Le 3 janvier 2026 marque un tournant historique pour l’Amérique latine : l’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines lors d’une opération militaire surprise à Caracas. Cette intervention met fin à plus de deux décennies de régime socialiste au Venezuela, un pays autrefois prospère réduit à la ruine par une idéologie destructrice.

Au delà de cet événement spectaculaire, je souhaitais comprendre les racines profondes de cette crise et pour cela, il est essentiel de se pencher sur la critique impitoyable du modèle socialiste vénézuélien, telle qu’exposée il y a une dizaine de jours (le 24 décembre 2025) dans l’excellente interview de l’économiste vénézuélien Daniel Di Martino sur le remarquable podcast britannique Triggernometry, et qui prend aujourd’hui une résonance prophétique. À travers son témoignage personnel et son analyse rigoureuse, Di Martino, émigré depuis 10 ans aux Etats-Unis, explique comment le Venezuela est passé d’un paradis économique à un enfer autoritaire.

Les faits récents de l’intervention américaine viennent ensuite illustrer concrètement les conséquences d’un régime criminel et corrompu, et ce que cela nous enseigne pour l’Occident : le socialisme, sous quelque forme que ce soit, mène inévitablement à la misère, à la dépendance et à la dictature, tandis que seule la liberté économique peut restaurer la prospérité.

L’un des deux animateurs de Triggernometry, Francis Foster, co-animateur aux côtés de Konstantin Kisin, a des liens avec le Venezuela. Il est né d’un père britannique et d’une mère vénézuélienne. Il a grandi entre Londres et le Venezuela, et l’espagnol était sa première langue. Dans cet épisode précis (« Why Socialism Never Works – A Warning From Venezuela »), c’est effectivement Francis Foster mentionne avoir des expériences directes du Venezuela (visites familiales, etc.), et il partage même une anecdote sur un parent qui était président de la Banque centrale du Venezuela sous Chávez quand les réserves d’or furent saisies.

Le Contexte d’un Effondrement Annoncé : De la Richesse Pétrolière à la Misère Socialiste

Le Venezuela n’a pas toujours été synonyme de chaos. Dans les années 1950, il figurait parmi les quatre pays les plus riches au monde en termes de PIB par habitant, surpassant même l’Espagne et l’Italie jusqu’aux années 1990. Grâce à ses réserves pétrolières – les plus importantes du globe – et à une économie libérale favorisant l’investissement et l’immigration, le pays attirait des Européens fuyant la pauvreté post-guerre. Les grands-parents de Daniel Di Martino ont immigré d’Espagne et d’Italie vers ce « hub d’investissement », où la liberté économique permettait de démarrer des entreprises facilement.

Mais le déclin a commencé avec la nationalisation du pétrole en 1976, sous des gouvernements démocratiques tentés d’utiliser les revenus pétroliers pour financer un État providence. La pauvreté a explosé, passant de 18 % en 1980 à 65 % en 1996. C’est dans ce climat de frustration que Hugo Chávez, charismatique et populiste, accède au pouvoir en 1998 en promettant un « socialisme du XXIe siècle« . Soutenu par Cuba – qui recevra du pétrole gratuit en échange de formation idéologique – Chávez réécrit la Constitution, allonge les mandats présidentiels, abolit le Sénat et centralise le pouvoir. Di Martino décrit comment Chávez expropriait arbitrairement des entreprises, pointant du doigt des commerces en criant « exproprié ! », nationalisant fermes, banques et usines. Résultat : plus de 6 millions d’hectares saisis, une production alimentaire en chute de 75 %, et une industrie pétrolière sabotée par le remplacement d’experts par des loyalistes politiques.

Sous Nicolás Maduro, successeur de Chávez en 2013, ces politiques se sont intensifiées. Les contrôles de prix ont rendu la production non rentable, provoquant des pénuries chroniques : files d’attente interminables pour du lait ou du papier toilette, coupures d’électricité et d’eau pendant des jours. Di Martino, qui a vécu cela adolescent, raconte avoir porté des bidons d’eau sur cinq étages. L’hyperinflation a ravagé l’économie, et le pays, autrefois exportateur de pétrole, manque même d’essence malgré ses réserves.

Le Rôle Central du Socialisme dans la Catastrophe

Le socialisme n’est pas une victime collatérale de la corruption ou des sanctions américaines, mais le cœur du problème, selon Di Martino. Défini comme le contrôle gouvernemental des moyens de production, il supprime les incitations à l’innovation et à l’investissement. Au Venezuela, les nationalisations ont conduit à la faillite des entreprises : champs agricoles désertés malgré un climat tropical, raffineries explosives par manque d’entretien. Les « misiones » sociales, financées par un baril de pétrole décuplé (de 10 à 100 dollars entre 1999 et 2008), ont masqué l’échec initial, mais une fois les revenus en baisse, le système s’est effondré.

Di Martino rejette les excuses : des pays corrompus comme l’Iran ou l’Arabie saoudite, sous sanctions plus dures, n’ont ni hyperinflation ni exode massif car ils ne sont pas socialistes. En Iran, on peut nourrir sa famille ; au Venezuela, non. Le régime est devenu un narco-État, avec le « Cartel des Soleils » impliquant des généraux dans le trafic de drogue (20 % de la cocaïne aux USA passe par le Venezuela), lié à des terroristes comme les FARC, l’ELN et le Hezbollah (camps d’entraînement sur l’île de Margarita). Allié à l’Iran, la Russie et la Chine – qui extraient le pétrole vénézuélien – le régime utilise la pauvreté pour maintenir le contrôle : « Le socialisme rend les gens pauvres et dépendants, c’est ainsi qu’ils restent au pouvoir », affirme Di Martino.

L’analogie est frappante : imaginez un propriétaire vendant les briques de son manoir pour des banquets ; à la fin, tout s’écroule. Le Venezuela, qui aurait pu être comme les Émirats arabes unis (petit gouvernement, basse taxation, prospérité), est devenu un désert économique.

Les Événements Récents : Fraude Électorale et Intervention Américaine

La crise a culminé avec les élections truquées du 28 juillet 2024 qui ont été marquées par des accusations massives de fraude de la part de l’opposition et d’observateurs internationaux, le Conseil national électoral pro-Maduro proclamant sa victoire malgré des preuves indiquant une majorité pour son opposant Edmundo González (environ 67% des voix selon des données d’opposition). Des manifestations post-électorales ont entraîné l’arrestation de milliers de personnes, avec une répression violente et environ 900 prisonniers politiques encore détenus fin 2025.

L’opposition était menée par l’activiste María Corina Machado, qui a d’ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 2025 pour son engagement pour les droits démocratiques au Venezuela et sa lutte pour une transition pacifique de la dictature à la démocratie, malgré les menaces et sa vie en clandestinité après les élections de 2024. Elle a unifié l’opposition fragmentée et inspiré des millions par son courage civique face au régime de Maduro.

Dès août 2025, les États-Unis ont accru leur présence militaire dans les Caraïbes, saisissant des pétroliers vénézuéliens et frappant des navires liés au trafic de drogue, dans le cadre de l’opération Southern Spear. Le 1er janvier 2026, le régime a libéré 88 prisonniers pour apaiser les pressions, mais les tensions ont persisté avec un blocus naval et des opérations CIA de surveillance de Maduro.

Le 3 janvier 2026 à 2h00 locales, les États-Unis lancent l’opération Absolute Resolve : plus de 150 avions mènent des frappes aériennes sur Caracas et ses environs, ciblant bases militaires comme Fort Tiuna et l’aéroport de La Carlota. Les forces Delta et le FBI capturent Maduro et son épouse Cilia Flores dans leur résidence, les transférant vers New York malgré des tirs et un hélicoptère endommagé ; l’opération dure une demi-heure avec des pertes estimées à 40 morts côté vénézuélien. Ils affrontent des accusations de narcoterrorisme et trafic de drogue.

Bien que de nombreuses voix à travers le monde aient critiqué le mode opératoire américain – qualifiant l’opération d’intervention unilatérale ou même d’« enlèvement » –, l’opposition vénézuélienne, menée par María Corina Machado et Edmundo González, célèbre sans réserve cette intervention comme une libération historique et appelle immédiatement à une transition démocratique pacifique.

Sur place, la population vénézuélienne explose de joie : des scènes d’euphorie collective envahissent les rues de Caracas et des grandes villes, avec embrassades, larmes et danses, tandis que la diaspora – ces près de 9 millions d’exilés – organise des manifestations festives dans les capitales du monde entier, de Miami à Madrid en passant par Bogotá. Pour des millions de Vénézuéliens, c’est la fin d’un cauchemar de plus de vingt ans.

De son côté, le président Trump a annoncé une gestion temporaire du pays par les États-Unis, le temps d’assurer une passation stable, précisant que des compagnies pétrolières américaines seront impliquées pour relancer rapidement la production et stabiliser l’économie – un retour pragmatique à la coopération qui avait autrefois fait la prospérité du Venezuela.

Manifestants vénézuéliens protestant contre Maduro avec drapeaux et slogans.

Réactions Contrastées aux États-Unis : Célébrations de la Diaspora et Protestations Anti-Intervention

Le 3 janvier 2026, deux types de manifestations ont éclaté aux États-Unis, reflétant les divisions profondes autour de cette intervention. Les estimations indiquent que les rassemblements pro-opposition aux États-Unis ont attiré des foules bien plus importantes, avec une part inportante de la communauté vénézuélienne (qui serait plus de 4 millions aux Etats-Unis) célébrant la capture de Maduro. La gauche américaine s’est par contre retrouvée, avec quelques dizaines de manifestations oganisées mais rassemblant à chaque fois quelques dizaines à plusieurs centaines de personnes.

Les célébrations pro-opposition de la diaspora vénézuélienne
Les rassemblements festifs ont principalement eu lieu en Floride du Sud (notamment à Miami-Dade et Doral, surnommée « Doralzuela »), à New York, Boston, Minneapolis et Chicago. Des foules importantes issues de la diaspora vénézuélienne – estimée à 7,7 millions d’exilés dans le monde, dont une grande partie aux États-Unis – ont envahi les rues, agitant des drapeaux vénézuéliens, chantant l’hymne national et scandant des slogans en faveur de la démocratie et remerciant Trump. Ces célébrations, spontanées et joyeuses, ont exprimé un immense soulagement face à la chute de Maduro, perçu comme responsable de la fraude électorale de 2024 et de décennies de répression.

Les protestations anti-guerre et pro-Maduro
Parallèlement, des manifestations contre l’intervention américaine ont mobilisé des groupes socialistes comme l’ANSWER Coalition, le Party for Socialism and Liberation (PSL) et des politiciens soutenus par les Democratic Socialists of America (DSA). Ces modestes rassemblements, organisés en moins de 12 heures via les réseaux sociaux, ont touché plus de 100 villes américaines, dont Washington DC (devant la Maison-Blanche) avec des slogans comme « Stop the war machine ! » ou « No war for oil ». Les participants, allant de dizaines à plusieurs centaines par site, ont dénoncé une « guerre pour le pétrole » et exigé la libération de Maduro.

Ces réactions contrastées illustrent la polarisation : d’un côté, l’euphorie d’une diaspora victime du régime chaviste, et ils représentent l’immense majorité; de l’autre, l’opposition idéologique de la gauche américaine à toute intervention militaire unilatérale.

On remarquera que de nombreux journaux ont choisi de publier des photos des manifestations socialistes plutot que des rassemblements de la diaspotra vénezuélienne. On se demande pourquoi on retrouve dans ces journaux, dont le site Reuters, de multiples photos sous différents angles d’une femme voilée avec un mégaphone, pendant une manifestation du « Party for Socialism » n’ayant rassemblé que quelques centaines de personnes devant la Maison Blanche.

Manifestation avec pancartes dénonçant la crise au Venezuela et l'ingérence étrangère.

La gauche française a vivement condamné l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis le 3 janvier 2026, la qualifiant d' »enlèvement odieux » et de violation flagrante du droit international.

Jean-Luc Mélenchon (LFI) a dénoncé une saisie du pétrole vénézuélien par Trump via une « intervention militaire d’un autre âge », interpellant Macron pour une condamnation immédiate et appelant à sa libération. ​On se rappelle que ce dernier se félicitait de la ré-élection manifestement truquée de Maduro, oubliant de mentionner les milliers d’emprisonnements et les centaines d’assassinats d’opposants politiques cumulés depuis 2014, sans compter l’exode de 7,7 millions de Vénézuéliens fuyant la crise humanitaire orchestrée par corruption, narcotrafic et fraude électorale.

Leçons pour les Libéraux : Le Socialisme, Ennemi de la Liberté

Cet effondrement valide les principes libéraux : le socialisme, séduisant pour les frustrés (logement inabordable, inégalités), mène toujours au désastre car rien n’est gratuit – il saisit les moyens de production, appauvrissant tous. Di Martino avertit les jeunes occidentaux : « Si vous haïssez Trump, ne donnez pas au gouvernement le pouvoir socialiste, car des gens que vous détestez l’utiliseront contre vous. » La solution ? Réduire régulations, zonages, taxes ; promouvoir la productivité et la liberté.

L’intervention américaine, bien que controversée, rappelle des succès comme Panama ou Grenade. Sans divisions ethniques et avec une opposition démocratique forte, le Venezuela peut renaître. Espérons une transition vers un libre marché, exportant du pétrole au lieu de réfugiés. Le mirage socialiste s’effondre ; que vive la liberté !

Manifestation de Venezueliens avec drapeaux américains et vénézuéliens, symbolisant la crise politiq.
Venezuelans celebrate after U.S. President Donald Trump announced that Venezuelan President Nicolas Maduro had been captured and flown out of the country in Santiago, Chile, Saturday, Jan. 3, 2026. (AP Photo/Esteban Felix)

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