Voici donc les faits, dans leur intégralité.

Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis élu sous l’étiquette LFI, prononce lors du conseil municipal, peu après son élection, les propos suivants :

« Les urnes ont parlé. Moi, je suis issu du milieu sportif. Même si l’on s’est entraîné pendant des mois, lorsque le résultat tombe, nous faisons allégeance. Nous avons besoin de toutes celles et ceux qui ne vont pas regarder dans le rétroviseur, pas celles et ceux qui vont tenter de remettre un programme qui a été battu dans les urnes. Et donc ces personnes-là, si c’est votre projet, nous n’aurons pas d’autres solutions que, bien sûr, nous en séparer. »

Ces propos — que d’ailleurs absolument personne dans les médias n’a repris tels quels dans leur intégralité — méritent d’être analysés.

La métaphore sportive est supposée illustrer l’idée d’accepter le résultat même quand on a travaillé dur pour gagner. Mais la métaphore s’effondre immédiatement : dans le sport, les deux équipes font allégeance au résultat, c’est-à-dire au score. Personne ne fait allégeance à l’entraîneur adverse. L’entraîneur n’est pas élu — il est recruté ou licencié, ce qui n’a rien à voir avec une élection démocratique. Et le « résultat » dans le sport est factuel et incontestable, alors que dans une élection, le résultat ne signifie pas que le programme du perdant était mauvais — il peut avoir perdu pour mille autres raisons.

Ce que Bagayoko dit en réalité, reconstitué sans les métaphores : « J’ai été élu. Mon programme a gagné. Les agents municipaux qui défendaient le programme adverse doivent soit se rallier à moi, soit partir. »

Le mot clé est allégeance — il ne dit pas « collaboration », ni « loyauté au service public », ni « respect des institutions ». Il dit allégeance, terme de rapport de sujétion personnelle, pas de neutralité fonctionnelle.

La phrase « nous n’aurons pas d’autres solutions que nous en séparer » est particulièrement grave, parce qu’elle laisse entendre une menace de licenciement ou de mutation punitive fondée non sur la compétence mais sur l’allégeance politique. Or aucun maire, une fois élu, ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux, leur affectation ou leur maintien en fonctions pourraient dépendre de leur adhésion, réelle ou supposée, à ses orientations politiques. Demander « allégeance » de cette façon pourrait même relever du harcèlement moral ou d’une infraction pénale — la discrimination.

C’est une vision tribale du pouvoir : je prends le pouvoir, certes par les urnes, mais je prends le pouvoir, et donc maintenant l’État c’est à moi, et je remplace tout ce qui n’est pas de mon avis. C’est exactement la définition du tribalisme politique : j’arrive au pouvoir et je vire tous les fonctionnaires qui ne me font pas allégeance. C’est non seulement anticonstitutionnel, mais plus que ça — c’est carrément une forme de harcèlement moral ou de discrimination. C’est absolument interdit par la loi.

Imaginons qu’un maire d’extrême droite fasse ça — qu’il se fasse élire et vire soudainement la moitié du personnel de la mairie parce qu’ils sont arabes ou qu’ils ne lui ont pas manifesté leur allégeance. La réaction médiatique serait d’une tout autre ampleur. Ici : silence.

IV. Ce qu’a dit Onfray — et ce qu’on lui fait dire

Michel Onfray réagit à ces propos sur CNews. Voici ce qu’il dit exactement :

« C’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant. Ce monsieur n’est pas un mâle dominant. On n’est pas dans une tribu primitive, comme le décrit Darwin. Ça, ça va bien. Il y a des milliers d’années que c’était comme ça. Mais ça n’est plus du tout comme ça maintenant. »

Ces propos sont une référence à l’éthologie et à l’anthropologie évolutionniste — pas à la race. Onfray décrit un mécanisme comportemental universel : dans les sociétés primitives — toutes les sociétés humaines à un certain stade — le pouvoir s’organise autour du mâle dominant auquel on fait allégeance. Darwin n’est pas convoqué ici pour parler de « sous-humanité » — il est convoqué pour dire que ce comportement est archaïque, qu’il appartient à un stade dépassé de l’organisation sociale humaine.

C’est même un compliment inversé à l’universalisme : tous les humains sont passés par là, et les sociétés modernes s’en sont émancipées par le droit et les institutions.

Qu’est-ce qu’il y a de raciste là-dedans ? On dirait que le fait de parler de Darwin impliquerait directement du racisme. C’est quand même bizarre. Darwin et l’idée que l’homme descendrait du singe — si on parle de Darwin on parle de singe, et si on parle de singe on parle de… L’équation implicite des accusateurs est la suivante : Darwin → évolution → singes → primitif → tribu → Afrique → Noir. C’est une chaîne d’associations qui dit beaucoup plus sur ceux qui la construisent que sur Onfray.

Darwin, dans L’Origine des espèces, parle surtout d’insectes, d’oiseaux, de sortes d’animaux chez lesquels l’évolution est vraiment visible et beaucoup plus rapide que chez les singes. Parler de Darwin n’a absolument rien à voir avec une quelconque hiérarchie raciale. Et parler de tribalisme n’implique pas de parler de l’Afrique. Les Gaulois étaient organisés en tribus — les Arvernes, les Éduens, les Carnutes. Les Germains, les Vikings, les Celtes, les Grecs homériques étaient tous tribaux. Le tribalisme est un stade universel de l’histoire humaine, pas une caractéristique d’un groupe racial.

Si ce maire n’avait pas été noir, ça n’aurait jamais été relevé. C’est du racisme inversé. Le mécanisme s’appelle le racialisme de protection : en surinterprétant une critique pour y trouver du racisme, on traite implicitement le maire comme un représentant de sa race plutôt que comme un élu responsable de ses propos. C’est lui faire une faveur condescendante — le soustraire à la critique normale en activant un bouclier racial. C’est exactement ce qu’Onfray résume quand il dit : « Les racialistes sont les nouveaux racistes. »

V. Anatomie de la cabale

C’est l’occasion, après des mois de mise en sauce, de trouver une nouvelle occasion d’attaque. La polémique est entièrement artificielle et c’est surtout hyper orienté — le seul but, c’est d’avoir une polémique.

Les acteurs de cette cabale sont connus : LFI et sa galaxie médiatique, des journalistes comme Jean-Michel Aphatie (« Tribu primitive, j’aurai les femelles… c’est inouï, c’est ignoble, c’est Onfray »), Libération, le secrétaire du PS Olivier Faure qui parle de « dérapage raciste », et des alliés inhabituels comme Ségolène Royal ou Dominique de Villepin. Des élus LFI en profitent pour demander, ni plus ni moins, la fermeture de CNews.

La technique est toujours la même : extraire quinze secondes d’un échange de plusieurs minutes, les diffuser hors contexte sur les réseaux sociaux, laisser la meute amplifier, puis obliger la cible à se justifier dans une posture de prévenu. Onfray lui-même le dit : « Il ne faut pas que les gens se contentent des quinze secondes qui ont été prélevées dans un échange de plusieurs minutes, mais il faut qu’ils aillent voir très précisément pour se faire une idée et pas subir la propagande des réseaux sociaux instrumentalisés par LFI. »

La cible réelle n’est d’ailleurs pas uniquement Onfray. C’est CNews. La chaîne est attaquée, ses noms jetés en pâture à la France entière comme des personnalités racistes. Il s’agit de détruire CNews parce qu’il y a, sur cette chaîne, une parole encore libre.

Ce qui est frappant, c’est que personne ne répond sur le fond. Personne ne conteste le caractère juridiquement problématique des propos du maire. Personne n’engage le débat sur la pertinence philosophique du concept de tribalisme. On saute directement à l’accusation de racisme. C’est la signature d’un mouvement qui n’a pas les arguments.

VI. Un mode opératoire rodé depuis des années

Cette affaire ne sort pas de nulle part. La mécanique est la même depuis des années, appliquée à chaque nouvelle prise de position d’Onfray.

2010 — Freud. Le Crépuscule d’une idole est un travail documenté, appuyé sur les lettres de Freud lui-même, qui remet en cause la rigueur scientifique de la psychanalyse. La réponse de l’establishment intellectuel n’est pas une réfutation — c’est une attaque sur la méthode, la légitimité, les biais supposés de l’auteur.

2015 — Daech. Après les attentats du 13 novembre, Onfray tient des propos maladroits sur les motivations de l’État islamique. C’est une erreur réelle, et il faut l’assumer comme telle. Mais cette déclaration sera ensuite utilisée pendant des années pour lui coller une étiquette, comme si une phrase suffisait à définir une œuvre de cent livres.

2020 — Front Populaire. Onfray crée une revue réunissant des auteurs de divers horizons, convaincus de la nécessité de mener le combat des idées pour retrouver la souveraineté. Le Monde le qualifie de « coqueluche des milieux d’extrême droite ». Sa réponse — critiquer en retour Le Monde — sera immédiatement présentée comme une nouvelle preuve de dérive. Le simple fait de fréquenter des personnes classées à droite devient, pour ses accusateurs, une contamination définitive.

2022 — Ukraine. Onfray défend une position de non-alignement sur le conflit qui déplaît à l’atlantisme dominant. Il est accusé de complaisance envers Poutine.

2023–2025 — L’Autre Collaboration. C’est probablement le livre qui a le plus contribué à la violence des attaques actuelles. En retraçant les origines françaises de l’islamo-gauchisme de Sartre à Mélenchon, en documentant l’antisémitisme de certaines figures tutélaires de la gauche française, Onfray touche à quelque chose d’essentiel pour LFI : sa légitimité intellectuelle. Un philosophe issu de la gauche qui attaque LFI avec les outils de la gauche — Proudhon contre Marx, la laïcité contre le communautarisme — est bien plus menaçant qu’un Éric Zemmour. Parce qu’il est inattaquable sur l’origine.

VII. Pourquoi les intellectuels « se droitisent » — et pourquoi ça dérange

Le phénomène est réel et il est unidirectionnel. On peut citer Onfray, mais aussi Alain Finkielkraut, Régis Debray, Jacques Julliard, Emmanuel Todd — des intellectuels formés à gauche qui ont évolué vers des positions souverainistes, républicaines, ou simplement critiques du progressisme identitaire. Le mouvement inverse — un intellectuel de droite qui se déplace vers la gauche — est quasi inexistant dans le paysage français récent.

La gauche de la tradition insoumise est dégoûtée de voir de plus en plus de philosophes passer de gauche à droite, et aucun passer de droite à gauche. Elle cherche donc par tous les moyens à créer des polémiques pour faire passer ces auteurs pour des monstres.

Mais l’explication la plus solide n’est pas idéologique — c’est épistémique. Ce n’est pas « la droite qui attire », c’est « la gauche qui expulse ». La gauche a changé de logiciel : du social au sociétal, du républicain à l’identitaire, de l’universalisme au communautarisme. Des gens comme Onfray n’ont pas changé de valeurs — ils sont restés républicains, laïques, matérialistes, anti-cléricaux. C’est leur camp d’origine qui a bougé sous leurs pieds.

Onfray reste proudhonien : fédéraliste, anti-jacobin, socialiste non marxiste. Son livre sur Proudhon, paru récemment, n’est pas sorti par hasard — c’est une réponse philosophique directe à la montée de LFI, utilisant les ressources de la gauche du XIXème siècle pour répondre à la gauche du XXIème. Une gauche qui propose un socialisme alternatif à celui des socialistes utopiques, ensuite critiqués par Marx — le socialisme libertaire contre le socialisme autoritaire. C’est visible pour tout le monde : le lien avec l’autoritarisme des socialismes liés au marxisme dit « scientifique ».

Et c’est exactement pour ça que LFI a besoin qu’Onfray soit un monstre. Un transfuge qui critique de l’intérieur, avec les outils de la tradition, est bien plus déstabilisant qu’un ennemi déclaré. On peut ignorer Zemmour — il n’a jamais prétendu être de gauche. On ne peut pas aussi facilement ignorer quelqu’un qui cite Proudhon, Camus, les libertaires, et qui vous retourne vos propres références contre vous.

VIII. Ce que cette affaire révèle

Il faut aussi noter, pour être honnête, qu’Onfray n’est pas non plus irréprochable. Il y a eu l’épisode du Covid, où il a flippé, comme beaucoup d’autres d’ailleurs — il n’est pas le seul. Compte tenu de son âge et de ses antécédents de santé, il était clairement dans la population à risque. Il y a aussi le sujet du réchauffement climatique, sur lequel il s’aventure parfois dans des discours scientifiques qui sont un peu compliqués à tenir pour quelqu’un qui n’est pas directement qualifié pour traiter ces sujets. C’est le problème d’être éditorialiste ou chroniqueur philosophique : on parle de tout, et on parle parfois de sujets qu’on ne maîtrise pas assez. Il y a des questions sur lesquelles il est un peu limité par sa connaissance générale du sujet. Ça, ce sont des reproches légitimes.

Mais ces imperfections n’ont rien à voir avec ce dont il est accusé aujourd’hui. On ne lui reproche pas ses erreurs réelles. On lui invente des crimes.

Ce que cette affaire révèle, en dernière analyse, c’est l’état du débat intellectuel en France. La disqualification morale comme substitut à l’argument. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage. Quand on veut neutraliser un philosophe gênant, on l’accuse de racisme. Ce n’est pas une réfutation — c’est une exécution.

C’est ce qu’Onfray décrit depuis des années : une pensée qui, en voulant protéger, enferme les individus dans une identité de groupe et les soustrait à l’universalisme républicain. En surprotégeant Bagayoko parce qu’il est noir, ses défenseurs font exactement ce qu’ils prétendent combattre — ils le traitent comme un représentant de sa race plutôt que comme un élu responsable de ses actes et de ses propos.

Une société qui ne peut plus critiquer un élu sans être accusée de racisme en fonction de la couleur de peau de cet élu, est-ce encore une République ?

La question mérite d’être posée. Et le fait qu’on cherche à empêcher de la poser est, en soi, une réponse.

Homme avec lunettes devant fond bleu
Michel Onfray sur le plateau de son émission sur CNews

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