Dans le contexte actuel, où les débats sur le féminisme, la masculinité, et la place des hommes dans la société sont sans cesse débalés au moindre fait médiatique comme l’affaire Pélicot ou le viol et meurtre de Philippine, il est pertinent de se poser la question de la situation des hommes français en 2024.

Mon opinion est que les hommes français d’aujourd’hui seraient les plus respectueux des femmes dans l’histoire du pays, et parmi les plus favorables aux thèses féministes dans le monde. Mais cela est-il vraiment le cas ?

Une évolution historique vers la civilité

En France, le concept de galanterie et de chevalerie a profondément marqué la relation entre les hommes et les femmes. Historiquement, le gentilhomme et le chevalier servant étaient des modèles de comportement viril qui mettaient l’accent sur la protection des femmes et des enfants. Ce modèle, bien que patriarcal, valorisait un rôle de protecteur. Le patriarcat c’est le pouvoir d’un homme sur une famille dans le but de la protéger de l’extérieur, y compris pour des raisons purement égoiste de préservation de sa lignée. Donc tout le contraire de ce que Pélicot a fait subir à sa femme. La virilité c’est le controle de soi, l’élégance à entourer ses instincts masculins bruts, barbares.

Contrairement aux idées souvent perçues, le patriarcat européen a joué un rôle dans l’évolution des mœurs vers une société plus égalitaire entre les sexes. Autrefois en France, des codes de conduite régissaient les relations hommes-femmes, ce qui, bien qu’imparfait selon les standards modernes, était déjà plus respectueux des femmes, et de loin, que certaines pratiques oppressives observées dans d’autres régions du monde, telles que l’infibulation, l’excision, ou les mariages forcés.

Le contraste avec le reste du monde

Il est indéniable que dans d’autres régions du monde, comme dans certaines parties de l’Afrique et du Moyen-Orient, des pratiques extrêmement discriminatoires à l’égard des femmes persistent. Cette horreur qu’est l’infibulation, les crimes d’honneur, la polygamie, et d’autres formes d’inégalités sont encore présentes dans de nombreuses sociétés, parfois même en contradiction avec les lois en vigueur. Cela met en perspective la situation des hommes en France qui, dans une large mesure, se sont adaptés à des normes plus égalitaires et respectueuses.

En France, le mouvement féministe a influencé la transformation des comportements masculins. Aujourd’hui, les hommes français sont parmi les plus éduqués sur les questions de genre et de féminisme, en grande partie grâce à une éducation civique qui promeut ces valeurs. Cela les place parmi les populations masculines mondiales les plus sensibles aux revendications féministes. Ce respect envers les femmes s’est malheureusement transformé récemment, d’un coté en faiblesse envers des hommes intérieurs à notre culture, devenus lâches et vicieux, et envers des hommes extérieurs qui arrivent, et tous, sans virilité protectrice en profitent pour attaquer les femmes, à l’encontre d’une certaine idée d’élégance et de civilité française.

La décadence occidentale ou l’évolution des mœurs ?

L’affaire Pélicot est emblématique des tensions autour de la question de la virilité dans la société moderne. Il faut repenser une virilité civilisée et décente, capable de maîtrise de soi. Pélicot incarne la décadence occidentale, où la virilité n’est plus vue comme un contrôle de soi, mais comme une lâcheté dissimulée sous des pulsions destructrices.

Le cas de Philippine, une jeune femme violée et tuée par un étranger récidiviste ayant purgé seulement cinq ans de prison, est un autre exemple qui soulève des questions. Le fait qu’un tel individu ait été libéré après une peine aussi légère est un échec du système judiciaire, mais également un symptôme de l’affaiblissement de la virilité protectrice autrefois valorisée dans la société. Dans une société patriarcale, jamais un violeur n’aurait fait si peu de prison et aurait été relâché dans la nature, il fallait la faiblesse de juges gauchistes pour que ça arrive.

Virilité et patriarcat : des concepts à réviser ?

Le patriarcat, dans son sens original, représentait le pouvoir de l’homme sur la famille, mais avec un devoir de protection vis-à-vis des siens. Ce modèle de patriarcat protecteur est souvent critiqué dans les débats actuels. C’est une façon de dénaturer le terme de manière malhonnete, dans le seul but d’opposer les sexes, ce n’est pas le patriarcat qui est en cause, mais bien son absence, comme dans le cas de Pélicot, qui en est l’antithèse, permettant à sa femme de subir des abus.

C’est précisément parce que le patriarcat est affabli que ce genre de choses arrivent, ça révèle la perversité d’une société qui a perdu les codes de la masculinité.

Le patriarcat promet la virilité, et les 2 ne sont pas incompatibles avec les valeurs modernes. Cette capacité des hommes à contrôler leurs instincts pour adopter un comportement civilisé et respectueux doit etre apprise et enforcée, ce n’est pas en apprenant aux petits garçons à etre faibles qu’ils adopteront ces comportements. Loin de l’image d’un dominateur brutal, il faut présenter l’image d’un homme viril, capable de défendre sa famille comme la société, qui protège et maintient un cadre social stable. Bref du conservatisme.

Si les hommes français d’aujourd’hui sont parmi les plus respectueux des femmes, cela ne signifie pas que tout est parfait, la société française est aussi décadente et contaminée des bribes de cultures extérieures qui professent un patriarcta basé sur la peur et la violence. Comparé à d’autres régions du monde, la France peut se vanter d’avoir une société qui a fait de grands progrès en matière d’égalité de genre, mais d’un coté l’évolution s’est inversée depuis une cinquantaine d’année et d’un autre les combats néo-féministes se trompent de cible et les récents débats sur la virilité, le patriarcat, sont contre-productifs et aggravent les problèmes.

Peut-être que la solution se trouve dans une réconciliation entre les valeurs féministes modernes et une redéfinition de la virilité civilisée, où le respect, la maîtrise de soi et la protection des plus vulnérables sont au cœur des préoccupations. En gros revenir au féminisme originel, et ne pas accepter ce néo-féminisme grossier qui cache une haine indistincte des hommes.

Liste d’auteurs et d’ouvrages pour éclairer sur le sujet

Harvey MansfieldManliness

Un ouvrage majeur sur le concept de virilité dans les sociétés modernes, défendant l’idée qu’une forme de masculinité fondée sur le courage et la responsabilité est nécessaire pour la société libérale.

Roger ScrutonHow to Be a Conservative / Gentle Regrets

Scruton développe une vision conservatrice de la civilisation, de la transmission et de l’éthique masculine fondée sur la retenue, la responsabilité et la protection.

Jordan Peterson12 Rules for Life

Sur la nécessité d’un cadre civilisationnel qui canalise la force masculine afin qu’elle devienne protectrice et structurante.

Emmanuel ToddLa chute finale, L’origine des systèmes familiaux

Todd montre comment les structures familiales historiques façonnent les rapports hommes/femmes et les valeurs d’égalité. Intéressant pour montrer pourquoi l’Europe a évolué vers une forme de patriarcat modéré et civilisateur.

Michel HouellebecqSoumission / Les Particules élémentaires

Houellebecq décrit une masculinité désorientée, affaiblie, dans une société sans cadre ni rites.

Christopher LaschLa culture du narcissisme

Analyse de la dissolution des structures familiales et du rôle traditionnel des hommes dans la société.

Douglas MurrayThe Strange Death of Europe

Notamment sur la perte de confiance européenne dans sa propre civilisation, et la vulnérabilité créée par le relativisme culturel.

Pierre ManentCours familier de philosophie politique

Sur la disparition des structures normatives qui permettaient le contrôle des instincts et l’exercice de responsabilités.

1979

La culture du narcissisme

Christopher Lasch

Christopher Lasch analyse comment les transformations économiques et sociales du XXe siècle américain ont fait émerger une personnalité narcissique devenue dominante dans la culture. S’appuyant sur Freud et sur une grille de lecture en partie marxiste, Lasch décrit une société où l’autorité, les communautés traditionnelles et les liens familiaux se sont affaiblis, produisant des individus anxieux, obsédés par leur image, dépendants du regard des autres et incapables de se projeter dans l’histoire. Il critique autant la gauche progressiste — accusée d’avoir fragilisé la famille — que la droite libérale — qui aurait dissous les solidarités locales. Des phénomènes tels que le développement personnel, les nouveaux mouvements spirituels, l’évolution du sport ou le comportement des hommes politiques lui apparaissent comme les symptômes d’une même pathologie culturelle. L’ouvrage, polémique et incisif, est devenu une référence majeure de la critique sociale américaine.

Virilité et civilisation : Réflexions sur le patriarcat en France et ailleurs

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