Pourquoi est-ce que j’ai créé le site Metapolitique.fr et la chaîne YouTube associée ? Suis-je animé par l’envie de devenir un « Youtubeur » ? La question mérite d’être posée franchement. Au départ, j’ai commencé par un blog, par des articles écrits. Progressivement, l’idée m’est venue de transformer le simple blog en une plateforme, et le site metapolitique.fr aujourd’hui présente des auteurs, des livres, leurs résumés, et pas mal de livres à télécharger en format numérique. Tout est autofinancé (et codé) par moi-même, c’est un loisir pour moi. C’est entièrement gratuit et sans pub. Je n’ai rien à vendre. Et pour être honnête, la nature de ce que je produis n’est pas au niveau pour être vendu.

Ça tombe bien, je ne compte pas gagner de l’argent avec YouTube, encore moins que ça me permette d’arrêter de travailler. Je suis chef d’entreprise, je n’ai pas besoin de ça financièrement. Je suis aussi conscient qu’il faudrait que je m’y consacre à 100% pour espérer potentiellement que ça me permette un revenu. Donc ça n’arrivera pas de si-tôt. Le contenu écrit et les vidéos resteront donc pour l’instant à l’arrache.

Le passage au format vidéo et podcast

L’idée des vidéos sur ma chaîne YouTube est venue, pour être honnête, du fait que certaines IA permettaient de transformer mes textes en audio. C’est ce qui m’a motivé au départ, c’était facile, puis comme on me disait que ça serait bien mieux si j’enregistrais ma propre voix, je m’y suis mis. On m’a aussi suggéré de me filmer mais je n’en vois pas l’intérêt pour l’instant. Ce à quoi je ressemble n’apporte rien au schmilblick, mon physique ne m’emmènera pas plus d’auditeurs.

Je suis Français de parents Français, je ne me connais pas d’ascendants qui ne l’étaient pas. De ce que je sais, tous venaient plutôt du Sud de la France, entre les Cévennes et la Provence. J’ai 45 ans, je suis marié, 2 enfants. Je suis sans croyance religieuse.

Priorité à l’écrit

J’aimerais pouvoir proposer des vidéos plus travaillées au niveau visuel sur YouTube, mais mon but n’est pas d’être vidéaste, juste de présenter mon point de vue. Je préfère me consacrer à l’écriture de textes, car ça me semble être le plus important, donc mes vidéos resteront pour l’instant au format podcast. Je n’ai pas commencé à écrire d’un coup, j’écris depuis des années mais sur d’autres sujets que la politique, sur la musique en particulier. Je suis fan de Metal et de Punk/Hardcore, de Jazz, j’ai écrit des centaines d’articles sur le sujet depuis 25 ans.

Objectif de ce site et de la chaîne

Mon objectif est politique, c’est dans le nom du site et de la chaîne. Enfin métapolitique, c’est ce qui est autour du politique mais surtout une stratégie visant à influencer en profondeur la culture, les idées et les valeurs d’une société. Vaste programme.

Aujourd’hui, à travers cette chaîne YouTube et ce site web, j’ai deux objectifs clairs :

Le premier est de donner envie aux gens de lire davantage, ou tout simplement de (re)commencer à lire. Des livres. Dans un monde saturé d’images et de vidéos courtes, la lecture reste le moyen le plus puissant de former son jugement, de développer son imagination et de résister à la pensée unique. Si quelques personnes, après m’avoir écouté sur YouTube ou lu ici, poussent la porte d’une bibliothèque ou commandent un livre qu’elles n’auraient jamais ouvert autrement, j’aurai déjà réussi une partie de mon pari. Enfin, si je fais des vidéos, c’est parce que c’est le médium le plus universel aujourd’hui. J’en consomme moi-même beaucoup.

Le second objectif est plus directement métapolitique. Je pense que l’élection présidentielle de 2027 sera décisive pour l’avenir de la France. J’ai moi-même voté pour la première fois aux dernières élections présidentielles, pour Éric Zemmour. Je ne sais pas encore pour qui je voterai en 2027, mais si je continue cette chaîne, je l’utiliserai pour parler des candidats, de leurs programmes, des enjeux majeurs et j’imagine pour dire clairement qui je soutiens et pourquoi.

Je ne suis militant d’aucun parti, je n’ai aucun lien avec Zemmour ou Reconquête, ou aucun autre parti. Je suis simplement un Français de 45 ans qui a passé un peu de sa vie à lire, à réfléchir, et qui pense que l’heure est venue de passer de l’analyse à l’action électorale. Je crois peu à la démocratie mais plus à l’action démocratique.

Les bibliothèques m’ont appris la liberté de penser. Aujourd’hui, j’utilisais cette liberté pour essayer d’aider d’autres Français à penser par eux-mêmes… et si possible à bien voter.

II. Éveil politique et métapolitique

Quant à l’aspect métapolitique, j’ai eu ça en moi assez rapidement, dès mon adolescence je me posais des questions, sur les religions, sur l’actualité politique. Sur l’Islam très tôt je me suis demandé comment on pouvait croire à une religion dont les effets étaient aussi manifestement malfaisants. Les débats sur le voile, les émeutes de banlieue, les racailles, tout me paraissait évident mais je n’entendais que de la culture de l’excuse.

Je ne pense pas avoir été particulièrement clairvoyant, mais les positions de gens autour de moi ou à la télé me paraissaient absurdes. D’où le fait que des figures comme Éric Zemmour ou Alain Soral m’aient tout de suite accroché, c’étaient les rares à sortir du lot. Et il n’y avait pas grand monde à parler vrai en dehors. Le mainstream restait très verrouillé sur le politiquement correct.

Dans mes milieux amicaux, les discussions portaient rarement sur la politique ou les problèmes de société, mais quand c’était le cas, j’étais toujours l’iconoclaste, celui à contredire seul contre tous les évidences martelées par les médias. J’étais en école d’ingénieur, ce n’était pas nos préoccupations, tout le monde était dans un bain Canal+ de bien-pensance, ouverture au monde, et autres fadaises. Je n’étais absolument pas isolé à l’époque, je jouais de la guitare dans un groupe, on faisait des soirées sans arrêt, mais personne n’était intéressé par la politique autour de moi.

Une jeunesse de « gauchiste » et de festivals

J’ai même plutôt eu une jeunesse comparable à celle de n’importe quel gauchiste. Je suis allé dans des tas de festivals. Entre les deux tours de 2002, après le choc Le Pen au second tour du 21 avril, on a joué avec mon groupe sur une grande scène dans une manifestation contre Le Pen – on s’en foutait royalement du contexte politique, on était juste contents d’être là, de pouvoir jouer devant des milliers de gens. 80% pour Chirac grâce à nous.

Autre exemple parmi d’autres, j’ai été au gigantesque rassemblement altermondialisme du Larzac de 2003 autour de José Bové, celui qui avait cassé le McDo de Millau : camping sauvage entouré de punks « travelers » à chiens défoncés, concert de Manu Chao sur une scène gigantesque, et des centaines de milliers de personnes sur le plateau du Larzac. Il se trouve que ma famille vient en partie des Gorges du Tarn en Lozère juste à côté. C’était du tourisme anthropologique.

Je dis souvent que je n’ai jamais rencontré un skinhead de ma vie pour signifier que c’est une espèce qui me semble très rare. Je veux dire un fasciste, je n’en ai jamais croisé, mais à vrai dire je ne côtoyais pas non plus vraiment de personnes d’extrême gauche. On allait à ces événements par opportunisme, pour faire la fête, je n’ai jamais eu d’ami assez politisé pour militer. Et d’ailleurs je n’étais pas moi-même d’un esprit militant, au contraire, j’étais plutôt anarchiste, contre le vote. Dans le milieu musical underground dans lequel j’évoluais, les sujets que j’aborde sur ma chaîne YouTube n’étaient juste pas abordés.

Je n’ai jamais été politisé, d’aucun parti, et sûrement pas du FN ou d’extrême droite à l’époque. J’imagine que ce serait différent aujourd’hui, l’atmosphère est plus politisée donc à 20-25 ans aujourd’hui j’aurais forcément l’occasion de rencontrer plus de militants.

Les premières lectures marquantes sur le web et en papier

Quand je faisais mes études, internet se développait et j’ai surtout lu des blogs sur le web, je suis d’ailleurs tombé à un moment sur celui de Papacito que j’ai tout de suite trouvé très rafraîchissant, enfin un type qui n’en avait rien à battre de la bien-pensance. J’ai lu à l’époque Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte a été une vraie claque. Je ne sais plus comment j’ai découvert Philippe Muray mais sa critique féroce de la société « festive », de l’individualisme consumériste et de la disparition du tragique m’a marqué aussi à l’époque.

J’ai commencé à lire des économistes mais je me sentais déjà libéral, si ce n’est libertarien au sens américain. J’ai vécu enfant aux États-Unis et je lis l’Anglais sans problème, j’ai lu par exemple les romans d’Ayn Rand assez tôt. Toutes ces lectures ont été de mon propre chef, personne ne m’a directement influencé, enfin c’est le fil de mes lectures qui m’a amené petit à petit à lire d’autres ouvrages dans d’autres domaines, parfois par le hasard d’emprunts en bibliothèque sur la base de la quatrième de couverture.

Outre les économistes libéraux classiques, j’ai lu pas mal de philosophie sous l’influence de Michel Onfray et sa contre-histoire de la philosophie. Nietzsche bien sûr, Schopenhauer, Montaigne. À un moment j’étais axé sur l’anthropologie, j’ai lu Lévi-Strauss, Marcel Mauss, Malinowski, Franz Boas, c’est toujours un domaine qui me passionne. J’aurais quasi pu faire une fac de philo ou de socio, et je dis ça sans ironie. Il y aurait eu plus de gonzesses que dans mon école d’ingénieur en informatique.

III. La Bibliothèque : Le sanctuaire de la construction de soi

L’héritage des parents : La culture comme structure mentale

Mes parents ne m’ont pas particulièrement influencé politiquement. Ils sont retraités aujourd’hui, et se portent bien, leur génération a été la plus gâtée, ils ont parcouru le monde librement. Comme toute une génération ils sont du genre à avoir voté pour Mitterrand en 1981 pour ensuite dévier à droite. Ils ont voté pour Chirac contre Le Pen, puis Sarkozy lors de sa campagne symbolique avec le karcher, qui a fini en trahison totale. Je ne sais pas pour qui ils voteront en 2027, pour le RN peut-être pour la première fois ? À moins qu’un candidat du système se positionne à la fois à droite, avec des positions solides sur l’immigration et la sécurité, tout en garantissant les retraites des boomers.

Ce qui a fait ce que je suis est évidemment lié à mon milieu familial, mes deux parents étaient fonctionnaires, ils ont tous les deux fait des études de droit et étaient donc plutôt littéraires. Leur bibliothèque fournie a bien sûr été un exemple. Ils m’ont apporté énormément au niveau culturel, déjà le fait de vivre dans plusieurs pays étrangers, mais également les musées, et ils m’ont inculqué en général tout ce qui fait un Français, cet héritage immatériel qui mêle la conscience de l’Histoire de France, le goût pour la confrontation d’idées, le saucisson, la quiche Lorraine et la soupe au pistou.

De cette éducation, j’ai forcément gardé une certaine structure mentale. C’est sans doute pour cela que, malgré l’influence d’un système qui pousse à la « bien-pensance » et à l’effacement des particularismes, je suis resté viscéralement attaché à cette identity française, faite de panache, de littérature et d’un esprit critique qui ne s’éteint jamais tout à fait. Nous sommes un peuple unique en son genre, des gens bien particuliers, et on ne nous enlèvera pas notre identité.

L’école de la liberté : Des contes d’enfance aux rayons de la municipale

Mes parents me lisaient des contes de Perrault, Grimm, Andersen, la base de la culture européenne. Je passais ensuite aux Bibliothèque rose, Bibliothèque verte, le Club des 5, le Clan des 7. Roald Dahl avec Charlie et la chocolaterie, Matilda, Sacrées sorcières. Ma fille de 8 ans commence à le lire (en Anglais, mais elle parle Français, elle va à l’école française). Je trouve les bouquins pour enfants d’aujourd’hui toujours prompts à traiter d’autre chose que la France.

Je viens d’un milieu privilégié de ce côté-là, un milieu littéraire. Pour tout dire ma sœur est aujourd’hui libraire. Si mes parents ont été une influence énorme, je pense que des enfants avec des parents moins littéraires peuvent aussi découvrir la lecture par eux-mêmes, ou sous l’influence de profs. Je suis parti faire des études à l’autre bout de la France à 18 ans donc j’ai pris mon envol assez tôt, y compris au niveau de mes choix culturels.

J’ai vécu à l’étranger jusqu’au collège puis en arrivant en France, j’ai été plus autonome, j’allais à l’école à pieds. Je me rappelle emprunter des livres à la bibliothèque de mon collège au départ, puis je suis allé à la bibliothèque municipale qui était juste un peu plus loin. Les livres m’intéressaient, mais bien sûr aussi les BD. La BD a d’ailleurs été pour moi l’occasion de m’évader : les Chroniques de la Lune noire, La Quête de l’Oiseau du Temps, Thorgal, Lanfeust de Troy, j’ai adoré la fantasy à la française, la science-fiction avec L’Incal de Moebius ou La Caste des Méta-Barons de Jodorowsky, ou Les Mondes d’Aldébaran de Léo, toutes ces séries francophones étaient géniales.

Certaines BD m’ont permis plus tard de découvrir des mondes plus adultes, des femmes aux formes pulpeuses, je pense particulièrement aux BD de François Bourgeon. Je regardais en douce les Manara. À ce sujet, j’ai l’impression qu’en quelques générations le progrès s’est inversé : nous avons régressé au niveau naturel et plaisir, épanouissement humain. Aujourd’hui, on assiste à un retour de l’austérité, du moralisme à prétexte égalitariste féministe… On a droit à des femmes fortes (physiquement aussi) à cheveux bleus et des queers, mais à beaucoup moins de cul.

Je n’ai pas trop lu de mangas, ce n’était pas encore la mode. Il y avait les dessins animés du club Dorothée : Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque, Ken le Survivant ou Nicky Larson. Ça dépotait à l’époque, rien à voir avec les niaiseries d’aujourd’hui. Au niveau papier, j’avais juste lu Akira, Gunnm, Ghost in the Shell, les premiers qu’on trouvait alors en bibliothèque.

Mon adolescence fut grunge, cheveux longs, chemises de bûcheron, passage du violon à la guitare, baladeur CD et casque vissé sur les oreilles à écouter Nirvana ou Rage Against the Machine, pèlerinages quotidiens à la Fnac pour écouter les nouveautés, « Fun Radio fait du bruit » le dimanche soir, posters géants de John Lennon et Kurt Cobain sur les murs de ma chambre.

Éloge des bibliothèques

Années bibliothèques également. J’habitais à Tours pendant cette période seconde/terminale. La bibliothèque de cette ville est spéciale, c’est un gros bloc impersonnel, architecture quasi soviétique, mais dans un beau cadre, elle est au bord de la Loire, entourée du fleuve et de végétation, c’est un endroit où il est agréable de se rendre. Le bâtiment a un côté réellement imposant, il faut traverser l’avenue longeant les berges pour accéder à l’entrée, un escalier monumental. Quand on y pénètre, tout y est massif, d’une pierre blanche lisse. Il y avait de tout dans cette bibliothèque, bouquins, BD, disques, à disponibilité de chacun pour se forger librement une culture.

Après le bac, une nouvelle ville, Belfort, une nouvelle bibliothèque, plus modeste mais aussi bien garnie, j’ai même habité dans une coloc’ dans un immeuble juste en face, j’y allais plusieurs fois par semaine.

Ensuite, j’ai connu les bibliothèques de Nice en stage, puis j’ai habité à Paris 13ème, j’allais à la médiathèque de la rue de Tolbiac, à la grande BNF également car j’habitais à côté. Ensuite j’ai déménagé dans le 18ème et comme je travaillais, j’achetais désormais les livres que je lisais.

Aujourd’hui, je n’ai plus de bibliothèque à proximité, et je lis surtout des livres sur mon téléphone portable. Ce qui par ailleurs ne me pose aucun problème. Ma sœur libraire criserait d’entendre ça mais je préfère même pouvoir sortir à tout moment mon portable, et commencer à lire un livre, sur fond sombre, en gros caractères, et pouvoir passer les pages d’un coup de pouce, sans avoir à manipuler un gros livre et galérer pour suivre le texte au milieu.

IV. Le voyage intellectuel (De l’aventure à la philosophie)

Le goût de l’épopée : Forger son imaginaire avec les classiques

Adolescent puis jeune adulte, je ne lisais que des romans, garçon européen, j’adorais les épopées, les romans d’aventure comme Ivanhoé ou Croc Blanc.

En film c’est pareil j’aime les films historiques, en costume, du genre Le Dernier des Mohicans. Comme je suis en roue libre dans cet article, je peux parler d’une anecdote sur ce film, car je l’ai vu plusieurs fois, du moins le début, avec une nana. C’est le film idéal car le film commence de manière plutôt paisible avec des paysages, puis part dans un carnage, ce qui est propice à un rapprochement avec ta compagne d’un soir, qui généralement conduit à couper le film assez vite. Bref je m’égare, j’avais bien sûr lu le livre dont est tiré le film.

Liste des lectures marquantes (Aventure et Classiques) :

  • Le Dernier des Mohicans (Fenimore Cooper)
  • Michel Strogoff (Jules Verne) – aventure, traversée de la Sibérie. Et d’autres Jules Verne : Vingt mille lieues sous les mers, L’Île mystérieuse, Le Tour du monde en 80 jours, Voyage au centre de la Terre.
  • Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo (Dumas)
  • Notre-Dame de Paris (Victor Hugo)
  • Croc Blanc et L’Appel de la forêt (Jack London).
  • Le Lion (Joseph Kessel)
  • Le Vieil Homme et la Mer (Hemingway)
  • Le Capitaine Fracasse (Théophile Gautier)
  • L’Île au trésor (Stevenson) and Robinson Crusoé (Defoe).
  • Into the Wild (Jon Krakauer).
  • Tom Sawyer, Huckleberry Finn (Mark Twain).
  • La Promesse de l’aube (Romain Gary).
  • Le Grand Meaulnes (Alain-Fournier).
  • Sherlock Holmes (Conan Doyle).
  • Cyrano de Bergerac (Rostand)

J’ai aussi lu pas mal de classiques de la littérature française, j’étais passionné par Maupassant à un moment, Boule de Suif, Le Horla, toutes ses nouvelles. Zola et Balzac m’ont plu un moment, Flaubert et Stendhal aussi. J’ai moins été passionné par les tomes interminables des auteurs russes comme Dostoïevski. Céline par contre m’avait scotché et y penser me donne envie de relire Voyage au bout de la nuit, je n’avais sûrement pas tout compris à l’époque.

Mondes imaginaires : La science-fiction comme laboratoire d’idées

Après les récits d’aventure, je suis passé à la science-fiction et à la fantasy de manière assez naturelle. Pour moi, ces genres ne sont pas de simples divertissements, mais de véritables laboratoires d’idées métapolitiques. Dans les rayons des bibliothèques, je cherchais ces mondes qui testent les limites de l’organisation sociale et de la survie de l’humanité.

Ma bibliothèque idéale de l’époque se composait de piliers comme :

  • Le Cycle de Tschaï de Jack Vance, fable anthropologique sur l’aliénation culturelle : sur la planète Tschaï, des populations humaines asservies depuis des générations ont fini par mimer physiquement et culturellement leurs maîtres extraterrestres, jusqu’à se nommer « Hommes-Chasch » ou « Hommes-Dirdir ». Vance pousse à l’extrême la question de l’assimilation et de la perte d’identité d’un peuple soumis.
  • Fondation d’Isaac Asimov, pour sa vision cyclique de la chute et de la reconstruction d’une civilisation.
  • Le Cycle du Ā de A. E. van Vogt, science-fiction philosophique : l’idée d’une humanité libérée par un entraînement mental qui la délivre des cadres binaires. Une utopie tordue qui m’avait passionné à l’époque.
  • Dune de Frank Herbert, indispensable pour comprendre l’imbrication du sacré et du politique, et le piège du messianisme.
  • Les Chroniques de Gor de John Norman – œuvre politiquement très incorrecte, dans la lignée du Conan le Barbare de Robert E. Howard : même registre de fantasy sombre et virile, où les valeurs guerrières l’emportent sur le confort des sociétés policées. C’est précisément ce qui m’avait paru rafraîchissant à l’adolescence. À une époque où tout le reste me semblait formaté, Norman assumait sans détour une vision du monde brute, hiérarchique, qui contredisait frontalement l’air du temps.
  • Elric de Michael Moorcock, pour une fantasy plus sombre, plus brute, loin du manichéisme.
  • Hypérion de Dan Simmons.
  • Pierre Bordage, le meilleur auteur français de SF à mon goût, davantage pour son souffle de conteur que pour la rigueur de ses spéculations : Les Guerriers du Silence, Abzalon, Wang.

J’ai lu Le Seigneur des Anneaux bien sûr, mais ce n’est pas ce que j’ai préféré. J’en apprécie le lore et la profondeur de l’univers, mais le style lent, daté m’a paru pénible. Je préfère le rythme et l’aspect géopolitique de sagas comme Le Trône de fer (qui est devenu ensuite la série télé Game of Thrones) ou La Roue du Temps (qui a aussi eu sa série mais elle est très moyenne), que j’ai suivies avec avidité.

Je m’inscris naturellement dans la veine de la sword and sorcery – de Howard à Moorcock en passant par Norman – plutôt que dans l’idéalisme moralisant de la high fantasy tolkienienne. Mondes ambigus, héros faillibles, virilité sans excuse : voilà ce qui m’a toujours parlé.

La science-fiction face au défi de l’Intelligence Artificielle

Le lien entre ces mondes imaginaires et mon projet sur Metapolitique m’apparaît aujourd’hui de plus en plus évident, en particulier autour de la question de l’Intelligence Artificielle. J’utilise déjà l’IA pour mes podcasts (sur ma chaîne YouTube), et je compte traiter le sujet plus en profondeur. J’ai notamment pour projet un article sur les différentes IA imaginées par les auteurs de SF.

Du Multivac d’Asimov aux machines pensantes interdites dans Dune, en passant par les univers cybernétiques de Bordage, la SF a anticipé presque tous les enjeux actuels : la délégation de notre souveraineté à l’algorithme, le risque d’une déshumanisation radicale, le contrôle social par la donnée. Explorer ces récits, c’est comprendre que ce que nous vivons aujourd’hui avec l’IA a déjà été théorisé, et souvent redouté, par les esprits les plus visionnaires du siècle dernier. La SF n’était qu’une répétition générale ; nous sommes désormais sur scène.

Pourquoi je préfère aujourd’hui les essais aux romans

Si mon adolescence a été bercée par l’imaginaire, je constate qu’aujourd’hui, mon intérêt s’est presque entièrement déplacé vers les essais. Ce n’est pas un désamour pour la fiction, mais une soif de comprendre les mécanismes réels qui régissent notre monde. En tant que chef d’entreprise, mon temps est compté, et j’éprouve le besoin d’aller directement à la source des idées. Le roman raconte l’homme, mais l’essai le décortique.

C’est ce qui m’a poussé à approfondir la philosophie et l’histoire. Sous l’influence de la Contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray, j’ai découvert une autre manière d’aborder Nietzsche, Schopenhauer ou Montaigne : non pas comme des abstractions scolaires, mais comme des outils de combat intellectuel. Les philosophes en général sont compliqués à lire, il faut parfois se forcer, aller au bout d’un raisonnement, parfois relire pour tenter de comprendre.

J’avoue que beaucoup de philosophes sont difficiles, c’est pour ça que je préfère les « lisibles » comme Nietzsche (et encore, bonne chance avec Ainsi parlait Zarathoustra), mais ce qui est certain, c’est que les philosophes interrogent, surprennent, et la plupart du temps éduquent, car la philosophie seule n’a pas d’intérêt, avant de philosopher sur un sujet, il faut déjà le connaître.

C’est la même logique qui m’a conduit vers l’anthropologie et la sociologie. Lire des essais dans ces domaines, ce n’est pas seulement accumuler du savoir académique, c’est comprendre comment les structures sociales se forment, comment les cultures naissent et, parfois, comment elles s’effondrent.

Aujourd’hui, un livre comme Rome et les Barbares, Histoire nouvelle de la chute de l’empire de Peter Heather me passionne bien plus qu’un thriller. Analyser la chute de l’Empire romain, comprendre les dynamiques de pression migratoire, d’intégration ratée et de délitement institutionnel de l’époque, c’est s’offrir une grille de lecture qui pourrait être utile pour les enjeux de 2027. Je cherche dans mes lectures des armes pour l’analyse politique et sociale. Le réel est devenu tellement riche, complexe et parfois tragique, qu’il me semble désormais plus fascinant que n’importe quelle fiction. Lire un essai, c’est pour moi une forme de musculation mentale : on en ressort avec une vision plus acérée, prêt à affronter le débat d’idées sans se laisser berner par les narrations médiatiques.

Après, si Houellebecq sort un nouveau roman, je le lirai direct !

Conclusion : Pourquoi nous lisons encore ?

Au fond, tout ce parcours n’est qu’une longue histoire de liberté. Les bibliothèques m’ont appris à construire mon propre esprit, loin des modes, des médias et des prêtres du prêt-à-penser. Une bibliothèque, c’est comme un ami discret et infiniment généreux qui aurait quasiment tout : des contes pour enfants aux essais les plus durs, des BD érotiques des années 90 aux classiques de la littérature, des disques de jazz aux romans de science-fiction. Un lieu où l’on peut entrer sans rien savoir et ressortir différent.

Ce goût très masculin pour les épopées, l’aventure, la fantasy sombre, les grands espaces et les héros, je l’assume pleinement. Désolé, je n’ai pas subi d’enfance « déconstruite ».

Hier encore, j’ai été saisi en découvrant les statistiques de ma chaîne YouTube : 97 % des auditeurs sont des hommes. C’est proprement dingue. Est-ce parce que plusieurs de mes vidéos les plus vues parlent d’Alain Soral ? Est-ce que le sujet de la survie culturelle et de la lucidité politique attire presque exclusivement les hommes aujourd’hui ? Je ne sais pas. Je ne veux pas tomber dans le misogyne facile, mais ce chiffre pose question. Il montre probablement que les femmes, davantage soumises aux normes actuelles de bien-pensance, osent moins s’aventurer sur ces terrains. Tant pis. Je continuerai à dire ce que je pense. Aux hommes comme aux femmes, je dis simplement : lisez, réfléchissez par vous-mêmes.

Car c’est bien là l’enjeu. Dans un monde saturé d’images fugaces, de vidéos TikTok et de morale obligatoire, la lecture reste l’outil de résistance ultime. Elle forge le jugement, nourrit l’imagination et permet de résister à l’uniformisation des esprits. Les bibliothèques, les librairies, les livres numériques ou papier : peu importe le support, l’important est de lire.

Alors allez-y. Amenez vos enfants à la bibliothèque. Commencez par des BD s’ils rechignent. Poussez la porte d’une médiathèque, même si elle ressemble à un bloc soviétique. Allez en librairie et achetez des livres (ma sœur libraire vous remerciera). Prenez un essai, un roman, un classique. Lisez sur votre téléphone si c’est plus pratique (il y a plein de livres à télécharger sur le site Metapolitique.fr), sur papier si vous préférez l’odeur et le contact. Peu importe. Lisez.

Les bibliothèques permettent d’accéder à la liberté de penser. Aujourd’hui, à travers ma chaîne YouTube et ce site, j’essaie de transmettre cette liberté. Bien sûr, l’homme libre n’est pas celui qui a beaucoup lu, mais ça peut aider. Les bibliothèques donnent accès à la sagesse des anciens, au savoir d’hommes qui nous ont précédés et ont osé poser par écrit des histoires, des réflexions.

Seuls les éduqués sont libres. Les ignorants sont esclaves de leurs passions, de leurs peurs, des jugements d’autrui, même s’ils possèdent tous les livres du monde.

Pas pour faire de vous des militants, encore moins des clones. Simplement pour que vous puissiez, à votre tour, regarder le monde en face, sans œillères, et faire vos propres choix.

Surtout en 2027.

Vieil érudit lisant un parchemin à la chandelle
À la lueur des bougies, un érudit plonge dans ses manuscrits anciens. Une scène empreinte de mystère et de savoir.

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