C’est la folie voyeuriste en ce moment avec ce procès Dominique Pélicot, une ambiance assez malsaine, tous les médias multiplient les articles, carrément des sections dédiées, le public jubile dès que des détails sordides sortent.

Déjà, l’appellation débile d' »affaire Mazan » part plutôt mal, comme si cela avait un lien particulier avec cette ville.

On veut nous faire croire que c’est quelque chose de nouveau, propre à notre époque, et qui s’expliquerait par des facteurs spécifiques d’aujourd’hui. Certains évoquent « le porno », d’autres « la misogynie », la « culture du viol ».

J’ai tendance à penser au contraire qu’il n’y a jamais eu aussi peu de viols qu’aujourd’hui en Occident et que c’est un évenement unique, certes particulièrement glauque du fait de l’utilisation de drogues dans un cas de figure intra-conjugal et de la participation de 80 hommes sur 10 ans, intéressés par l’idée de violer une femme de 60 ans assommée par des médicaments. En plus, Pélicot est maintenant accusé d’avoir violé d’autres femmes, son ADN a été retrouvé, et meme d’un meurtre: on est sur un cas psychopathique hyper marginal.

Le viol était tellement omniprésent par le passé qu’il en devenait un non-sujet, il n’était meme pas condamné ou légalisé, et quand il était c’était en regard des préjudices envers le père, mari ou famille. Il était systématique en temps de guerre, et la guerre était omniprésente. L’esclavage était la norme dans la plupart des sociétés (y compris en Amérique du Sud précolombienne et chez les Amérindiens), et bien sûr, esclavage = viol. Dans la majorité des situations, les hommes qui ne voient pas d’objection à l’esclavage n’en voient pas au viol des esclaves.
À l’état primaire, l’humanité vivait dans le tribalisme, et le tribalisme impliquait que tout humain qui n’appartenait pas à la tribu ou tribus associées était considéré comme hors humanité (la plupart des tribus se nomment eux-memes « les humains » dans leur langue). Les violer n’était donc pas comparable à violer quelqu’un de sa propre tribu.

Aujourd’hui, on peut dire qu’on a appris à mieux contrôler nos pulsions dans les sociétés les plus avancées, en grande partie grâce à l’éducation, aux règles sociales, et aux lois. Ce contrôle, c’est un peu ce qui fait qu’on peut se dire « civilisés ». Les sociétés modernes ne sont surement pas parfaites à ce niveau, mais elles posent des limites là où avant, ces comportements étaient presque normaux.

Quand on regarde les chiffres, les crimes violents, y compris les viols, ont baissé énormément dans les pays occidentaux depuis la dernière guerre mondiale. Pour remonter dernièrement à cause de l’immigration en provenance de pays où le viol n’est pas aussi condamné culturellement mais c’est un autre sujet. En général, il y a moins de viols mais les médias ont tendance à en parler tellement que ça donne l’impression que c’est omniprésent, alors qu’en fait, c’est l’inverse. Je suis certain qu’il y a bien moins d’inceste aujourd’hui en France qu’il y a 100 ans.
Et puis, il y a aussi le fait que la définition du viol s’est élargie avec le temps. Des choses qu’on ne considérait même pas comme du viol avant, le sont aujourd’hui, ce qui fausse un peu les perceptions.

Le délire voyeuriste du moment

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