La nouvelle attaque de Zemmour – C à vous – 06/09/2016

Image illustrant le logo de Métapolitique, un espace de réflexion politique. C à vous - France Télévisions 7 septembre 2016 17:38 826 488 vues

Voici une retranscription fidèle mais fluidifiée de l’interview. Les journalistes sont entre autres Anne-Sophie Lapix, présentatrice de l’émission, Patrick Cohen et Pierre Lescure, chroniqueurs.


France Télévisions : Un quinquennat pour rien est un titre trompeur car le sujet de votre livre c’est l’islam. L’islam que vous assimilez, amalgamez à l’islamisme ou djihadisme. Pour vous les gènes du terrorisme sont dans l’islam, l’islam est diabolique.

Zemmour : Diabolique non, en revanche l’islam se constitue dès le début, dès l’origine, dès le 7ème siècle dans la guerre. Ça, c’est sûr. C’est l’histoire qu’il raconte.

France Télévisions : Et ce n’est pas la seule religion ? Qui se constitue dans la guerre ?

Zemmour : Ah si, c’est la seule religion. En tout cas, qui est marquée par les guerres, ça c’est sûr.

France Télévisions : Ce n’est pas la même chose.

Zemmour : Oui. Enfin, en tout cas, un texte est dangereux si on ne l’interprète pas, si on ne prend pas de distance avec lui.

France Télévisions : C’est le cas de la plupart des musulmans en France, non ?

Zemmour : Chère madame, il est interdit de prendre de la distance avec le Coran. Il est interdit d’interpréter le Coran depuis le 9e siècle. C’est une grande querelle qui a d’ailleurs beaucoup agité les musulmans au 9ème siècle, entre les mutazilites qui voulaient justement faire comme le christianisme, c’est-à-dire mettre la raison dans la foi, et les autres, et c’est les autres qui ont gagné. C’est tout le problème de l’islam aujourd’hui.

France Télévisions : Vous reconnaissez qu’il y a des musulmans en France qui vivent dans la paix, qui n’interprètent pas à la lettre les textes du Coran, qui sont totalement intégrés.

Zemmour : Mais ça c’est vous qui le dites.

France Télévisions : C’est pas vrai ?

Zemmour : Non.

France Télévisions : Vous ne connaissez pas de musulmans ?

Zemmour : Ah si, je connais beaucoup de musulmans, oui.

France Télévisions : Et qui vivent leur religion dans la paix, il n’y en a pas ?

Zemmour : Non mais, ça c’est un argument fallacieux. Je vais vous expliquer quelque chose. Tout le monde vit dans la paix. L’islam lui-même veut dire paix. Mais l’islam veut dire aussi soumission. Donc en fait, on ne vit dans la paix que quand on se soumet à l’islam. Il y a simplement des gens qui sont des bons musulmans et des mauvais musulmans. En islam, il n’y a pas de musulmans modérés, ça n’existe pas. Il y a simplement des gens qui appliquent à la lettre et d’autres qui n’appliquent pas à la lettre. Mais ils savent qu’ils ne sont pas des bons musulmans.

France Télévisions : Donc les mauvais musulmans sont des bons musulmans pour nous ?

Zemmour : C’est tout le problème français.

France Télévisions : Et ce sont les plus nombreux ?

Zemmour : Non, ce n’est pas les plus nombreux. Ce que vous appelez « bons musulmans », l’islam les appelle « mauvais musulmans ». C’est tout notre problème. Et en revanche, que vous appelez…

Patrick Cohen : C’est qui l’islam ? Vous ne pouvez pas dire, vous, qui sont les bons musulmans et les mauvais musulmans. Ce n’est pas vous, Éric Zemmour, sûrement pas vous.

Zemmour : Mais si, moi je peux le dire.

Patrick Cohen : Pourquoi vous pouvez le dire ?

Zemmour : Je vais vous expliquer pourquoi. C’est très simple. Parce qu’il y a un texte.

Patrick Cohen : Ça n’a pas de sens.

Zemmour : Mais si, au contraire, c’est ça qui a du sens. Et ce n’est pas ce qu’on fait. Ce qui n’a pas de sens, c’est de dire « L’islam ne pose aucun problème », mais quand on explique ce qu’est l’islam, on dit « ah ben non, c’est pas ça ». C’est exactement ce que Anne-Sophie vient de faire. C’est exactement ça. Le djihad fait partie de l’islam. C’est constitutif

France Télévisions : Il y a différent…

Zemmour : Non, il n’y a pas de différent. Il y a le petit djihad et le grand djihad. Il y a le djihad psychologique, spirituel. Sauf que le djihad militaire, le djihad guerrier, n’a jamais été supprimé. C’est un élément fondamental de l’islam. Et donc les soldats du djihad sont considérés par tous les musulmans, qu’ils le disent ou qu’ils ne le disent pas, comme des bons musulmans. C’est des guerriers, c’est des soldats de l’islam. Je sais que ça vous déplaît, mais c’est comme ça.

France Télévisions : Ah non, c’est pas que ça nous déplaît.

Patrick Cohen : Les djihadistes ne sont pas considérés par tous les musulmans comme étant des bons musulmans. C’est absolument faux.

France Télévisions : Même les salafistes les rejettent.

Patrick Cohen : Vous pouvez avoir des points de vue. Vous ne pouvez pas parler à la place de l’ensemble des musulmans.

Zemmour : Il y a un jeu. Simplement, il y en a qui osent aller au bout de l’application de l’islam et il y en a qui n’osent pas, mais qui savent que le djihad fait partie de l’islam. C’est comme ça, que ça vous plaise ou non. Et il n’y a pas que le djihad d’ailleurs. Qu’est-ce que c’est que l’islam ? Voltaire avait une très jolie formule que je cite, c’est un réchauffé de judaïsme. C’est-à-dire que c’est une orthopraxie, ce qu’on appelle, c’est-à-dire que c’est une pratique qui s’occupe de la vie des gens. Exactement comme le judaïsme, avec une différence fondamentale, et même deux, c’est que, justement, pour reprendre votre question d’origine, le judaïsme est sorti de cette orthopraxie par la discussion, la disputation, le fameux Talmud, donc la liberté d’interprétation, qui est interdite en islam, et deuxièmement, le judaïsme n’est pas prosélite. Quand vous avez une religion qui interdit l’interprétation du texte, parce que c’est comme ça, et donc la moitié du Coran est un Coran guerrier. Quand dans le Coran on explique qu’il faut tuer…

France Télévisions : Il y a des textes, une grande violence également dans la Bible, des appels au meurtre également dans la Bible, qui ne sont évidemment pas entendus, écoutés, appliqués par…

Zemmour : Alors, c’est très bien que vous me posiez cette question. D’abord, ne mélangez pas la Bible, il y a l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Dans l’Ancien Testament, il y a un appel au meurtre, c’est Dieu qui recommande de tuer Amalek. Amalek, c’est une peuplade qui s’est opposée aux Hébreux. Et effectivement, vous avez tout à fait raison, et qu’ils ont exterminé. Sauf que d’abord Amalek n’existe plus, ça ne vous a pas échappé. Et deuxièmement, le Talmud, depuis au Moyen-Âge, a estimé que comme justement Amalek avait disparu, cette injonction divine n’était plus à l’ordre du jour. Dans le Coran, c’est compliqué parce que les Amalek en question, c’est les juifs et les chrétiens. C’est les associateurs et les traîtres. C’est ce qu’on doit égorger. Et c’est ceux que Mahomet égorge. Et Mahomet est l’homme parfait pour le Coran. Et pour l’islam, c’est l’homme parfait qu’on doit imiter. Donc les djihadistes imitent Mahomet.

France Télévisions : Il faut tuer tous les chrétiens et tous les juifs.

Zemmour : Vous n’écoutez pas ce que je dis.

France Télévisions : C’est un peu l’interprétation que vous en faites.

Zemmour : C’est écrit dans le Coran.

France Télévisions : Si l’islam est notre ennemi juré, que fait-on ? On interdit l’islam ?

Zemmour : C’est compliqué, je reconnais. Parce que l’islam n’est pas qu’une religion. C’est une religion. C’est-à-dire qu’il a les éléments constitutifs d’une religion selon la pratique chrétienne, parce que Rémi Brague dit très justement, tous les français, nous tous, pour nous, « religion », ça veut dire le catholicisme, c’est-à-dire la prière, le jeûne, le pèlerinage. Sauf que l’islam, ce n’est pas seulement ça.

France Télévisions : Et qu’est-ce qu’on fait ? Avec nos musulmans, est-ce qu’on leur interdit d’exercer leur culte ? Est-ce qu’on crée un système d’apartheid ? Vous dites qu’il faut discriminer.

Zemmour : D’abord, vous remarquez que vous en êtes à « qu’est-ce qu’on fait ? ». Moi, avant, « qu’est-ce qu’on fait ? », il faut d’abord être sûr que le diagnostic est accepté. Or, ce que je constate, c’est que mon diagnostic n’est pas partagé. Déjà, c’est compliqué. On a besoin de diagnostic.

France Télévisions : Mais une fois que vous avez fait le diagnostic, vous avez peut-être une idée. Parce qu’on vit aujourd’hui dans une France où il y a un certain nombre de musulmans, des millions. Qu’est-ce qu’on fait ?

Zemmour : C’est justement une partie du sujet. Moi, j’ai essayé, vous avez lu mon texte qui préface les chroniques, qui fait à peu près une cinquantaine de pages. J’ai voulu un espèce de livre dans le livre. On a même hésité, vous connaissez les soucis éditoriaux, l’éditeur a même songé à le publier tel quel.

France Télévisions : À part, oui.

Zemmour : Non, ça donne une perspective à toutes les chroniques, mais je suis d’accord que ce n’est pas la meme chose.

Patrick Cohen : C’est une vision assez apocalyptique.

Zemmour : Absolument d’accord mais il ne vous a pas échappé que – je ne sais pas dans quel monde vous avez vécu cet été – mais enfin, à Nice, ce n’est pas apocalyptique pour vous ? [Zemmour fait référence à l’attentat de Nice du 14 juillet 2016: un camion-bélier conduit par un islamiste a foncé dans la foule massée sur la Promenade des Anglais pour assister aux feux d’artifice de la fête nationale. L’attaque a fait 86 morts et plus de 450 blessés. Elle a été revendiquée par l’État islamique.] La mort du pretre, c’est pas apocalyptique pour vous ? [Zemmour fait référence à l’assassinat du père Jacques Hamel, tué le 26 juillet 2016 par deux jihadistes de 19 ans (Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean). Les deux assaillants se réclamaient de l’État islamique.].

France Télévisions : Vous ne répondez pas à ma question. On aimerait bien vos solutions.

Zemmour : Ce sont des gens qui vivent en France, qui sont français. Le terrorisme est apocalyptique. Le terrorisme, c’est du djihadisme. Le terrorisme islamiste.

Patrick Cohen : Non, mais c’est ça. La façon dont vous mettez la signe égale entre djihadisme, islam, etc.

Zemmour : Pour moi, c’est égal. C’est une guerre de civilisation menée par l’islam sur notre sol.

Patrick Cohen : Non, elle est menée par une poignée de djihadistes qui ont commis les attentats.

France Télévisions : Revenons à vos solutions.

Zemmour : Excusez-moi de ne pas être d’accord avec vous. Le djihad, ça fait partie de l’islam depuis l’origine de l’islam.

France Télévisions : Pas pour la grande majorité des musulmans de France.

Zemmour : Mais non, mais vous ne connaissez pas. Vous ne connaissez pas l’islam, vous ne savez pas.

France Télévisions : Je connais des musulmans en France.

Zemmour : Oui, d’accord, moi aussi j’en connais, c’est pas le sujet. Le communisme aussi, vous connaissez des communistes, et ils n’envoyaient pas tout le monde dans les camps de concentration. Et c’était le communisme.

France Télévisions : Éric Zemmour, vous pouvez répondre à ma question ? Alors, qu’est-ce qu’on fait avec les musulmans ?

Zemmour : Vous avez remarqué, si vous m’avez lu, donc je disais que le sujet est global. Je pense que nous vivons depuis 30 ans une invasion, une colonisation, qui entraîne une conflagration. C’est-à-dire que le djihad, ce dont on parle depuis 5 minutes, est la cerise sur le gâteau. Dans les innombrables banlieues françaises, où de nombreuses jeunes filles sont voilées, C’est également l’islam. C’est également du djihad. C’est également la lutte pour islamiser un territoire qui n’est pas, qui est normalement une terre non islamisée, une terre de mécréants. C’est la même chose. C’est de l’occupation de territoire.

France Télévisions : Qu’est-ce que vous faites avec les musulmans en France ? Est-ce que vous les mettez à part ? Est-ce que vous les chassez ? Est-ce que vous leur interdisez d’exercer leur religion ?

Zemmour : Je pense qu’il faut leur donner le choix entre l’islam et la France.

France Télévisions : C’est ça. Donc s’ils sont français, ils ne pratiquent pas l’islam.

Zemmour : S’ils ne sont français, ils doivent, mais c’est compliqué parce que l’islam ne s’y prête pas, vous le reconnaissez. Non, ils ne doivent pas renier leur religion, ils doivent se détacher de ce qu’est leur religion.

France Télévisions : Vous savez… Ça veut dire quoi ? C’est pas déjà le cas de ceux qui sont des musulmans dans votre esprit ?

Zemmour : Non, non, mais je vais vous dire, par exemple, donner un prénom qui n’est pas un prénom français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam. C’est vouloir continuer l’identité islamique en France et c’est vouloir transformer la France en un pays de plus en plus musulman.

France Télévisions : Faire le ramadan ?

Zemmour : Faire le ramadan, vous savez que Bourguiba voulait l’interdire.

France Télévisions : Manger halal ?

Zemmour : Manger halal, ils ont le droit de manger halal chez eux.

France Télévisions : Non mais on essaie de trouver ce qui est…

Zemmour : Mais non, mais ils ont le droit de manger halal chez eux. Simplement, ils ne doivent pas obliger les cantines à leur servir halal.

France Télévisions : Est-ce que l’obsession identitaire n’est pas le pendant du djihadisme ? Est-ce qu’on ne retrouve pas la même volonté de dérive vers des extrémités, vers l’extermination de l’autre, soit les musulmans, soit les blancs catholiques.

Zemmour : Ça ne vous a pas échappé que je n’avais pas mon permis camion ? Non. Donc ce n’est pas moi qui ai tué 80 personnes en Nice.

France Télévisions : Vous savez, quand on commence à discriminer, on passe au ghetto, on peut passer à l’extermination, ça se fait aussi.

Zemmour : Ça n’a rien à voir. Excusez-moi, je vous répète, ce n’est pas moi qui ai mon permis camion et je n’ai pas tué 80 personnes à Nice. Ce n’est pas moi, ce n’est pas vous non plus. Mais c’est en criant « Allah Akbar ». Ça vous a échappé peut-être. Ce n’est pas en criant « Bouddha est grand ».

France Télévisions : Non mais enfin, si demain un catholique le fait, si un catholique le fait et crie « le Dieu catholique est grand », je ne me sentirais pas responsable.

Zemmour : Moi si. Non mais culturellement oui.

France Télévisions : Il faudra interdire la religion catholique alors dans ce cas ?

Zemmour : Mais vous avez remarqué que ça n’a pas eu lieu.

France Télévisions : Non, ça peut arriver.

Zemmour : Ah bon ?

Patrick Cohen : Et Brejvik?

Zemmour : Excusez-moi, c’est n’importe quoi cette comparaison. Il n’a pas tué au nom d’une religion.

Patrick Cohen : Vous êtes sûr ?

Zemmour : Ah oui, c’est sûr.

France Télévisions : La question d’identitaire, elle va être dans la campagne. Elle est déjà dans le programme des politiques. En revanche, vous êtes déçus par le parti qui, selon vous, avait compris ce qui comptait, c’est-à-dire l’identité nationale. Vous êtes déçu par Marine Le Pen. Vous la reniez quasiment dans votre livre.

Zemmour : Je ne vais pas la renier, puisque ce n’est pas, je suis critique.

France Télévisions : Si, bien sûr. Ce que vous n’aimez pas, c’est sa France apaisée, revendiquée.

Zemmour : L’apaisement, c’est une faiblesse.

France Télévisions : Ça manque de vérité, peut-être ?

Zemmour : Ça m’amuse, si vous voulez, parce que l’apaisement… Ça a une connotation historique assez forte. L’appaisement, c’est la politique de Chamberlain face à Hitler.

France Télévisions : Oui enfin, vous trouvez toujours des liens…

Zemmour : Non. Un lien, ce n’est pas négligeable.

France Télévisions : Vous pensez que c’est sa référence ?

Zemmour : Non, je ne pense pas. Mais je pense qu’en revanche, tous les pacifistes en France qui disent qu’il n’y a pas d’amalgame, c’est l’héritage d’un grand parti collabo qui existe depuis mille ans en France. Quand on veut la paix, on est lâche et on collabore.

France Télévisions : Et c’est un peu le cas de Marine Le Pen aujourd’hui?

Zemmour : Je ne dirais pas jusque là. Je dis qu’effectivement, sous l’influence de Philippot, elle abandonne la question identitaire et elle pose une question de souveraineté qui n’est pas négligeable et que moi qui me suis battu à l’époque de Maastricht pour le nom à Maastricht, je ne vais pas mépriser du tout cette question. Mais je pense que justement c’est une question qui a 25 ans de retard.

France Télévisions : C’est secondaire aujourd’hui.

Zemmour : Par rapport à l’identité ? C’est ce que je dis. Une république française islamique serait souveraine, elle pourrait être souveraine, mais elle ne serait plus la France.

Patrick Cohen : Vous trouvez qu’elle a abandonné l’identité ? Elle a peut-être un peu adouci son discours, mais abandonner l’identité c’est trop fort. Moi je trouve au contraire, en écoutant le débat public, les discours des principaux prétendants la primaire de droite, que l’obsession identitaire, pour reprendre la très bonne expression d’Anne-Sophie il y a un instant, la vôtre, elle a triomphé dans le débat public.

Zemmour : Mais ce n’est pas l’obsession identitaire, comme vous dites, avec un terme médical. Où étiez-vous pendant l’été ? Où êtes-vous depuis des années ?

Patrick Cohen : Si vous préférez un terme neutre, la thématique identitaire, elle domine aujourd’hui le débat public. C’est l’axe de campagne de Nicolas Sarkozy. Vous vous en félicitez.

Zemmour : Il y a un problème avec Sarkozy. C’est que ça fait trois fois qu’il refait la même campagne et quand il est élu président, il ne fait pas du tout ce qu’il veut. C’est-à-dire qu’il ne supprime pas notamment…

France Télévisions : Il ne supprime pas le problème.

Zemmour : J’ai vu qu’il réclamait dans son programme la suppression du regroupement familial. Je suis ravi.

France Télévisions : Donc il ne le fait pas quand il est au pouvoir.

Zemmour : Exactement. On a l’impression qu’il n’y croit pas vraiment. Qu’il fait ça pour faire campagne parce qu’il sait qu’il a un instinct politique très fort qu’il ne faut pas lui enlever. Il sait On sait bien que c’est ce qu’attend le peuple, mais on n’a pas l’impression qu’il y croit vraiment.

France Télévisions : Modifier la constitution pour interdire le burkini, c’est ce qu’il a proposé.

Zemmour : Modifier la constitution, non, ça c’est un autre sujet que j’aborde d’ailleurs dans mon texte, qui est ce qu’on appelle le fameux état de droit, qui est en fait aujourd’hui le cheval de Troie de l’islam pour imposer une société holiste, comme on disait jadis, c’est-à-dire collective, à travers des fameux droits et libertés individuelles. Aujourd’hui, l’islam est très habile, il se sert de notre obsession, alors pour le coup, individualiste, pour imposer son modèle. C’est la phrase de Qaradaoui, vous savez, le théologien égyptien très proche des frères musulmans, qui disait « Nous vous vaincrons avec vos lois démocratiques et nous vous coloniserons avec nos lois… »

France Télévisions : Vous n’êtes pas loin de préconiser une dictature. J’ai retrouvé ce mot deux fois dans l’introduction de ce livre.

Zemmour : Alors, dictature au sens romain du terme. Je ne rigole pas du tout. Non, là, je suis sérieux deux minutes. Dictature c’est un mot qui aujourd’hui n’est pas compris. En revanche, ce qui est compris, c’est que je pense que les juges gouvernent, c’est-à-dire la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil d’État, on l’a vu pour le Burkini, le Conseil constitutionnel, ils gouvernent avec leurs normes et ils imposent leurs normes à la volonté populaire. Je pense que c’est le contraire de la démocratie. Donc ma dictature, en fait, c’est le retour à la démocratie. C’est-à-dire la volonté du peuple.

France Télévisions : Dans ce cas, il faut parler de démocratie.

Zemmour : Non mais la volonté du peuple qui est vraiment respectée. Aujourd’hui, les juges ne respectent plus la volonté du peuple au nom de l’État de droit.

Pierre Lescure : Toutes les chroniques de la saison dernière sur RTL ne sont pas dans les 500 pages qui suivent votre texte d’ouverture. Je pense par exemple à la chronique où vous appeliez au bombardement de Molenbeek.

Zemmour : Je vous assure qu’elle y est. J’ai tout relu.

France Télévisions : Non, elle n’y est pas. C’est celle où vous blâmiez Taubira de ne pas avoir fait emprisonner l’un des tueurs du Bataclan. Alors que c’était sous la droite entre 2013 et 2016.

Zemmour : Mais je n’ai jamais dit ça. Vous vous trompez, ce n’est pas moi.

Patrick Cohen : C’esr ramassé par Laurent Ruquier…

Zemmour : Eh bien il se trompe une fois de plus. Ce n’est pas la première fois.

France Télévisions : Mais la chronique n’y est pas.

Zemmour : Toutes les chroniques sont là. Bombarder Molenbeek, évidemment qu’elle y est.

France Télévisions : Vous avez tout relu, mais vous avez fait des fautes. J’en ai relevé au moins deux. Par exemple, vous citez le rapport d’Europol selon lequel l’État islamique aurait envoyé 5000 combattants sur le sol européen. En fait, ce sont 5000 européens qui sont partis vers l’Irak et la Syrie. On a le rapport. On peut le relire. Il y a un tiers qui serait revenu. Il y a ça. Il y a autre chose. Vous parlez de…

Zemmour : Je ne parlais pas de ça. Je parlais de ceux qui sont rentrés avec les migrants.

France Télévisions : Vous parlez aussi d’un député socialiste français qui a appelé à créer un Long Island européen.

Zemmour : Oui.

France Télévisions : Ce n’est pas Long Island. C’est Ellis Island.

Zemmour : Ah, pardon.

Patrick Cohen: Je ne trouve pas la chronique sur Molenbeek.

Zemmour : Mais je vais la trouver.

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