Depuis l’assassinat de Quentin Deranque à Lyon en février 2026, on a pu entendre tout et n’importe quoi sur les violences commises par l’extrême gauche comme par l’extrême droite. Dans un article précédent intitulé « Extrême droite, extrême gauche : que signifie vraiment le qualificatif extrême ? », j’ai d’abord voulu préciser ce que ces deux termes signifient et ce qu’ils représentent aujourd’hui en France.
Bien sûr, certains qualifieront ce nouvel article, comme le précédent, de partisan. Mais justement, l’idée est de contrer, dans un cas comme dans l’autre, le discours uniforme et la désinformation générale. Oui, les extrêmes tuent. Oui, l’extrême droite tue parfois. Mais oui aussi, la réalité est que l’extrême gauche est bien plus active et néfaste globalement.
Pour éviter tout biais, cet article se base uniquement sur des faits concrets, des événements vérifiables et des observations issues des services de renseignement ou de descriptions d’actions publiques. Il se concentre sur des actions radicales : violences physiques, sabotages, affrontements, contestations institutionnelles fortes ou liens avec des groupes dissous.
Après avoir clarifié le sens relatif et souvent instrumental du qualificatif « extrême », il est temps d’examiner concrètement comment se traduisent ces extrémismes dans la réalité française récente. Au-delà des discours et des définitions théoriques, ce sont les faits — violences, actions illégales, contestations institutionnelles et proximités avec des groupes radicaux — qui permettent de mesurer l’ampleur et la nature des menaces. Et sur ce terrain, l’asymétrie apparaît rapidement.
À force d’être utilisé à tort et à travers, le terme « extrême » a perdu une grande partie de son sens. Aujourd’hui, on désigne souvent sous l’étiquette « ultra-droite » ou « ultra-gauche » de petits groupuscules marginaux, parfois réduits à quelques dizaines d’individus, alors que le qualificatif « extrême » définit maintenant des partis qui pèsent plusieurs millions de voix et participent pleinement au jeu politique institutionnel.
À l’extrême gauche
L’extrémisme de gauche se manifeste surtout par des violences de rue et affrontements (utilisation de la violence comme « mode d’action » avec black blocs, antifas et sabotages), un discours révolutionnaire ou anti-institutionnel (appel à une nouvelle République ou à une rupture anticapitaliste), et une proximité avec des groupes violents.
L’impact de l’extrême gauche ne se mesure pas seulement aux homicides. Sur longue période, les études historiques montrent effectivement une sur-représentation de l’extrême droite dans les meurtres idéologiques. Cependant, réduire le débat à « qui tue le plus ? » constitue un piège. Le nombre d’homicides pour motif politique reste minuscule (moins de 1%) par rapport aux homicides en général, souvent commis pour des motifs crapuleux ou passionnels De plus, les médias et commentateurs de gauche ont tendance à monter en épingle n’importe quel fait divers impliquant un individu aux idées de droite pour y voir systématiquement un acte idéologique organisé, alors qu’ils contextualisent ou minimisent plus facilement les violences provenant de milieux d’extrême gauche.
Exemple concret : en 2025, sur environs 1 000 homicides commis en France, les cas liés à l’extrémisme politique (tous bords confondus) se comptent probablement sur les doigts d’une main, voire moins selon les qualifications judiciaires finales (les faits divers avec mobile raciste ou haineux restent classés comme crimes de droit commun, pas comme actes terroristes ou idéologiques organisés).
Ce qui caractérise surtout l’extrême gauche, c’est la fréquence, l’ampleur des dégradations, la récurrence des affrontements et la légitimation idéologique de la violence comme outil politique légitime. Même quand les auteurs paraissent « en marge », ces actes s’inscrivent dans un écosystème militant partagé (milieux antifas, squats, universités radicales, réseaux en ligne) qui fournit justification idéologique, coordination et parfois soutien indirect.
Il y a factuellement peu de meurtres attribuables à l’extrême gauche organisée en France, avec un lien idéologique explicite, un mobile politique assumé et une condamnation judiciaire pour homicide volontaire motivé par des raisons politiques. Le cas de Quentin Deranque, militant identitaire/nationaliste de 23 ans, tabassé à mort en février 2026 à Lyon est une anomalie. Il révèle cependant un phénomène d’amplification des passages à l’acte des extrémistes de gauche. Ce meurtre a eu lieu en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Parmi les suspects mis en examen figurent plusieurs membres ou proches de l’ex-Jeune Garde antifasciste (dissoute en juin 2025 pour violences), dont Jacques-Élie Favrot, ex-attaché parlementaire du député LFI Raphaël Arnault (fondateur de la Jeune Garde), mis en examen pour complicité de meurtre par instigation. Des images du renseignement territorial montrent des antifascistes cagoulés et masqués en train de se préparer avant l’affrontement. Quentin Deranque était présent avec un petit groupe pour « assurer la sécurité » de militantes du collectif Némésis venues protester contre la conférence. L’enquête explore la piste d’un guet-apens.
La stratégie dominante de l’extreme gauche contemporaine n’est pas l’assassinat ciblé, comme chez Action Directe, groupe terroriste d’extrême gauche actif entre 1979 et 1987, responsable de plus de 80 attentats et de plusieurs assassinats politiques, dont ceux de l’ingénieur général René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Cependant, la violence de rue devient récurrente, les sabotages, les affrontements en manifestation et la « no platform » (empêcher physiquement les adversaires de s’exprimer) courants.
Ce qu’on constate :
Violences pendant les émeutes ou manifestations (Nahel 2023, retraites 2023, etc.) : Des militants d’extrême gauche ou associatifs ont parfois légitimé ou accompagné les violences urbaines (incendies de mairies, écoles, commissariats et pillages). LFI a été accusée de ne pas condamner assez fermement, en mettant l’accent sur les « racines sociales » et les violences policières (« la police tue »). Des morts ont eu lieu (policiers, passants, émeutiers), mais elles sont presque toujours classées comme faits divers urbains, accidents ou violences policières, pas comme homicides prémédités par l’extrême gauche organisée.
Sabotages et attentats « écoterroristes » (Sainte-Soline, lignes TGV, etc.) : Ces actions causent des dégâts matériels très importants et des blessés, parfois graves, mais pas de morts recensés directement imputables à l’extreme gauche ces dernières années.
Actions antifas : De nombreuses agressions physiques, intimidations, tabassages et « descentes » contre des militants de droite ou identitaires sont documentées (surtout à Lyon, Paris, etc.), mais elles se soldent très rarement par la mort. La Jeune Garde (dissoute en 2025) et d’autres groupes antifas sont régulièrement cités pour ces violences, sans homicide mortel avant Quentin Deranque.
Manifestations et black blocs : Lors du 1er mai 2025 à Paris, des black blocs ont agressé des élus socialistes accusés de « traîtrise ». Ces cortèges noirs, composés de groupes d’affinité autonomes, visent systématiquement des dégradations ciblées (banques, commerces, symboles du « capitalisme ») et des affrontements violents avec les forces de l’ordre. Le phénomène est récurrent et organisé : les participants se mobilisent spécifiquement pour ces actions, avec une tactique assumée d’anonymat collectif.
En 2025, les services de renseignement ont noté une montée en puissance des violences d’extrême gauches (sabotages, attaques contre symboles institutionnels). Même quand les auteurs paraissent « en marge », ces actes s’inscrivent souvent dans un écosystème militant partagé (antifascisme, anticapitalisme, écologie radicale) qui fournit justification idéologique, lieux de rencontre et parfois soutien indirect de partis comme LFI.
À l’extrême droite
En pratique, quand on évoque Quentin Deranque, la réponse la plus courante à gauche est : « Et Clément Méric ? Et les morts causés par l’extrême droite depuis 2022 ? La violence d’extrême droite est bien plus meurtrière historiquement. »
C’est un débat asymétrique classique : on compare un homicide récent et rare du côté gauche à une liste cumulée (souvent hétéroclite) du côté droite, tout en relativisant le contexte de chaque affaire.
L’extrémisme existe bel et bien à l’extrême droite, et il s’exprime parfois de manière plus décomplexée. Cependant, il faut effectivement séparer clairement :
- Les actions politiques organisées : celles qui visent un objectif idéologique, avec un lien (même lâche) à une mouvance, une revendication, une stratégie de propagande ou d’intimidation collective.
- Les bagarres circonstancielles ou faits divers : rixes, conflits personnels, crimes crapuleux ou passionnels où un mobile raciste ou xénophobe apparaît, mais sans but politique initial, sans plan, sans lien avec un groupe structuré.
Un simple mobile raciste (haine des Arabes, des musulmans, des Noirs, des étrangers) ne transforme pas automatiquement un homicide en acte politique d’extrême droite. Selon le droit français, pour qu’un acte soit qualifié de terroriste ou d’extrémisme politique organisé, il faut généralement :
- Une intention de troubler gravement l’ordre public par intimidation ou terreur.
- Une dimension idéologique revendiquée qui dépasse le geste individuel (manifeste, appel à d’autres, lien avec une doctrine partagée).
- Idéalement, un lien avec une mouvance collective, même si les « loups solitaires » existent.
Beaucoup de crimes racistes relèvent plutôt de la délinquance aggravée par la haine (crime de haine) : l’auteur exprime des propos racistes, mais l’acte naît d’un conflit de voisinage, d’une frustration personnelle, d’une pulsion. Le mobile raciste aggrave la peine, mais ne fait pas de l’acte un projet politique structuré.
Le cas Clément Méric
Le principal « contre-exemple » historique et symbolique opposé à la mort de Quentin Deranque reste celle de Clément Méric, militant antifasciste de 18 ans, tué le 5 juin 2013 à Paris en marge d’une vente privée de blousons Fred Perry et Ben Sherman — des vêtements paradoxalement portés par les extrémistes des deux bords.
L’auteur principal des coups, Esteban Morillo (alors proche des « Jeunesses nationalistes révolutionnaires », un groupe skinhead d’extrême droite), a été condamné en première instance à 11 ans de prison, puis en appel à 8 ans pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Un autre skinhead, Samuel Dufour, a été condamné à 5 ans en appel. Il n’était pas le donneur de coups mortels, mais il a été reconnu complice par sa participation active à la rixe entre skinheads et antifas.
Ce drame a été massivement instrumentalisé à l’époque comme preuve de la dangerosité intrinsèque de l’extrême droite : couverture médiatique intense, manifestations unitaires, discours présentant Clément Méric comme une victime innocente de la « bête immonde ».
La réalité des faits, telle qu’elle est ressortie des débats judiciaires, est plus complexe et moins univoque que le récit dominant. Les versions s’opposent fortement :
- Selon les amis de Clément Méric, il aurait été agressé sans sommation par les skinheads.
- Selon la défense d’Esteban Morillo, ce dernier se serait retrouvé dans un guet-apens : Clément Méric, décrit comme un profil plutôt frêle, s’est rué sur lui par-derrière selon les images de vidéo surveillance pour lui porter un coup, et Morillo aurait répliqué par un ou deux coups de poing au visage.
Clément Méric est tombé violemment, et la mort a été causée par les traumatismes crânio-faciaux résultant des coups et la chute sur un poteau métallique, selon les conclusions principales de l’autopsie.
Aussi malheureuse et définitive soit cette mort, elle n’est pas un assassinat politique prémédité ni un acte terroriste d’extrême droite. Il s’agit d’une rixe brutale entre deux groupes radicaux qui se cherchaient ce jour-là (antifas et skins), dans un contexte de confrontation réciproque. Esteban Morillo a toujours reconnu avoir porté les coups mortels, tout en plaidant la légitime défense et en exprimant des regrets.
Ce cas illustre parfaitement le piège du débat : à gauche, on en fait un symbole absolu de la violence « fasciste » ; à droite ou chez les observateurs critiques, on y voit surtout une bagarre de rue qui a mal tourné, où la responsabilité n’est pas à sens unique, et qui a été instrumentalisée pour délégitimer tout un camp politique.
Faits divers racistes ou xénophobes souvent attribués à l’extrême droite
Contrairement à ce que laisse souvent entendre le débat public, tous les autres meurtres attribués à l’extrême droite ces dernières années ne visent pas des militants d’extrême gauche. Il ne s’agit presque jamais d’affrontements politiques directs entre groupes antagonistes.
La très grande majorité de ces affaires relève de faits divers racistes ou xénophobes commis par des individus isolés, souvent psychologiquement instables, alcoolisés ou animés par une haine personnelle, sans lien organisationnel avec un groupuscule ou un parti structuré. Ces crimes sont pourtant systématiquement présentés comme des actes d’« ultra-droite » dès qu’un propos raciste ou xénophobe est exprimé, créant un amalgame fréquent entre racisme individuel et projet politique organisé.
- Meurtre de Hichem Miraoui (31 mai 2025, Puget-sur-Argens) : Christophe Belgembe (53 ans, alcoolisé) abat son voisin tunisien de cinq balles. Il publie des vidéos avec des propos racistes explicites (« J’viens de niquer du bicot », appel à « tuer les Arabes »). Le Parquet national antiterroriste s’est saisi pour assassinat terroriste en raison de l’origine, mais le suspect conteste le mobile raciste et plaide un conflit de voisinage exacerbé. Il n’appartient à aucun groupuscule ni parti structuré.
- Fusillade rue d’Enghien contre le centre culturel kurde (23 décembre 2022, Paris) : William Malet (72 ans) tue trois militants kurdes. Il exprime une « haine pathologique des étrangers » et dit avoir voulu « faire un attentat ». La justice l’a renvoyé aux assises pour assassinats racistes, mais pas pour terrorisme, estimant que la motivation était davantage d’ordre intime que politique, sans rattachement à un courant organisé.
- Meurtre de Djamel Bendjaballah (31 août 2024, Cappelle-la-Grande) : Jérôme D. (responsable régional de la Brigade française patriote, groupuscule survivaliste d’extrême droite) écrase la victime à trois reprises avec son véhicule après des mois de harcèlement. La victime était le nouveau compagnon de l’ex-compagne du meurtrier (la mère des deux enfants de Jérôme D.), c’est donc avant tout un crime passionnel, même si le meurtrier est un extrémiste.
- Meurtre d’Aboubakar Cissé (25 avril 2025, La Grand-Combe) : Olivier Hadzovic (20 ans, Rom d’origine bosnienne, issu d’une famille chrétienne non pratiquante) poignarde la victime à 57 reprises dans une mosquée, filme la scène avec des insultes anti-islam, puis fuit. Expertise psychiatrique conclut à une abolition du discernement. Aucun lien avec une mouvance ou parti.
- Quintuple meurtre (14 décembre 2024, Wormhout et Loon-Plage) : Paul D. (22 ans, Français de souche locale du Nord) abat d’abord son ancien employeur Paul Dekeister (29 ans) et deux agents de sécurité par ressentiment professionnel, puis deux migrants d’origine kurde iranienne sans mobile clair expliqué. Aucun lien avec une mouvance organisée, bien qu’il se revendique nationaliste dans certaines déclarations. Le fait qu’il ait tué 2 migrants après avoir tué 3 personnes qu’il connaissait semble du à un hasard de circonstance, pas à une préméditation.
- Attaque contre l’Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (ACTIT, 16 février 2025, Paris) : un groupe de 25 à 30 personnes cagoulées attaque des personnes devant le centre, dans le cadre de la projection d’un film antifasciste par un collectif de gauche internationaliste, proche de la mouvance kurde et turque de gauche. 2 blessés et l’action est revendiquée par un groupuscule identitaire. Cette attaque est l’un des rares cas récents où l’on peut parler d’une action collective organisée par un groupuscule d’extreme droite (descente punitive ciblée contre un événement antifasciste).
D’autres faits incluent des agressions à l’arme blanche, cocktails Molotov ou intimidations, souvent liées à des groupuscules dissous (Génération Identitaire en 2021, GUD en 2024, etc.) ou à des expéditions punitives (ex. : après Crépol en 2023).
Réflexion sur les liens avec des mouvances ou partis
Pour qu’un acte relève clairement de l’extrémisme politique organisé, il faut une revendication idéologique explicite et structurée, un lien avec une mouvance collective, et une volonté de propagande ou d’appel à l’imitation au-delà du simple geste personnel.
À l’extrême gauche, même les violences commises par des individus en apparence « en marge » (black blocs, émeutiers, saboteurs) s’inscrivent le plus souvent dans un écosystème militant partagé.
Des partis comme La France Insoumise (LFI), classée « extrême gauche » par le ministère de l’Intérieur en 2026, proposent une refondation du régime via une VIe République constituante et prônent une « révolution citoyenne ». Certains cadres de LFI ont par ailleurs des liens passés avec des groupes antifas violents. Des polémiques ont porté sur des positions jugées ambiguës après le 7 octobre 2023 (Hamas/Israël), avec accusations d’antisémitisme ou d’indulgence envers l’islamisme radical.
Le NPA et Lutte Ouvrière, partis trotskystes, vont plus loin en appelant explicitement au renversement du capitalisme et des institutions « bourgeoises » par grève générale et action extra-parlementaire. Ils participent aux élections mais refusent le cadre institutionnel comme seul moyen de changement.
- À l’extrême droite, la majorité des cas relève d’individus isolés (« loups solitaires ») ou de très petits cercles informels. La violence est plus souvent individuelle ou opportuniste, même si des descentes groupées existent ponctuellement. Les grands partis (RN, Reconquête) restent dans le jeu électoral et condamnent publiquement la violence.
Cette asymétrie explique pourquoi le débat paraît biaisé : un individu isolé avec des idées racistes est souvent qualifié rapidement d’« acte ultra-droite », tandis qu’un groupe masqué en manifestation est ramené à des « violences urbaines » ou à une action « sociale ». La qualification « extrême droite » sert parfois plus à narrer une menace systémique qu’à décrire la réalité d’un fait divers.
Les deux camps pratiquent la violence de rue et contestent le « système », mais les formes diffèrent : l’extrême gauche cible prioritairement les symboles institutionnels et les forces de l’ordre (vandalisme, sabotages) dans un écosystème collectif ; l’extrême-droite cible plus souvent des personnes ou groupes ethniques/culturels spécifiques.
Ces exemples montrent une tension réelle et croissante entre groupes radicaux, avec des actes illégaux et parfois mortels des deux côtés. Le débat public porte souvent sur la visibilité médiatique et la réponse judiciaire – dissolutions plus fréquentes d’un côté, indulgence perçue de l’autre – mais les faits eux-mêmes restent indiscutables.
L’idée n’est pas de nier les violences de l’extrême droite, mais de refuser le cherry-picking et les amalgames systématiques qui servent à délégitimer toute contestation sur l’immigration, l’identité ou le fonctionnement du système actuel.
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